victoire

victoire

nom, féminin, /viktwaʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Avantage remporté sur les ennemis dans une bataille, dans un combat.

    Sparte, pour qui j'allais de victoire en victoire — Pierre Corneille (1606-1684)

    Un homme qui a de l'esprit disait l'autre jour à Rennes qu'il n'avait jamais vu, ni entendu parler d'une pleine victoire sur la mer depuis la bataille d'Actium, et que tous les combats s'y passent en coups de canon, en dissipation de vaisseaux que l'on croit avoir coulés à fond, et qui se retrouvent au bout d'un mois — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Il se dit de l'avantage remporté dans un combat singulier. Fig. et familièrement. Chanter victoire, se glorifier du succès.

    Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire [sur Rodrigue] — Pierre Corneille (1606-1684)

    Son vainqueur [un coq] sur les toits S'alla percher, et chanter sa victoire — La Fontaine (1621-1695)

  3. Fig. Triomphe quelconque. Remporter une haute, une grande victoire, faire beaucoup, obtenir beaucoup. Gain d'un procès. Avantage remporté sur un rival, sur un concurrent, etc.

    On a vu des chrétiens, après avoir enduré pour l'Évangile de cruels supplices.... s'oublier eux-mêmes à la vue d'un ennemi, et, sur le point de consommer la victoire, céder à un ressentiment, et perdre avec la foi la couronne du martyre — Bourdaloue (1632-1704)

    Seigneur, c'est remporter une haute victoire, Que de rendre un amant capable de me croire — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Fig. Action de faire céder ses passions, ses sentiments à quelque devoir, à quelque obligation.

    Qui veut vaincre est déjà bien près de la victoire ; Se faisant violence, on s'est bientôt dompté, Et rien n'est tant à nous que notre volonté — Rotrou (1609-1650)

    S'il y a quelques difficultés à surmonter et quelques victoires à remporter sur moi, j'en serai bien dédommagé par l'onction divine qu'on y goûte — Bourdaloue (1632-1704)

  5. Divinité des païens, représentée sous la figure d'une femme ayant des ailes et tenant une couronne d'une main et une palme de l'autre ; en cette acception il prend un grand V. Statue de la Victoire. Fig. et par personnification, mais sans V majuscule. Enchaîner la victoire.

    Et lorsqu'il est tombé sanglant sur la poussière, Les mains de la victoire ont fermé sa paupière — Tristan L'Hermite (1601-1655)

    Avoir le prince de Condé entre ses mains, c'était y avoir la victoire même, qui le suit éternellement dans les combats — Bossuet (1627-1704)

  6. Pierre de victoire, sorte de talisman chez les anciens peuples scandinaves.

    Les talismans ou pierres de victoire des sagas scandinaves n'étaient probablement pas autre chose que des serpentines — A. DEMMIN

  7. Victoire de Maestricht, variété d'œillet.

Étymologie : Provenç. et espagn. victoria ; ital. vittoria ; du lat. victoria, de victor, vainqueur, dérivé du radical vic, et tor, qui fait les noms d'agent (voy. VAINCRE).

Historique : XIe s. Averum nus la victorie del champ ? XIIe s. Mis peres [mon père] ad la terre trublée, e la victorie desturbée XIIIe s. [Au jugement dernier] Forche de mort sera perdue, Et sa victoire ier [sera] dont vaincue Ge te di bien que tu ne puez pas longuement durer après ceste victoire que tu auras eue de ceste bataille Dames si cortoises seront, Que bien nous en aquiteront, Jà n'i querés autres victaires XIVe s. Et tel bien en medecine ce est sanité, en chevalerie vittoire, en edification la maison estre faite L'exposant regardoit à jouer à la folesuye le jour d'une victoire [réjouissance publi…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Avantage qu’on remporte sur les ennemis dans une guerre, dans une bataille. Victoire sanglante. Victoire douteuse. Pleine victoire. Victoire complète. La victoire a coûté cher. Remporter la victoire. Chant de victoire. La victoire est à nous. Courir de victoire en victoire. La victoire fut longtemps disputée et resta indécise. Il n’a pu jouir du fruit de sa victoire. Cette campagne fut une suite de victoires.

  2. Il s’emploie, par personnification, dans diverses phrases figurées. La victoire s’est déclarée pour lui. La victoire le suit partout. Les palmes, les trophées de la victoire.

  3. Il est aussi le Nom d’une divinité des anciens païens, qui la représentaient sous la figure d’une femme ayant des ailes et tenant une couronne d’une main, une palme de l’autre. Le temple de la Victoire. Une statue de la Victoire. Les Romains sacrifiaient à la Victoire. Derrière la statue du prince il y a une Victoire qui lui pose sur la tête une couronne de laurier.

  4. Il se dit aussi de Tout avantage qu’on remporte sur un rival, sur un concurrent, etc. Après une longue discussion, il a remporté la victoire.

  5. Fig., Remporter la victoire sur ses passions, sur soi-même, Surmonter ses passions, les assujettir à la raison.

  6. Fam., Chanter victoire, Se glorifier du succès. Il s’est trop hâté de chanter victoire.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • victoires — pluriel — /viktwaʁə/
  • victoire — singulier — /viktwaʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée victoire#64294.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.