matelot
nom, masculin, /matəlo/
Voir aussi : forme féminine matelote
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Marin qui, par ses services, son âge et son aptitude comme homme de mer, a obtenu une certaine solde déterminée par les règlements. C'est un vieux matelot. Recevoir la paye de matelot.
Il s'est dit pour marin.
Meusnier, garde de la marine.... il serait fort propre à remplir la charge de lieutenant de frégate légère.... bon matelot, et ferme dans l'occasion,
[Vous Duquesne] ayant affaire au plus habile matelot et peut-être au plus grand et plus ferme capitaine qu'il y ait à présent au monde [Ruyter],
Camarade.
Quand on ne donnait qu'un hamac pour deux hommes, les deux marins couchant alternativement dans le même hamac s'appelaient matelots l'un de l'autre ; par suite, deux amis de bord se donnent cette dénomination d'amitié — Auguste Jal (1795-1873)
Tous deux amis et se nommant mutuellement mon matelot ; ce qui est le plus grand terme d'affection connu sur le gaillard d'avant,
Matelot d'un vaisseau, vaisseau qui, dans une ligne de marche ou de combat, suit ou précède immédiatement ce vaisseau. Matelot d'arrière. Matelot d'avant. Chaque vaisseau doit serrer son matelot d'avant, pour empêcher de couper la ligne. Adjectivement. Vaisseau matelot.
Du Casse, chef d'escadre, matelot de M. de Villette,
Vêtement que l'on donne aux petits garçons et même aux petites filles, et dans lequel le pantalon est attaché à la veste. Se dit aussi d'un costume de carnaval.
Elle habille en matelot sa fille âgée de six ans — Mme de Genlis (1746-1830)
Étymologie : Origine douteuse. Il ne peut venir de mât (mast d'où mastelot, dit JAL), puisque, dès les premiers temps, l's y manque. Diez incline à le tirer de matta, natte : mattarius, celui qui couche sur des nattes ; cela est bien peu appuyé. Matelot se dit en allemand Matrose, en danois matros. L'étymologie la plus vraisemblable est le holland. maat, compagnon, d'où, par une dérivation non sans difficulté, matelot. On manque de textes qui montrent que le simple ait existé en français, ce qui augmente le doute.
Historique : XIIIe s. Ly mathelot les voiles tendent ; Ly autres les avirons prendent XVe s. Ce bateau va passer la mer ; Le matelot le puisse bien mener, Sans peril et sans naufrage XVIe s. Haye, haye, dist le pilot, double le cap et les basses. - Doublé est, respondoyent les matelotz
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Tout homme qui fait partie de l’équipage manoeuvrier d’un bâtiment de mer. On dit plutôt aujourd’hui MARIN.
Il est employé dans la marine militaire pour désigner le grade ou la fonction. Matelot de première classe, de deuxième classe. Matelot timonier, matelot torpilleur, matelot de pont.
Matelot, dans la Marine marchande, se dit de Celui qui est spécialisé dans la conduite nautique du navire. Ce paquebot comprend deux cents hommes d’équipage dont cinquante matelots.
Il se dit, par analogie, dans la Tactique navale, de Chacun des vaisseaux d’une ligne considéré par rapport à celui qu’il précède ou qu’il suit immédiatement. Matelot d’avant. Matelot d’arrière. Chaque unité doit serrer sur son matelot d’avant. Adjectivement, Vaisseau matelot.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- matelots — pluriel — /matəlo/
- matelot — singulier — /matəlo/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée matelot#39214.