mat · mât

mat

adjectif, /mat/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (2 sens) · 1935 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 2

adj.

  1. Qui n'a point d'éclat, en parlant des métaux mis en œuvre sans avoir été polis. Or, argent mat. Vaisselle mate.

  2. Terme de peinture. Qui n'a point d'éclat, de transparence. Coloris mat. Couleur mate. Terme de peinture en bâtiments. Se dit des couleurs en détrempe qui ne sont pas vernies, et de l'or sur apprêt qui n'est pas bruni.

    Ce petit animal [le petit maki gris] a été apporté de Madagascar par M. Sonnerat ; il a tout le corps, excepté la face, les pieds et les mains, couvert d'un poil grisâtre, laineux, mat et doux au toucher — Buffon (1707-1788)

    Ce blanc mat des femmes de Barbarie se trouve quelquefois en Languedoc et sur toutes nos côtes de la Méditerranée — Buffon (1707-1788)

  3. Compacte et lourd. Du pain mat. Une pâte mate. Broderie mate, broderie d'or ou d'argent qui est très chargée.

  4. Terme de marine. Mer mate, grosse mer dont les lames longues et élevées marchent lentement.

  5. Son mat, son semblable à celui qu'on obtient en frappant un tonneau plein. Terme de médecine. Son mat, celui que rendent les parties charnues quand on les percute avec le doigt, et celui que la poitrine donne lors de l'hépatisation du poumon, ou quand il y existe un épanchement considérable.

  6. S. m. Le mat, la couleur mate.

    Le défaut de transparence et le mat — Diderot (1713-1784)

    C'est en mat que l'on a commencé à faire de la gravure fluorhydrique — KESSLER

Étymologie : Provenç. mat, triste. Dans les anciens textes, mat signifie seulement las, humilié ; c'est de ce sens qu'on est allé au sens de terne, qui paraît très récent. Mat, las, humilié, est un sens dérivé, comme le verbe mater, de mat 1. L'allemand a matt, qui signifie abattu, terne et mat ; Diez pense qu'il vient des langues romanes.

Historique : XIIIe s. Car n'i osoie la main tendre, Tant iere [j'étais] maz et vergongneus, à loi de povre besongneus XIVe s. Qui son anemi est bone chiere monstrant, Or le fait à moitié tout mat et recreant Se tu vois que l'esprevier soit trop eschif, si lui remetz le chaperon le plus en paix que tu porras, et soit encore veillé qu'il soit plus mat Quant aucun oisel de proye fait mate chiere Il est si mat, si las, si dompté du travail et tourment de mesnage....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. m.

  1. T. du jeu d’échecs — Il se dit en parlant du Roi auquel l’échec est donné et qui est réduit à ne pouvoir sortir de sa place sans se mettre de nouveau en échec, en prise. être échec et mat, ou, simplement, être mat, se dit du Joueur qui a perdu. On dit, dans la même acception, Faire mat.

  2. Fig. et fam., Faire quelqu’un échec et mat, Emporter sur lui un avantage complet.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui n’a point d’éclat. Il se dit surtout des objets de métal qui n’ont pas reçu le poli définitif ou auxquels on a donné une patine spéciale. Or, argent mat. Vaisselle mate.

  2. En termes de Peinture, Coloris mat, couleur mate, Coloris, couleur qui n’a point d’éclat.

  3. Par analogie, Un teint mat.

  4. Par analogie, Son mat, Son sourd.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • mates — pluriel féminin — /matə/
  • mats — pluriel masculin — /ma/
  • mate — singulier féminin — /matə/
  • mat — singulier masculin — /mat/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mat#39190.

mat

nom, masculin, /mat/

Voir aussi : forme féminine mate

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Terme de jeu d'échecs. Échec et mat, ou, simplement, mat, coup qui, mettant le roi en échec, le réduit à ne pouvoir bouger sans se mettre en un nouvel échec, et qui fait gagner la partie. Voilà un beau mat. Échec et mat du berger, celui qu'on fait en deux ou trois coups, dès le début de la partie. Être sous le mat, avoir à craindre un échec et mat. Fig. Événement qui détruit nos projets, nos espérances. Donner échec et mat à quelqu'un, emporter sur lui un avantage complet. Donner un mat, faire éprouver un revers. Il se dit aussi, par plaisanterie, des choses que l'on dévore.

    Enfin l'heureux vainqueur donne l'échec fatal, Se lève et du vaincu proclame la défaite ; L'autre reste atterré dans sa douleur muette, Et, du terrible mat à regret convaincu, Regarde encor longtemps le coup qui l'a vaincu — Jacques Delille (1738-1813)

    Le premier qui gagne dix sous a joué trois heures durant, le deuxième trois minutes ; en trois coups il a donné le mat et gagné dix louis... lequel joue le mieux ? — Paul-Louis Courier (1772-1825)

  2. Adjectivement. Être échec et mat, ou, simplement, être mat, se dit du joueur qui a perdu. Faire mat, donner l'échec et mat. Je vais le faire mat en deux coups. On dit aussi : faire quelqu'un échec et mat. Fig. Faire quelqu'un mat, faire quelqu'un échec et mat, emporter sur lui un avantage complet.

    Comment ai-je pu être mat avec un jeu si bien disposé ? — GOLDONI

Étymologie : Wallon, mak ; provenç. mat ; espagn. et portug. mate ; ital. matto. Mat est abrégé de échec et mat ; espagn. xaquimate ; ital. scaccomatto ; du persan shah mat, le roi est mort (voy. SCHAH).

Historique : XIIIe s. Car qui la verité regarde, D'estre mat n'avoient-il garde, Puisque sans roi se combatoient XVe s. À ma dame prise soudainement ; Par quoi sui mat, je le voi clairement, Se je ne fais une dame nouvelle

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • mats — pluriel — /ma/
  • mat — singulier — /mat/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mat#39189.

mât

nom, masculin, /ma/

Définitions

  1. Longue pièce dressée sur un navire pour porter les voiles.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Poteau dressé destiné à porter un drapeau ou un objet.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Poteau lisse et glissant dressé pour un jeu où il faut grimper.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (15 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Longue pièce de bois plantée debout dans un vaisseau, dans une barque, etc. et qui sert à porter les voiles. Vaisseau à trois mâts. Un coup de vent rompit le mât. Le mât pliait comme une baguette sous l'effort de la tempête. Aller à mâts et à cordes, cheminer par la seule impulsion du vent sur les mâts et le gréement, après que toutes les voiles ont été serrées. Caler les mâts, abaisser les mâts ; guinder les mâts, les remettre à leur hauteur. Mât d'assemblage, mât formé d'une pièce centrale ou mèche, et de quatre pièces ou jumelles appliquées sur les quatre faces de la mèche et taillées de façon que l'ensemble de leurs surfaces donne la surface d'un cylindre. Grand mât, le mât le plus élevé d'un bâtiment ; il se compose, dans les grands bâtiments, de trois ou quatre parties : le bas mât, le grand mât de hune, le grand mât de perroquet, le grand mât de cacatois. Grand mât de hune, le mât qui s'élève immédiatement sur le bas mât, et qui porte la vergue et la voile du grand hunier. Grand mât de perroquet, le mât qui s'élève sur le mât de hune. Grand mât de cacatois, le mât qui s'élève par-dessus tous les autres. Bas mâts, pièces ou mâts partiels dont le pied repose sur un point même du bâtiment. Mâts supérieurs, pièces qui se placent au-dessus des bas mâts et en sont comme le prolongement. Mât de charge, fort espars ou morceau de mât qu'on établit sur le pont pour aider au chargement ou au déchargement. Mâts de rechange, mâts qu'on porte dans un voyage pour suppléer à ceux qui pourraient manquer. Mâts du nord, les pins et les sapins provenant de la Russie.

    Le czar [Pierre 1er] commença par acheter une barque à laquelle il fit de ses mains un mât brisé — Voltaire (1694-1778)

    Le peintre Vernet, sur un vaisseau battu d'une horrible tempête, s'étant fait attacher au mât, et tout occupé à dessiner le mouvement des vagues, leurs replis, leur écume et les feux de la foudre — Marmontel (1723-1799)

  2. Mât-pilote, mât établi sur quelque point très visible près du bord de la mer, et destiné à indiquer la route.

  3. Mât, se dit aussi de perches employées sur les petits bateaux de rivière.

  4. Mât de cocagne, espèce de mât rond, lisse et savonné qu'on plante en terre et au haut duquel sont suspendus des prix qu'il faut aller prendre, en grimpant.

  5. Terme de blason. Mât désarmé, mât représenté sans voiles et sans cordages.

  6. Se dit de diverses pièces de bois employées dans les gymnases.

Étymologie : Wall. mastai ; nam. mastia ; prov. mat, mast ; catal. mastil ; esp. masto ; portug. masto, mastro ; ital. mastil ; de l'allem. Mast ; scand. mastr.

Historique : XIe s. En som ces mats et en ces hautes vergues XIIIe s. Et firent les eschieles des hautes nes [nefs] drecier seur les grans mas Si me suis mis en mer sans mast, Pour noier ausi com Tristans XVe s. Ce sembloit des masts à l'Escluse, qui regardoit en mer, un grand bois XVIe s. Tous les mats, antennes, trinquets, flottants de banderolles

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Pièce de bois, de tôle ou d’acier, longue, ronde et droite, dressée sur un navire et destinée à porter les voiles. Le grand mât. Le mât d’avant, d’arrière, de misaine, d’artimon. Vaisseau à trois mâts. L’amiral porte le pavillon au grand mât. Mât militaire. Mât tripode.

  2. Mât de pavillon. Voyez

  3. PAVILLON.

  4. Mâts de charge, Mâts mobiles servant à embarquer ou débarquer les marchandises.

  5. Grand mât de perroquet. Voyez

  6. PERROQUET.

  7. Mât de beaupré. Voyez

  8. BEAUPRÉ.

  9. Mât de cacatois. Voyez

  10. CACATOIS.

  11. Caler les mâts, Abaisser les mâts. Guinder les mâts, Les remettre à leur hauteur.

  12. MÂT se dit aussi, par extension, d’une Pièce de bois servant à porter des drapeaux, des oriflammes. à l’approche de la Fête Nationale, on dresse partout des mâts.

  13. Il se dit aussi d’une Pièce de bois plus ou moins élevée servant à des exercices de gymnastique.

  14. Mât de cocagne. Voyez

  15. COCAGNE.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mâts — pluriel — /ma/
  • mât — singulier — /ma/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mât#41551.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.