nu
adjectif, /ny/
Définitions
Qui ne porte aucun vêtement, dont le corps est entièrement découvert.
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Qui est dépourvu de revêtement, d'ornement ou de végétation.
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Qui est utilisé sans instrument ni protection, en parlant de l'œil ou des mains.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (16 sens) — Académie 1935 (23 sens)
Littré (1873) — entrée 1
adj.
Qui n'est point vêtu. Fig. Nu est invariable, lorsqu'il précède le substantif, et alors on met le trait d'union. Les nu-pieds, nom donné à des hommes qui se révoltèrent en 1639 dans la Normandie contre le gouvernement. Il est accoutumé à cela comme un chien d'aller nu-tête, se dit d'une chose à laquelle un homme est tout à fait accoutumé. Fig. et familièrement. Un va-nu-pieds, un gueux, un misérable. S'enfuir un pied chaussé, l'autre nu, se dit de celui qui s'enfuit en grande hâte. Demi-nu, à moitié vêtu. Nu comme la main, nu comme un ver, ou comme il est sorti du ventre de sa mère, se dit de quelqu'un qui n'a aucun vêtement. On dit dans le même sens : nu comme un singe. Mettre quelqu'un nu comme la main, le dépouiller de ses habits ; et fig. le priver de ce qu'il possède. Être nu en chemise, n'avoir sur soi qu'une chemise.
Les cheveux flottants, le bras et le pied nu — Pierre Corneille (1606-1684)
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas, Que toute votre peau ne me tenterait pas — Molière (1622-1673)
Par exagération. Être tout nu, avoir de méchants habits, ou n'être pas vêtu comme l'exigerait la saison ou la bienséance. Fig. Il est arrivé tout nu, se dit d'un homme qui était dans le dénûment, et à qui l'on a prodigué les bienfaits.
Cheval nu, cheval vendu ou acheté sans selle ni bride. Ce cheval-là tout nu me coûte mille francs.
Fig. Nu de, qui n'est pas pourvu de.
Un homme qui tout nu de glaive et de courage — Malherbe (1555-1628)
Dieu, notre Dieu n'est pas un Dieu nu de puissance — DU BARTAS
Terme de jurisprudence. Nue propriété, propriété d'un fonds dont un autre a l'usufruit. Fig. et par plaisanterie. Nu propriétaire, celui qui a une nue propriété. Titre nu, charge, par exemple de commissaire, achetée sans clientèle qui y soit jointe.
J'ai la nue propriété d'un des plus jolis objets qui soient sortis des mains de la nature — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Terme d'astronomie ou de physique. Œil nu, œil qui n'est pas armé de verres grossissants. Observer à l'œil nu.
Terme de chimie. Feu nu, celui dont l'action se dirige immédiatement sur une substance.
Terme de botanique. Se dit d'une partie quelconque, lorsqu'elle est privée des appendices qui l'accompagnent souvent ou ordinairement. Le réceptacle est nu quand il ne porte pas de paillettes, d'écailles. Les fleurs sont nues quand elles n'ont ni bractées, ni involucres. L'amande est nue quand ses enveloppes propres se sont soudées aux parois de la loge. Se dit des ailes des insectes, quand on ne voit à leur surface ni poussière farineuse, ni poils. Se dit aussi de quelques poissons privés d'écailles. Enfin il se dit de la peau des quadrupèdes, là où elle est découverte de poils. Métal nu, métal dégagé de toute substance étrangère.
Il a les oreilles courtes et non pas nues comme le rat domestique — Buffon (1707-1788)
Le dessous est en peau nue — Buffon (1707-1788)
Qui n'a pas l'enveloppe, la couverture, l'ornement ordinaire. Les arbres sont nus en hiver. Une maison nue, une maison dégarnie de meubles. Pays nu, pays sans arbres, sans verdure. Qui manque des ornements convenables. La façade de ce bâtiment est trop nue. Sans dentelles ni rubans une robe est nue. Une reliure nue.
Représentez-vous un homme né dans les richesses, mais qui les a dissipées par ses profusions.... ces murailles nues, cette table dégarnie, cette maison presque abandonnée.... — Bossuet (1627-1704)
Et je tremble de peur quand une épée est nue — Regnard (1655-1709)
Fig. Il se dit ce qui est sans ornement intellectuel ou moral. Un style nu. Une composition trop nue. Terme de peinture. Tableau nu, tableau dont la composition est pauvre, qui a besoin d'être garni de figures, de meubles, etc.
Ah ! regret qui me tue De n'avoir pas aimé la vertu toute nue ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Une bonne action se produit toute nue — Rotrou (1609-1650)
Fig. Qui est sans déguisement, sans fard. C'est la vérité toute nue.
Voilà, pour vous montrer mon âme toute nue, Ce qui m'a fait bannir Didyme de ma vue — Pierre Corneille (1606-1684)
Mais je t'expose ici mon âme toute nue — Jean Racine (1639-1699)
Substantivement, au pluriel, en langage de dévotion. Les nus, les pauvres qui n'ont pas de vêtements. Vêtir les nus.
S. m. Le nu, les parties nues du corps. Terme de sculpture et de peinture. Les figures et les parties des figures non drapées. On dessine les figures sur le nu avant que de les draper. Le nu de cette figure n'est pas correct. Le nu ne se dit pas du visage et des mains que l'usage veut qui soient découverts. Par extension. Fig. On dit en parlant des parties des figures que les draperies recouvrent, mais sans empêcher de voir les formes : Ces figures sont bien dessinées, la draperie suit bien le nu.
Le nu des bras et des jambes montre un homme fort et nerveux — Fénelon (1651-1715)
Le pied et le nu de la jambe sont couverts d'une peau noire, dure et écailleuse — Buffon (1707-1788)
Il se dit, en architecture, de l'absence d'ornements. Il y a trop de nu dans cette décoration. Le nu du mur, la partie du mur qui est plane, où il n'y a point de ressaut, d'ornements qui excèdent. Le nu du mur extérieur. Un pilastre excède le nu d'un mur. Terme de menuiserie. Le devant d'une partie quelconque.
À nu, loc. adv. À découvert. Monter un cheval à nu, ou à dos nu, monter dessus sans selle. Fig.
Et, laissant voir à nu deux têtes sans cheveux, Ont rendu le combat risiblement affreux — Molière (1622-1673)
Librement te montrer à nu mes passions — Mathurin Régnier (1573-1613)
En chimie, à nu se dit d'un corps qui se montre hors de toute composition.
Sa découverte [de Berthollet] de l'acide phosphorique à nu dans l'urine humaine — FOURCROY et VAUQUELIN
Il se forme très peu de sulfure de potassium.... et du charbon est mis à nu — SÉRULLAS
Étymologie : Wallon, nou, nowe au féminin ; namur. nu, neuve au féminin ; provenç. nud, nut ; catal. nu ; anc. espagn. nudo ; portug. nu ; ital. nudo ; du lat. nudus ; comparez le sanscrit nagda, nu ; anglo-saxon, nacod ; angl. naked ; le latin serait pour nŭgdus, a affaibli en ŭ.
Historique : XIe s. [Il] Trait [tire] Durandal sa bone espée nue Puis ferent il [ils frappent] nud à nud sur lur broines [cuirasses] XIIe s. La char [il] lui tranche, li os sont remés [restés] nu Touz nuz soit despouillez ses cors et sa façons S'il eüssent sun cors tut nu à nu cergié [visité], Des curgies [escourgées, discipline] l'eüssent trové tut depescié Espines que l'um ne pot nue main esracier [arracher] XIIIe s. Diex ! est-ce ja que [je] la tienne à celée Entre mes bras nu à nu à loisir ? Et homage qui sont tenu en arriere fief ne font nule redevance, fors à lor segneurs de qui ils tienent nu à nu E…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui n’est point vêtu, qui n’est couvert d’aucun vêtement. Un homme nu. Une femme nue. Tout nu, toute nue. Il s’était déshabillé, il était nu. Il l’a dépouillé et l’a laissé tout nu. Nu comme un ver. Ces sauvages vont tout nus. Il lui parle tête nue. Marcher pieds nus. Les bras nus. Les jambes nues.
Nu est invariable lorsqu’il précède le nom. Il était nu-tête, nu-jambes. Il lui parle nu-tête.
Fig. et fam., Un va-nu-pieds, Un gueux, un misérable.
Prov., S’enfuir un pied chaussé, l’autre nu, S’enfuir en toute hâte, sans avoir le temps de s’habiller.
Par extension, en termes d’Astronomie, de Physique, Observer quelque chose à l’oeil nu, L’examiner, l’observer sans lunette, sans microscope.
Fig., Il est arrivé tout nu de sa province, je l’ai pris tout nu, se dit en parlant d’un Homme qui était dans le dénuement et à qui l’on a prodigué les bienfaits.
Nu se dit, par analogie. de Certaines choses qui n’ont pas l’enveloppe, la couverture, l’ornement qu’elles ont d’ordinaire. Ainsi on dit : Une épée nue, Une épée hors de son fourreau. Un mur nu, Un mur sans boiserie, ni tenture. Une maison nue, Une maison dégarnie de meubles. Les arbres sont nus en hiver, Ils sont dépouillés de leur feuillage.
Cheval nu, Cheval que l’on vend ou que l’on achète sans selle ni bride. Ce cheval-là tout nu me coûte mille francs. La selle et la bride n’en sont pas, je vous le vends tout nu.
Vin nu, Vin que l’on vend ou que l’on achète sans le récipient qui le contient.
Nu signifie aussi Qui manque des ornements convenables. Vous ne voulez ni dentelles, ni rubans, ni ganses sur votre robe, cela sera bien nu. La façade de cet édifice est trop nue.
Pays nu, Pays qui est sans arbres, sans verdure.
Un style nu, Un style sec, sans agrément
Nu signifie particulièrement Qui est sans fard, sans déguisement. C’est la vérité toute nue. Il lui a montré son âme toute nue.
Nue propriété, nu propriétaire. Voyez
NUE- PROPRIÉTÉ , NU-PROPRIÉTAIRE.
Nu est souvent employé comme nom masculin et désigne, en termes de Peinture et de Sculpture, les Figures non drapées, les parties des figures qui ne sont pas drapées. De beaux nus. Le nu peut être chaste. On dit en parlant des Parties des figures que les draperies recouvrent, mais sans empêcher de voir les formes : Ces figures sont bien dessinées, la draperie suit bien le nu. Cette draperie accuse bien le nu, fait bien sentir le nu.
Il se dit, en termes d’Architecture, de l’Absence d’ornements. Il y a trop de nu dans cette décoration.
Le nu du mur, La partie du mur qui est plane, où il n’y a point de ressaut, d’ornements qui excèdent. Voilà le nu du mur, c’est là qu’il faut en mesurer l’épaisseur. Les pilastres ont une grande saillie sur le nu du mur.
NUS, au pluriel, en langage de Dévotion, s’emploie substantivement dans cette phrase, Vêtir les nus, Donner des habits aux pauvres. C’est une des oeuvres de miséricorde que de vêtir les nus.
à NU
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- nues — pluriel féminin — /ny/
- nus — pluriel masculin — /ny/
- nue — singulier féminin — /ny/
- nu — singulier masculin — /ny/
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