paître
verbe, /pɛtʁə/
Voir aussi : variante paitre
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
v. a.
Nourrir (ce qui est le sens premier du latin pascere, conservé seulement en termes de fauconnerie). Paître un oiseau, lui donner à manger. Fig. Fig. Dans le langage de la religion. Il faut qu'un curé paisse les fidèles du pain de la parole. Paître la meule, amener, à l'aide d'une pelle, les olives sous le passage de la meule.
Mais la dame voulait paître encore ses yeux Du trésor qu'enfermait la bière — La Fontaine (1621-1695)
Mener des animaux dans les champs pour qu'ils y mangent (ce qui est le second sens de pascere). Fig.
Il mènera son troupeau dans les pâturages, comme un pasteur qui paît ses brebis — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Ce grand homme [Moïse] ....avait passé quarante ans à paître les troupeaux de son beau-père Jéthro — Bossuet (1627-1704)
En parlant des animaux, brouter l'herbe, la manger sur racine, se nourrir de certains fruits tombés par terre (ce qui est le sens du latin pasci, déponent de pascere). Absolument. Fig. et familièrement. Envoyer paître, renvoyer avec colère, avec mépris. Envoyer paître quelque chose, s'en débarrasser.
Ils sont devenus semblables au foin qui se sèche dans les champs, aux herbages que paissent les troupeaux, et à cette herbe qui croît sur les toits — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
La bique allant remplir sa traînante mamelle Et paître l'herbe nouvelle — La Fontaine (1621-1695)
V. n. En termes de fauconnerie, manger, en parlant de l'oiseau. Un faucon qui a pu.
Se paître, v. réfl. Se nourrir. Les corbeaux se paissent de charogne. Fig. Fig. Se paître d'imaginations, de chimères, entretenir son esprit de choses vaines. On dit plus souvent : se repaître. Se paître de vent, se complaire aux louanges.
Et le corps ne se paît aux banquets de la Muse — Mathurin Régnier (1573-1613)
Les princes qui prennent, pour ainsi dire, l'Église sans se donner à elle, sont pour elle de grands fardeaux.... ils ne paissent point le troupeau, c'est du troupeau qu'ils se paissent eux-mêmes — Fénelon (1651-1715)
Étymologie : Bourg. pâtre, poître ; prov. pascer, paiscer ; anc. cat. peixer ; esp. pacer ; port. pascer ; ital. pascere ; du lat. pascere, forme inchoative du radical sanscrit pā, nourrir.
Historique : XIIe s. Palefrois ne chevaus L'erbe sanglante ne paist par ces terraus Mangiers à l'anrme [âme] est estre poüte des esgars de la sovraine lumiere Li boef aroient, et les alnesses paissoient XIIIe s. S'il nos faut faire et otriier par force chose que nous ne doions, en non Dieu, la force paist le pré [la faux tond le pré], et on doit moult faire pour issir hors de prison Et quant Renart fu bien peüz Renart fet tot le monde pestre ; Renart atrait, Renart acole, Renart est de moult male escole Ele [la pensée] me paist et replenist De joie et de bonne aventure Lor maris et lor parentés Sevent bien…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. tr.
Il se dit proprement des Animaux qui broutent l’herbe, qui la mangent sur la racine, ou qui se nourrissent de certains fruits tombés par terre. Les vaches, les moutons paissent l’herbe. Les cochons paissent le gland, la faîne dans les forêts.
Il s’emploie aussi intransitivement. Mener paître des moutons. Faire paître ses chevaux dans un pré. Les mettre à paître dans un champ.
Fig. et fam., Envoyer paître quelqu’un, Se débarrasser d’un importun.
PAÎTRE s’emploie quelquefois transitivement et signifie Faire paître, mener paître. Joseph et ses frères paissaient les troupeaux. Dans cette acception, il ne s’emploie guère qu’en poésie et dans le style soutenu. En termes d’écriture sainte, Paissez mes agneaux, paissez mes brebis.
En termes de Fauconnerie, Paître un oiseau, Lui donner à manger.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (35)
- paîtrions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /pɛtʁijɔ̃/
- paîtrais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /pɛtʁɛ/
- paîtriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /pɛtʁije/
- paîtrais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /pɛtʁɛ/
- paîtraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /pɛtʁɛ/
- paîtrait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /pɛtʁɛ/
- paissons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel
- paissez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /pɛse/
- pais — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /pɛ/
- paîtrons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /pɛtʁɔ̃/
- paîtrai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /pɛtʁe/
- paîtrez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /pɛtʁe/
- paîtras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /pɛtʁa/
- paîtront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /pɛtʁɔ̃/
- paîtra — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /pɛtʁa/
- paissions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /pɛsjɔ̃/
- paissais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /pɛsɛ/
- paissiez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel
- paissais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /pɛsɛ/
- paissaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /pɛsɛ/
- paissait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /pɛsɛ/
- paissons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /pɛsɔ̃/
- pais — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /pɛ/
- paissez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /pɛse/
- pais — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /pɛ/
- paissent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /pɛsə/
- paît — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /pɛ/
- paître — infinitif — /pɛtʁə/
- paissant — participe présent — /pɛsɑ̃/
- paissions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /pɛsjɔ̃/
- paisse — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /pɛsə/
- paissiez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /pɛsje/
- paisses — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /pɛsə/
- paissent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel
- paisse — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /pɛsə/
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