morale

morale

nom, féminin, /moʁalə/ ou /mɔʁalə/

Voir aussi : féminin de moral

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ensemble des règles qui doivent diriger l'activité libre de l'homme, décomposé en deux parties : démontrer que l'homme a des devoirs, des obligations, et faire connaître ces devoirs, ces obligations. Terme de droit. Offense à la morale publique, sorte de délit qui se commet par la voie de la presse et que consiste en propositions jugées dangereuses pour les mœurs.

    Voulez-vous apprendre la morale ? - La morale ? - Oui. - Qu'est-ce qu'elle dit cette morale ? - Elle traite de la félicité, enseigne aux hommes à modérer leurs passions, et.... - Non, laissons cela : je suis bilieux comme tous les diables, et il n'y a morale qui tienne ; je me veux mettre en colère tout mon soûl, quand il m'en prend envie — Molière (1622-1673)

    Hé ! doucement, ma sœur ; où donc est la morale Qui sait si bien régir la partie animale ? — Molière (1622-1673)

  2. Morale avec une épithète défavorable désigne des doctrines plus ou moins nuisibles aux mœurs.

    Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Lully réchauffa du feu de sa musique — Boileau (1636-1711)

  3. Traité de morale. On dit aussi : les Morales d'Aristote, parce qu'il a fait plusieurs traités sous ce titre. Les Morales, titre d'un ouvrage de saint Grégoire le Grand.

    Je lisais ces jours passés la Morale d'Épictète plus grande que nature — D'Alembert (1717-1783)

    Toute l'antiquité a regardé la Morale d'Aristote comme le plus parfait de ses ouvrages — CHAMPAGNE

  4. Morale, leçon de morale. La morale d'un ouvrage, la leçon de morale qui en résulte. Dans le langage familier, il se dit souvent pour conséquence simplement. La morale de la chose fut que....

    Une morale nue apporte de l'ennui ; Le conte fait passer le précepte avec lui — La Fontaine (1621-1695)

    Cette théologie n'aura rien de fatigant pour vous, et elle me donnera lieu d'entrer dans les morales les plus édifiantes — Bourdaloue (1632-1704)

  5. Réprimande. Son père lui a fait la morale, une morale.

    Excédés de vos fades leçons, de vos longues morales — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Étymologie : Moral.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Doctrine relative aux moeurs. Morale pure, austère. Morale facile, relâchée. La morale des païens. La morale chrétienne. La morale de JÉSUS-CHRIST. La morale de l’évangile. Ce système renverse toute la morale. Traité, cours de morale. Leçon de morale. Les règles, les principes de la morale. Il prêche la morale plus qu’il ne la pratique. Il n’y a pas deux morales. La morale publique.

  2. Il signifie quelquefois Traité de morale. La Morale d’Aristote. On dit aussi Les Morales d’Aristote, parce que ce philosophe a fait plusieurs traités sous ce titre.

  3. Faire de la morale à quelqu’un signifie Le réprimander, l’avertir d’avoir à s’amender.

  4. La morale d’un ouvrage, La leçon morale qui s’en dégage, ou encore Les quelques phrases de vers ou de prose qui la résument. La morale d’une fable de La Fontaine.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • morales — pluriel — /mɔʁalə/ ou /moʁalə/
  • morale — singulier — /mɔʁalə/ ou /moʁalə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée morale#40723.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.