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gain

gain

nom, masculin · /ɡɛ̃/

Usage : d'usage courant (5.74 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Somme d'argent ou avantage matériel obtenu par une activité, un travail ou un jeu.

    Le gain de cette partie de loto s'élève à mille euros.

    Synonyme : profit.

    « Travaillez pour la gloire, et qu'un sordide gain Ne soit jamais l'objet d'un illustre écrivain »Boileau (1636-1711)

    « Il risque de nouveau le gain qu'il avait fait ; Mais rien, pour cette fois, ne lui vint à souhait »La Fontaine (1621-1695)

  2. Progrès ou avantage obtenu dans un domaine quelconque, comme le temps ou l'efficacité.

    Cette méthode permet un gain de temps considérable.

    « Montrez-lui comme il faut s'endurcir à la peine.... Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille »Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Victoire ou succès remporté dans une compétition ou un litige.

    Elle a obtenu gain de cause après trois ans de procès.

    Synonyme : victoire.

    « Vous venez d'entendre ses propres paroles [de Jurieu], et il donne gain de cause aux tolérants, qui ne sont que des sociniens déguisés »Bossuet (1627-1704)

    « Il [Dieu] nous assure en notre peur, Et nous donne gain de nos pertes »Mathurin Régnier (1573-1613)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : avoir gain de cause

Grammaire et formes (2)
  • gains : pluriel · /ɡɛ̃/
  • gain : singulier · /ɡɛ̃/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 6 sens

s. m.

  1. Ce que l'on gagne, ce que l'on obtient en fait d'argent ou de valeurs. Mettre en commun le gain et la perte.

    Il risque de nouveau le gain qu'il avait fait ; Mais rien, pour cette fois, ne lui vint à souhaitLa Fontaine (1621-1695)

    L'espérance du gain n'est pas ce qui me flatteMolière (1622-1673)

  2. Fig. Avantage, succès, réussite dans une entreprise, une affaire.

    Je tire un double gain d'un si petit dommageMathurin Régnier (1573-1613)

    Il [Dieu] nous assure en notre peur, Et nous donne gain de nos pertesMathurin Régnier (1573-1613)

  3. Terme de droit. Gains nuptiaux ou mieux gains de survie, avantages qui se font entre époux en faveur du survivant. Gains et épargnes, acquisitions que font les enfants en dehors des biens paternels et maternels.

  4. Le gain d'une bataille, l'action de remporter une victoire.

    Montrez-lui comme il faut s'endurcir à la peine.... Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataillePierre Corneille (1606-1684)

  5. Gain d'un procès, avantage dans un procès obtenu par sentence des juges. Gain de cause, l'avantage que l'on obtient dans un procès, et, par extension, dans un débat quelconque.

    Vous venez d'entendre ses propres paroles [de Jurieu], et il donne gain de cause aux tolérants, qui ne sont que des sociniens déguisésBossuet (1627-1704)

    Un jour, Louis XIV jouant au trictrac, il y eut un coup douteux.... Eh sire [dit le comte de Grammont qui donna trot au roi, sans avoir vu le coup], ne voyez-vous pas que, pour peu que la chose eût été seulement douteuse, tous ces messieurs vous auraient donné gain de cause ?Voltaire (1694-1778)

  6. Le gain d'une partie, l'avantage obtenu dans une partie de jeu. Se retirer sur son gain, quitter le jeu lorsqu'on a gagné.

Étymologie : Voy. GAGNER ; wallon, wâgn ; provenç. gazanh, guazanh, gazainh, guazaing, gaanh, gaaing ; anc. catal. gazagn, guadagn ; ital. guadagno. Il y a dans l'ancien français gaaing, et gaing ou vain, qui signifie herbe de pâturage, et, par extension, automne, qui est en italien guaime, en wallon wayen, en lorrain veyen, en normand vouin, et qui se trouve dans le français re-gain (voy. REGAIN) ; c'est le sens propre du mot, correspondant au sens propre de gagner ou gaagner.

Historique : XIIe s. De tout vostre gaaing ne vous demant-je mie Al jour del jugement, quant Dex tiendra ses plais, Or ont li pecheor grant gaain de lor fais [actions] XIIIe s. Et li empereres Henris ot rassemblés ses os [armées] qui orent amené leur guains à garison tresques en l'ost [qui avaient ramené leur butin en sûreté jusqu'à l'armée] À meschief l'ai nourry [un cheval] cest yver de mon gain Fui laid gaaing comme perte Plusors gaains et plusors pertes avienent souvent par compaignie [association], selonc nostre coustume Li autre oir n'emporteront point gaaing du plet XIVe s. Le gaaing doit estre appe…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens

n. m.

  1. Profit que l’on tire d’une entreprise, d’un travail, d’un commerce, d’une vente, etc. Gain considérable. Gain médiocre. Gain illicite. Gain honnête. Travailler pour le gain. Vivre de son gain. Il est âpre au gain. L’amour du gain. L’appât du gain. Il a dépensé en un mois le gain de dix années.

  2. Il signifie aussi Heureux succès, victoire, avantage que l’on a dans une entreprise, dans la poursuite d’une affaire. Le gain d’une bataille. Le gain d’un procès. On dit de même, en termes de Jeu, Le gain d’une partie, le gain de la partie.

  3. Se retirer sur son gain, Quitter le jeu lorsqu’on a gagne.

  4. Gain de cause se dit de l’Avantage que l’on obtient dans un procès, et, par extension, dans un débat quelconque. Il a eu, on lui a donné, il a obtenu gain de cause.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée gain#28905.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.