fumée
nom, féminin, /fyme/
Définitions
Nuage grisâtre ou noirâtre qui se dégage d'une combustion.
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Vapeur qui s'échappe d'un corps chaud ou de l'haleine par temps froid.
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Chose sans consistance qui disparaît sans laisser de résultat.
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Voir aussi : féminin de fumé
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (14 sens)
Littré (1873)
s. f.
Espèce de nuage grisâtre ou noir, qui s'élève des foyers de combustion, et qui est un mélange de vapeur d'eau, d'acide carbonique, de charbon très divisé, d'huiles empyreumatiques et de parties non brûlées. Familièrement. Ennuyeux comme la fumée, très ennuyeux. Noir de fumée, voy. NOIR. Il se dit de l'haleine des monstres fabuleux qu'on suppose vomir du feu.
Dans les plus honorables occasions, il [l'homme marié] regrette la fumée d'Ithaque, il soupire de l'absence de Pénélope — Guez de Balzac (1597-1654)
Je cours au temple alors, où la lampe allumée Jette au lieu de lumière une noire fumée — Rotrou (1609-1650)
Fumée du tabac, celle qui s'exhale d'une pipe, d'un cigare qui brûlent.
Il [Jean de Wert] buvait admirablement, et n'excellait pas moins à prendre le tabac en poudre, en cordon et en fumée [à priser, à chiquer et à fumer] — Pierre Bayle (1647-1706)
Vapeur qui s'exhale des viandes chaudes. Fig. Manger son pain à la fumée du rôt, se repaître d'une vaine fumée, tandis que les autres ont le rôt, le bon de l'affaire.
Qui vint à ces festins conduit par la fumée — Boileau (1636-1711)
....Une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée — Boileau (1636-1711)
La fumée qui sort d'un encensoir ; et fig. louange.
Et par l'espoir du gain votre muse animée Vendrait au poids de l'or une once de fumée — Boileau (1636-1711)
Vapeur qui s'élève de l'haleine et de la transpiration surtout pendant l'hiver. Un cheval très échauffé paraît enveloppé de fumée. Vapeur qu'exhalent les corps humides, quand ils sont plus chauds que l'air ambiant. Il se leva une fumée de la rivière.
Fig. Ce qui n'a, comme la fumée, ni consistance, ni valeur. S'en aller en fumée, se perdre sans effet ni résultat. Il vend de la fumée, c'est un vendeur de fumée, se dit d'un homme qui promet plus qu'il ne peut tenir, se vante d'un crédit qu'il n'a pas. Se repaître, s'enivrer de fumée, se livrer à des espérances chimériques.
Ces riches que du siècle adore l'imprudence Passent comme fumée avec leur abondance — Pierre Corneille (1606-1684)
Il est vrai que nos noms ne sauraient plus périr ; à quelque prix qu'on mette une telle fumée.... — Pierre Corneille (1606-1684)
S. f. pl. Effet produit sur le cerveau par l'ingestion dans l'estomac d'une trop grande quantité de liqueurs spiritueuses. Vapeurs qu'on suppose monter de l'estomac ou des entrailles au cerveau. Des fumées noires lui troublent le cerveau. Fig. Ce qui monte à l'esprit comme les fumées du vin montent au cerveau.
Champagne, au sortir d'un long dîner, et dans les douces fumées d'un vin d'Avenai et de Sillery — La Bruyère (1645-1696)
Ces faux amis qui entraînent un jeune homme dans la débauche et dont l'amitié se dissipe avec les fumées du vin — Lesage (1668-1747)
S. f. pl. Terme de joaillier. Taches qui diminuent beaucoup la valeur d'un diamant, et qui semblent l'enfumer.
Terme de chasse. La fiente des bêtes fauves. Les fumées de la bête. On appelle aussi fumée la fiente d'hirondelle.
Et par les fumées qu'il a vues dans les gagnages, il le juge tout aussi cerf qu'il l'est à coup sûr par le pied — COLLÉ
Étymologie : Fumer 1 ; bourguig. femeire ; provenç. fumada. Fumée est un mot dérivé ; mais l'ancienne langue avait aussi fum, tiré directement du latin fumus.
Historique : XIIe s. Tenebres l'obscurent et umbres de mort ; fumeie lo parprendet [l'entoure] Fumée levad de ses narines, e li fus [feu] ki de sa buche vint, devorad e les charbuns alumad e esbrasad XIIIe s. Là où li feus a demoré longement, tozjors i seront les fumées S'ureison ert e pure e bone, Devant la face Deu en trone Munte cume fet la fumée De encens, ki à Deu agrée Ysengrin en sent la fumée Qu'il n'avoit mie acostumée N'est nus [nul] ki feu si bien estraigne, Que la fumée n'i remaigne [reste] XIVe s. ...que il gardassent bien que leur neif fust tousjours hors les fumées de la mer et hors les gran…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Vapeur plus ou moins épaisse qui sort des choses brûlées, ou extrêmement échauffées par le feu. Fumée épaisse. Fumée noire. Les tourbillons de fumée. La fumée d’un volcan. La fumée du foyer. La fumée nous étouffait. La chambre était pleine de fumée. Le bois vert fait beaucoup de fumée. Dissiper la fumée. Chasser la fumée. L’odeur de la fumée. Odeur de fumée. Cela sent la fumée dans cette pièce. La fumée d’une pipe. La fumée de tabac. Noirci de fumée. S’exhaler en fumée.
Noir de fumée, Suie très noire et légère que donne la poix-résine et que l’on recueille pour l’employer dans les arts. Le noir de fumée sert à faire l’encre d’imprimerie, le cirage, etc.
Prov. et fig., Il n’y a point de fumée sans feu, En général il ne court point de bruit qui n’ait quelque fondement.
Prov. et fig., Il n’y a point de feu sans fumée, Quelque soin qu’on prenne pour cacher une passion vive, un secret quelconque, on ne peut s’empêcher de les laisser paraître.
Fig., S’en aller en fumée se dit des Choses qui ne produisent point l’effet attendu ou désiré. Tous ses projets s’en sont allés en fumée.
Fig. et fam., Il vend de la fumée, c’est un vendeur de fumée se dit de Celui qui n’a qu’un crédit apparent, dont il fait parade pour en tirer quelque utilité, quelque avantage, ou encore de Celui qui fait, toujours pour en tirer profit, des promesses qu’il sait irréalisables.
Il se dit également de la Vapeur qui s’exhale des liquides bouillants, des mets très chauds. La fumée du potage. Par extension, La fumée d’un plat.
Fig. et pop., Manger son pain à la fumée du rôt, être témoin, spectateur d’un divertissement, d’un plaisir auquel on ne peut avoir part.
Il se dit aussi des Vapeurs qui s’exhalent des corps ou des lieux humides. Il se leva une fumée de la rivière, des marécages. La fumée des vêtements qui sèchent devant le feu.
Il se dit, au figuré, des Choses vaines, frivoles, périssables, ou que l’on regarde comme telles. Cette fumée qu’on nomme la gloire. Toutes les choses du monde ne sont que fumée.
Se repaître, s’enivrer de fumée, Se repaître de vaines espérances ou de vains honneurs, d’une vaine gloire, etc.
Au pluriel, il se dit de l’Effet produit par l’ingestion des liqueurs spiritueuses, parce qu’on l’attribuait autrefois à des vapeurs qui montent de l’estomac ou des entrailles au cerveau. Les fumées du vin montent au cerveau. Abattre, dissiper les fumées du vin. On dit dans un sens analogue Les fumées noires qui lui troublent le cerveau.
Fig., Les fumées de l’orgueil, de l’ambition, etc., Les mouvements d’orgueil, les désirs ambitieux, etc.
Au pluriel, il est employé par extension, en termes de Chasse, pour désigner la Fiente des cerfs et des autres bêtes fauves, qui varie suivant l’âge, le sexe de l’animal.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- fumées — pluriel — /fyme/
- fumée — singulier — /fyme/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fumée#28633.