mener
verbe · /məne/
Usage : très fréquent (119 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Conduire une personne ou un animal vers un lieu en l'accompagnant.
Elle mène ses enfants à l'école chaque matin.
Synonymes : conduire, emmener.
« [L'ode] Mène Achille sanglant aux bords du Simoïs »Boileau (1636-1711)
« Ah ! s'écria la bûcheronne, pourrais-tu bien toi-même mener perdre tes enfants ? »Charles Perrault (1628-1703)
Diriger une action collective, une affaire, un groupe de personnes.
Il mène l'équipe avec beaucoup de fermeté.
Synonyme : diriger.
« Ce n'est rien d'entreprendre une chose dangereuse ; mais d'échapper au péril en la menant à bien.... »Beaumarchais (1732-1799)
« Mais cette affaire-ci s'est menée un peu vite »Collin d'Harleville (1755-1806)
Aboutir à un lieu ou à un résultat, en parlant d'une voie ou d'une démarche.
Ce chemin mène au village.
Synonyme : conduire.
« Les lumières et les vertus n'y mènent à rien de distingué »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
« C'eût été un soutien sensible à une âme comme la sienne d'accomplir de grands ouvrages pour le service de Dieu ; mais elle est menée par une autre voie, par celle qui crucifie davantage.... »Bossuet (1627-1704)
Sport. Être en tête d'une compétition, devancer ses adversaires.
Notre équipe mène deux à un à la mi-temps.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : mener à bien · mener à la baguette · mener à terme · mener de front · mener grand train · mener la danse · mener la vie de château · mener la vie dure à quelqu'un · mener le bal · mener quelqu'un en bateau · mener quelqu'un par le bout du nez · mener sa barque · mener tambour battant · mener une double vie · mener une vie de bâton de chaise · ne pas en mener large · tous les chemins mènent à Rome
Grammaire et formes (51)
- mènerions : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /mɛnəʁjɔ̃/
- mènerais : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier · /mɛnəʁɛ/
- mèneriez : conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel · /mɛnəʁje/
- mènerais : conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier · /mɛnəʁɛ/
- mèneraient : conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel · /mɛnəʁɛ/
- mènerait : conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier · /mɛnəʁɛ/
- menons : impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /mənɔ̃/
- menez : impératif présent 2ᵉ pers. pluriel · /məne/
- mène : impératif présent 2ᵉ pers. singulier · /mɛnə/
- mènerons : indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel · /mɛnəʁɔ̃/
- mènerai : indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier · /mɛnəʁe/
- mènerez : indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel · /mɛnəʁe/
- mèneras : indicatif futur 2ᵉ pers. singulier · /mɛnəʁa/
- mèneront : indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel · /mɛnəʁɔ̃/
- mènera : indicatif futur 3ᵉ pers. singulier · /mɛnəʁa/
- menions : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /mənjɔ̃/ ou /mɛnjɔ̃/
- menais : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /mənɛ/
- meniez : indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /mənje/ ou /mɛnje/
- menais : indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /mənɛ/
- menaient : indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /mənɛ/
- menait : indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /mənɛ/
- menâmes : indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel · /mənamə/
- menai : indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier · /məne/
- menâtes : indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel · /mənatə/
- menas : indicatif passé 2ᵉ pers. singulier · /məna/
- menèrent : indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel · /mənɛʁə/
- mena : indicatif passé 3ᵉ pers. singulier · /məna/
- menons : indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /mənɔ̃/
- mène : indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /mɛnə/
- menez : indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel · /məne/
- mènes : indicatif présent 2ᵉ pers. singulier · /mɛnə/
- mènent : indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel · /mɛnə/
- mène : indicatif présent 3ᵉ pers. singulier · /mɛnə/
- mener : infinitif · /məne/
- menées : participe passé pluriel féminin · /məne/
- menés : participe passé pluriel masculin · /məne/
- menée : participe passé singulier féminin · /məne/
- mené : participe passé singulier masculin · /məne/
- menant : participe présent · /mənɑ̃/
- menassions : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /mənasjɔ̃/
- menasse : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /mənasə/
- menassiez : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /mənasje/
- menasses : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /mənasə/
- menassent : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /mənasə/
- menât : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /məna/
- menions : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /mənjɔ̃/ ou /mɛnjɔ̃/
- mène : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /mɛnə/
- meniez : subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel · /mənje/ ou /mɛnje/
- mènes : subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier · /mɛnə/
- mènent : subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel · /mɛnə/
- mène : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /mɛnə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 21 sens
v. a.
Faire aller, en allant soi-même d'un lieu à un autre. Menez-moi chez moi dans votre voiture. Mener une femme par la main. Il se construit avec un infinitif. Fig. et populairement. Mener quelqu'un par un chemin où il n'y a pas de pierres, le poursuivre vivement, ne pas le ménager. Mener les ennemis battant, les obliger à se retirer précipitamment, et les poursuivre dans leur fuite. Le sens de la locution est mener les ennemis, leur faire la conduite avec hâte et activité ; on disait autrefois : le messager vint battant ; voy. BATTANT, à l'historique. Fig. et familièrement. Mener quelqu'un battant, tambour battant, remporter sur lui l'avantage en peu de temps, le forcer à faire ce qu'on veut. Fig. Mener se dit d'un maître qui instruit son élève. Terme de féodalité. Mener bannière, réunir le ban du fief, exercer le droit de banneret.
La dame du logis me mène au lieu secretMathurin Régnier (1573-1613)
Ne soyez point en peine où je vais vous mener ; C'est un logement sûr que je vous fais donnerMolière (1622-1673)
Par extension. Ce chemin mène à tel endroit, on va par ce chemin à tel endroit. Fig.
Sur un chemin qui mène D'un rivage du Tibre au quartier de PorsennePierre Du Ryer (1605-1658)
Ce salon, qui conduit à ceux de Nicéphore, Mène aussi chez IrèneVoltaire (1694-1778)
Conduire chez quelqu'un, introduire, donner accès. Menez-moi chez le ministre.
Ma nièce de Bussy est veuve ; son mari est mort d'une horrible fièvre ; la maréchale de Schomberg veut que je l'y mène [chez cette nièce] après dînerMme de Sévigné (1626-1696)
L'abbé de Châteauneuf me mena chez elle [Ninon de Lenclos] dans ma plus tendre jeunesse ; j'étais âgé d'environ treize ans ; j'avais fait quelques vers qui ne valaient rien, mais qui paraissaient fort bons pour mon âgeVoltaire (1694-1778)
Faire danser certaines danses, comme les branles où tous les danseurs imitent ce que le premier a fait. Mener la danse, être à la tête de ceux qui dansent. Dans le même sens, mener le branle. Fig. Mener le branle, mener la danse, être le premier à faire quelque chose. C'est à vous de mener le branle.
Le roi dansera, et Monsieur mènera Mlle de Blois, pour ne pas mener Mademoiselle sa fille qu'il laisse à M. le DauphinMme de Sévigné (1626-1696)
Tout était préparé pour le bal ; le roi mena la reineMme de Sévigné (1626-1696)
Conduire par force en quelque endroit. On le menait en prison, au supplice. Fig. Fig. et familièrement. Mener quelqu'un à la baguette, le traiter avec hauteur, lui faire faire par autorité ce qu'on veut.
On te mène égorger, innocente victimeJean Mairet (1604-1686)
Qu'on me mène à la mort, je n'ai plus rien à direPierre Corneille (1606-1684)
Être à la tête de, faire marcher. Mener une troupe. Fig. Mener des troupes à la boucherie, les exposer à une mort presque certaine. Mener le deuil dans une cérémonie funèbre, être à la tête des parents, des amis, de toutes les personnes qui forment le cortége. Un air à mener un mort en terre, air triste, lugubre, ennuyeux. Familièrement. Mener la bande, être le chef d'une association d'intérêt ou de plaisir. On dit dans le même sens : C'est lui qui mène les autres.
Horace, qui menait le reste des Romains, Se retourne vers eux, leur fait signe des mainsPierre Du Ryer (1605-1658)
Voilà celui qui nous menait dans les hasardsBossuet (1627-1704)
En parlant des animaux, les conduire. Mener les bêtes aux champs. Mener paître des vaches. Mener les chiens à l'ébat, les mener promener. Mener de front trois chevaux, quatre chevaux, guider trois chevaux, quatre chevaux attelés sur une même ligne. Fig. Mener de front plusieurs affaires, les conduire à la fois. Mener de front plusieurs sciences, les cultiver en même temps. On dit dans un sens analogue : Il mène de front les affaires et les plaisirs, c'est-à-dire il a beaucoup d'affaires et beaucoup d'amusements. Terme de chasse. Mener la quête, faire une battue pour trouver la perdrix. Terme de manége. Mener son cheval en avant, lui faire continuer son allure quand il paraît vouloir la ralentir. Mener un cheval droit, le placer de manière que ses épaules et ses hanches soient sur la même ligne. Mener un cheval en main, le conduire sans être monté dessus. Absolument. Le pied qui mène, se dit du pied droit de devant du cheval. Mener sur le bon pied, se dit du cheval qui, pour galoper, part du pied droit de devant.
Menons-en une [oie] en notre bois, J'aurai soin de la faire paîtreLa Fontaine (1621-1695)
Conduire, en parlant des voitures de terre et d'eau. Mener une charrette, un carrosse, un cabriolet. Ces gens menaient un bateau. Absolument. J'ai un cocher qui mène bien, qui mène grand train. Fig. Mener bien sa barque, conduire bien ses affaires.
Mme de Roselle : Vous êtes postillon ? - Le postillon : Madame, à vous servir ; Et chacun vous dira que je mène à ravirCollin d'Harleville (1755-1806)
Mener, se dit d'un voiturier, d'un batelier qui conduit des voyageurs. Voiturer. Mener du blé au marché, du bois par bateau.
Il [un batelier lors de la fuite de la femme de Jacques II] ne croyait mener que des gens du commun, comme il en passe souvent [d'Angleterre en France]Mme de Sévigné (1626-1696)
Se faire accompagner ou suivre, emmener, amener. Il mène bien des gens à sa suite. Il mena tout son monde avec lui.
Le roi mène peu de troupes et la moitié de sa gardeMme de Sévigné (1626-1696)
Votre enfant était chez Mlles de Castelnau.... il avait mené un hautbois, on y dansa jusqu'à minuitMme de Sévigné (1626-1696)
Être cause qu'on suive, qu'on aille après. Ce voleur s'est enfui, il a mené loin les gendarmes qui le poursuivaient. Fig. Fig. Ceci me mènerait trop loin, m'écarterait de mon sujet. Fig. Mener loin, entraîner à des conséquences compromettantes. Fig. Mener loin, faire courir de grands risques, impliquer dans une grave affaire. Fig. Mener loin, avec un nom de chose pour sujet, compromettre, exposer à des difficultés, à des périls. La signature qu'il a donnée peut le mener loin. Le jeu, les femmes mènent loin, bien loin. Fig. Mener loin, lorsqu'il s'agit de choses qui se dépensent ou se consomment, signifie fournir longtemps du secours à quelqu'un, lui durer longtemps. Ces provisions, cet argent peuvent encore nous mener loin. Fig. Exercer sur quelqu'un une action comparée à celle d'un homme qui en mène un autre, le gouverner, lui faire faire ce qu'on veut. Mener quelqu'un par la lisière, à la lisière, le conduire, le gouverner comme un enfant. Mener quelqu'un en laisse, en disposer à son gré, le conduire comme on veut. Mener quelqu'un par le nez, abuser de l'ascendant qu'on a sur quelqu'un ou de sa faiblesse d'esprit pour lui faire faire tout ce qu'on veut. (Cette locution est prise de l'usage de conduire certains animaux, les ours, les buffles, à l'aide d'un anneau passé dans le nez). C'est un homme à mener par le nez, c'est un homme faible, crédule, sans caractère.
La première chose qui saisit mon imagination la mène si loin, que cela compose souvent une loge des Petites-MaisonsMme de Sévigné (1626-1696)
Une de nos folies a été de souhaiter de découvrir tous les dessous de cartes.... cette folie nous mena bien loin, et nous divertit fortMme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Agir envers quelqu'un de telle ou telle façon, le traiter de telle ou telle façon. Mener doucement quelqu'un. C'est un enfant timide, menez-le doucement. Il le mena fort rudement. Mener rudement, faire subir de grandes pertes, en parlant d'actions militaires. Familièrement. Mener quelqu'un rudement, le mener comme il faut, lui donner bien de la peine, lui susciter bien des affaires. Familièrement. Mener quelqu'un bon train, de la belle manière, le traiter sans ménagement. Mener follement, se moquer par des plaisanteries qui font beaucoup rire. Il se dit des souffrances qu'infligent les maladies. Mal mener, voy. MALMENER. Cette médecine l'a mené doucement ou rudement, elle l'a peu ou beaucoup tourmenté, en le purgeant.
Les Perses menaient rudement la cavalerie thessalienneVaugelas (1585-1650)
Je mène tous ces faquins-là assez bon trainVoltaire (1694-1778)
Fig. Amuser par des paroles, par des espérances. Il y a six mois que vous me menez sans que je voie aucun effet de vos promesses.
Fig. Il se dit des choses que l'on fait aller, dont on tient la conduite, le fil. Mener à bien, terminer, achever heureusement une chose. Familièrement. Mener rondement une affaire, la traiter avec activité sans trop s'attacher aux détails. Mener une vie..., vivre d'une certaine façon. Mener un train, un grand train, grand train, faire beaucoup de dépense, vivre avec faste. Mener un train, signifie aussi se conduire d'une certaine façon. Familièrement. Mener grand deuil de quelque chose, en être fort attristé. Mener beau bruit, grand bruit, faire beaucoup de bruit. Mener la parole, s'en servir habilement. Mener les bras, travailler à force de bras. Mener les mains, se battre. Dans le langage familier, mener guerre, faire la guerre, guerroyer. Mener la table, se dit, chez les cartiers, pour assortir les cartes et les diviser par jeux.
[Il] Mena si bien la fourbe et la tint si secrète....Jean Mairet (1604-1686)
Envieux l'un de l'autre, ils mènent tout par brigues, Que leur ambition tourne en sanglantes liguesPierre Corneille (1606-1684)
Terme de géométrie. Mener une ligne d'un point à un autre, tracer une ligne qui joigne ces deux points.
Mener, avec un nom de chose pour sujet, se dit de ce qui est cause qu'on vient.
Mais quelle occasion mène Évandre vers nous ?Pierre Corneille (1606-1684)
Je suis ici venu.... - Sans m'en faire récit, Je sais ce qui vous mène....Molière (1622-1673)
Fig. Il se dit de ce qui achemine vers un terme, y fait aller. Absolument. Le crime mène à l'échafaud. La débauche mène à la misère. Cela ne mène à rien, on n'en saurait tirer aucun avantage.
Qu'aisément l'amitié jusqu'à l'amour nous mène ! C'est un penchant si doux qu'on y tombe sans peinePierre Corneille (1606-1684)
L'idée du bonheur nous mène à DieuBossuet (1627-1704)
Fig. Il se dit aussi des motifs qui font agir.
Change, pauvre abusé, change de batterie, Conte ce qui te mène, et ne t'amuse pas à perdre innocemment tes discours et tes pasPierre Corneille (1606-1684)
Pour moi, je serais très fâchée d'être consolée ; je ne me pique ni de fermeté, ni de philosophie ; mon cœur me mène et me conduitMme de Sévigné (1626-1696)
Terme d'horlogerie. Se dit de l'action de la dent d'une roue qui presse l'aile d'un pignon.
Se mener, v. réfl. Conduire soi-même sa voiture.
La mode dans ce temps-là parmi les dames était de voyager sans laquais et sans cocher, et de se mener elles-mêmesVoltaire (1694-1778)
Étymologie : Wallon, miner, à l'ind. présent sing. mône ; provenç. menar ; espagn. menear ; ital. menare ; du lat. minare, mener ; comp. l'anc. haut allem. menen, l'anc. frison mena, le bas-saxon mennen, mener. Il faut remarquer qu'en latin minare ne se dit dans le sens de mener que des troupeaux, des animaux.
Historique : XIe s. S'il le pot truver, sil [ainsi le] merra [mènera] à la justice Emprès lui dient : sire, car nous menez Recreans ert [il sera] de la guerre mener En France douce [elle] ert [sera] menée caitive [prisonnière] XIIe s. Si coiement ai ma dolor menée, Qu'à mon semblant ne la reconnoiston Si j'atendrai.... Joie d'amour, se bonheur m'i maine Nuls ne nous faisoit guerre, ne ne menoit dangier Menez vostre ost banie [votre armée avec ses bannières] Hui perdra Charles l'orgueil qu'il seut [a coutume] mener Grant joie menent la pute gent turquée Mes humes les abaterunt [les arbres] al bois de Liban,…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 40 sens
v. tr.
Conduire quelqu’un vers un être ou une chose. Vous savez le chemin, menez-nous. Si vous n’y êtes jamais allé, je vous y mènerai. Mener un enfant à l’école. Mener la mariée à l’autel. Mener un aveugle par la main. Menez-moi chez lui. Mener des troupes au combat, à l’assaut, au feu.
Par extension, Ce chemin mène à tel endroit, On va, par ce chemin, à tel endroit.
Prov., Tout chemin mène à Rome. Voyez
CHEMIN. Cela ne mène à rien, On n’en saurait espérer aucun avantage.
Prov. et fig., C’est un aveugle qui mène l’autre. On dit aussi C’est un aveugle qui en conduit un autre. Voyez
AVEUGLE.
MENER signifie aussi Conduire par force en quelque endroit. Mener en prison. On le menait au supplice.
Mener le deuil, dans une cérémonie funèbre, être à la tête des parents, des amis, de toutes les personnes qui forment le cortège. On dit plutôt aujourd’hui Conduire le deuil.
Mener la danse, être à la tête de ceux qui dansent. On a dit dans le même sens Mener le branle.
Fig., Mener la danse, Entraîner les autres, prendre l’initiative et la direction d’un mouvement. Une terrible rébellion s’organise : c’est ce fameux agitateur qui mène la danse. On dit aussi Mener le branle, mener le jeu.
MENER se dit aussi des Animaux. Mener les bêtes aux champs. Mener paître des vaches. Mener les chevaux boire, les mener à l’abreuvoir. Mener les chevaux au marché. Mener un cheval à la main. Mener des chiens en laisse.
Fig., Mener de front. Voyez
FRONT.
MENER signifie également Diriger un véhicule, une embarcation. Mener une charrette. Mener un bateau, une barque. Absolument, J’ai un cocher qui mène grand train.
Fig., Mener bien sa barque. Voyez
BARQUE.
MENER signifie aussi Voiturer quelqu’un ou quelque chose. Mener du blé au marché, des marchandises à la foire, du bois par bateau. J’ai là ma voiture, voulez-vous que je vous mène quelque part?
MENER signifie en outre Se faire accompagner de ou par. Il mène bien des gens à sa suite. Il mena tout son monde avec lui.
MENER signifie au figuré Faire agir, gouverner quelqu’un à sa guise. Il le mène comme il veut. C’est un pauvre homme, il se laisse mener par sa femme.
Fig. et fam., Mener quelqu’un à la baguette. Voyez
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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