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frais

frais

adjectif · /fʁɛ/

Usage : fréquent (79 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui est légèrement froid, d'une température modérément basse.

    Le soir, l'air devient frais près de la rivière.

    « Du reste, déjeunons, messieurs, et buvons frais »Boileau (1636-1711)

    « Pour respirer le frais, on retourne au même lieu »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. Se dit d'un aliment récemment produit ou récolté, ni conservé ni transformé.

    Ce marché vend des légumes frais tous les matins.

  3. Qui est récent, qui vient d'être fait ou de se produire.

    Les traces de pas sont encore fraîches dans la neige.

    Synonyme : récent.

    « Je vais vous citer un exemple qui est encore tout frais à ma mémoire.... »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)

    « C'est en vain qu'à travers des bois, avec sa cavalerie toute fraîche, Bek précipite sa marche pour tomber sur nos soldats épuisés »Bossuet (1627-1704)

  4. Qui a un aspect reposé, sain et plein de vitalité.

    Elle a le teint frais après une bonne nuit de repos.

    « Sa bouche est fraîche épanouie, Ses cheveux sont blonds et flottants »Béranger (1780-1857)

    « Vous êtes fraîche, et moi je ne suis pas très vieux »Collin d'Harleville (1755-1806)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : à la fraîche · bouffée d'air frais · de fraîche date · frais comme un gardon · frais et dispos · vivre d'amour et d'eau fraîche

Grammaire et formes (5)
  • frais : masculin · /fʁɛ/
  • fraiches : pluriel féminin
  • fraîches : pluriel féminin · /fʁɛʃə/
  • fraiche : singulier féminin
  • fraîche : singulier féminin · /fʁɛʃə/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 17 sens

adj.

  1. Qui est d'une température intermédiaire entre le chaud et le froid. Un vent frais. Une cave fraîche. Un frais ruisseau. Avoir les mains fraîches. Terme d'agriculture. Terre fraîche, terre qui, à 33 centimètres de profondeur, retient habituellement 0,15 ou 0,20 d'eau. Ce cheval a la bouche fraîche, il l'a humide et écumeuse. Il se prend aussi pour très rapproché du froid. Des matinées fraîches. Une robe, un habit frais, robe, habit qui ne tient pas chaud. Les vêtements de coutil sont frais.

    Il me faut du repos, des prés et des forêts ; Laisse-moi donc ici sous leurs ombrages frais Attendre que septembre ait ramené l'automneBoileau (1636-1711)

    Ces feuilles où tremblent des larmes, Ces fraîches haleines des bois, ô nature, avaient trop de charmes Pour n'avoir pas aussi leur voixLamartine (1790-1869)

  2. Terme de marine. Vent frais, vent assez fort, qui est favorable à la navigation. Une brise fraîche. Substantivement, on dit joli frais, bon frais, grand frais. Les marins désignent les degrés de force du vent en faisant précéder frais des épithètes suivantes : très petit, petit, joli, bon et grand. Il vente petit frais, joli frais, grand frais.

  3. Nouvellement fait, produit. Les traces en sont encore toutes fraîches. Une plaie encore fraîche. Fig. La plaie est encore fraîche, toute fraîche, se dit d'une vive affliction que le temps n'a pas encore adoucie. Qui n'est pas encore séché. Cela vient d'être écrit, l'encre est encore fraîche. Qui a les qualités de ce qui est récent. Des figues fraîches. De la marée fraîche. Donner de l'herbe fraîche aux vaches. Du poisson frais. Pain frais, se dit, par opposition à pain rassis, du pain conservant encore la mollesse qu'il a en sortant du four dans la mie, et, dans la croûte, la dureté cassante. Noix fraîches, des noix qui ne sont pas séchées.

    Écriture fraîcheRotrou (1609-1650)

    Et s'en allait avec tous ses attraits Vendre au marché du beurre et des œufs fraisVoltaire (1694-1778)

  4. Se dit aussi de ce qui n'est ni salé ni fumé. Du porc frais. Des harengs frais. Du beurre frais. Autant de frais que de salé, se dit à quelqu'un pour lui signifier qu'il n'aura ni de l'un ni de l'autre.

  5. Qui est de date récente. Lettres, nouvelles fraîches. Avoir le souvenir frais, la mémoire fraîche, l'idée fraîche de quelque chose, en avoir un souvenir très présent. On dit de même : La mémoire en est fraîche. De fraîche mémoire, tout récemment. Être frais de quelque chose, en avoir la mémoire récente. Je suis tout frais de cette lecture. Il est encore tout frais du collége, il ne fait que d'en sortir.

    Il faudra donc attendre, et le mieux pour cette heure Est d'aller au village où son père demeure, Afin de l'avertir qu'il la suive de près, Cependant que le mal est encore tout fraisRacan (1589-1670)

    L'on voit parmi nous tant de gens parer une roture encore toute fraîche d'un nom illustreMassillon (1663-1742)

  6. De l'argent frais, de l'argent nouvellement reçu.

    J'aurais pour le succès assez bonne espérance, Si de quelque argent frais nous avions le secoursRegnard (1655-1709)

    Les mêmes amis qui l'avaient abandonné dans sa misère, ne surent pas plus tôt qu'il avait de l'argent frais qu'ils revinrent à la chargeLesage (1668-1747)

  7. Qui n'a souffert aucune altération par l'effet du temps. Cette sole est encore très fraîche.

  8. Qui a conservé l'éclat que donne l'état frais, récent, qui ne s'est point flétri. Des plantes fraîches. Mettre des fleurs dans de l'eau pour les tenir fraîches. Ces roses sont encore très fraîches. Fig.

    Ce sont ces âmes que Dieu chérit, ces âmes toujours fraîches et toujours nouvelles, qui gardent inviolablement leur première fidélité....Bossuet (1627-1704)

  9. Fig. Il se dit dans le même sens de ce que l'on compare au lustre des fleurs, des plantes. Cette jeune personne est fraîche comme une rose. Des étoffes fraîches. Elle avait un costume très frais. En peinture. Coloris frais.

    Le front assez ouvert, l'œil perçant, le teint fraisPierre Corneille (1606-1684)

    Vous êtes fraîche, et moi je ne suis pas très vieuxCollin d'Harleville (1755-1806)

  10. Qui a un certain air de jeunesse et de vigueur. Ce vieillard est encore très frais.

    Y a-t-il homme de trente ans qui paraisse plus frais et plus vigoureux que vous me voyez ?Molière (1622-1673)

  11. Qui n'est pas fatigué ou qui n'est plus fatigué. Troupes fraîches, troupes qui ne sont point encore fatiguées, qui n'ont point encore donné.

    Il aura le temps de se reposer à Philippe-ville, et son équipage ; et il sera tout frais quand il s'agira de marcherMme de Sévigné (1626-1696)

    Dès qu'il eut gagné Bapaume, il prit des chevaux fraisAntoine Hamilton (1646-1720)

  12. Ironiquement et familièrement. Qui est dans un grand embarras, dans une situation fâcheuse. Vous avez perdu tout votre argent au jeu, vous voilà frais ! Qui est gâté, abîmé, en parlant des choses. Où vous êtes-vous fourré ? votre habit est frais !

  13. S. m. Le frais, air frais, température fraîche. Le frais pénétrant du soir. Par plaisanterie. Mettre quelqu'un au frais, le mettre en prison.

    Souvent votre Médée y vient prendre le frais, Et pour y mieux rêver s'échappe du palaisPierre Corneille (1606-1684)

    Séjour du frais, véritable patrie Des zéphyrs...La Fontaine (1621-1695)

  14. Frais, adv. Il fait frais. Boire frais, boire d'un vin frais.

    Du reste, déjeunons, messieurs, et buvons fraisBoileau (1636-1711)

    À verser frais m'invitant, Un vieil ami de la table Me tend son verre en chantantBéranger (1780-1857)

  15. Frais, construit avec un participe, signifie tout nouvellement ; et, bien qu'il soit adverbe, l'oreille a exigé, contre la grammaire, qu'il s'accordât avec son substantif en genre et en nombre ; tout pris adverbialement offre un cas semblable : toute belle qu'elle est. Ils sont frais débarqués de leur village. Une maison toute fraîche bâtie. Une rose fraîche cueillie. Des roses fraîches cueillies.

    Si frais battu, messieurs, est-il juste qu'on meure ?Scarron (1610-1660)

    Monsieur est frais émoulu du collégeMolière (1622-1673)

  16. De frais, tout récemment. Un homme rasé de frais, homme qui vient de faire sa barbe.

  17. Dans le langage populaire. À la fraîche, au moment de la journée où il fait frais. Cette locution est faite comme : à la brune. À la fraîche, qui veut boire ? cri des marchands de rafraîchissements en plein air (à la fraîche, c'est-à-dire à la boisson fraîche).

Étymologie : Bourguig. frai, frais, froche, fraîche ; wallon, frèhe, humide ; nam. frèche ; Hainaut, fraiche ; provenç. fresc ; espagn. portug. et ital. fresco ; de l'anc. h. allem. frisc ; allem. mod. frisch ; anglo-sax. fresc ; angl. fresh, qu'on rattache au radical sanscrit prish, mouiller, pleuvoir. L's constante dans frais, et sch au féminin écartent tout rapprochement avec le latin frigus, froid.

Historique : XIe s. [Ils] Livrent lur [aux chevaux] prés, assez i a fresche herbe XIIe s. [Le cheval] Reprend s'alaine, tost est revigorez ; Li cuens Guillaumes senti frès son cheval Mais son clair vis et sa fresche bouchete Quant je regart vostre fresche color, Et vo douz front.... Et vis [visage] riant, fresche beauté veraie [vraie] Touz jours m'est plus s'amours fresche et nouvele XIIIe s. Les poissons frès à blanche aillie, Fabliaux Seigneur, vos veés bien coment il nos est, et vos et vostre cheval estes tuit frais et tuit reposé Et l'autre lui retrempe de fresche eaue en son vin [lui verse de l'eau fr…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 20 sens

adj.

  1. Qui est médiocrement froid, plus froid que chaud, et propre à tempérer une trop grande chaleur. Un vent frais. Une matinée fraîche. Nuit fraîche. Temps frais.

  2. Il fait un petit air frais. Eau fraîche. Boire du vin frais, ou, adverbialement, Boire frais. Avoir les mains fraîches. Cette cave est très fraîche. Ombrage frais.

  3. Il signifie aussi Qui est froid. Au printemps les matinées sont encore fraîches.

  4. Des vêtements frais, Des vêtements qui ne tiennent pas chaud. Les vêtements de coutil sont frais.

  5. En termes de Marine, Vent frais, Vent médiocrement fort et bon pour faire route. Nous partîmes par un vent frais. On dit de même Une brise fraîche. On exprime aussi les différentes forces du vent en ajoutant à Frais une épithète qui les distingue : Il vente beau frais, bon frais, grand frais, etc.

  6. FRAIS se dit aussi de Ce qui est nouvellement produit, nouvellement cueilli, tué, pêché, etc. Du pain, des oeufs, du beurre frais. De l’herbe fraîche. De la viande fraîche. Du poisson frais.

  7. Il signifie aussi Qui n’a point été salé, fumé, séché, etc. Du saumon frais. De la morue fraîche. Du porc frais. Des harengs frais. Des figues, des amandes fraîches.

  8. Il signifie encore Qui est récent, qui vient d’arriver. De fraîche date. Des nouvelles fraîches. Pendant que j’en ai la mémoire fraîche.

  9. Fig., La plaie est encore fraîche, toute fraîche, L’affliction est encore toute récente.

  10. Fig., être frais de quelque chose, En avoir la mémoire récente. Je suis tout frais de cette lecture. Il était encore tout frais de ses leçons, de ses exercices, de sa philosophie. On dit à peu près de même Il est encore tout frais du collège, Il ne fait que d’en sortir.

  11. Il se dit figurément de Ce qui n’est point fané, usé, altéré. Cette toilette est restée fraîche. Cette cave conserve le beurre frais.

  12. Il signifie en outre Qui a de l’éclat, du lustre, etc., et se dit des Fleurs, du teint, des couleurs, des étoffes, etc. Cette jeune fille est fraîche comme une rose. Une bouche fraîche. Des lèvres fraîches. Un teint frais. Une toilette fraîche et printanière. En termes de Peinture, Coloris frais.

  13. être frais, en parlant des Personnes, signifie Avoir bon visage, avoir un air de vigueur, de santé. être frais et gaillard. Ce vieillard est encore très frais. Je ne vous ai jamais vu si frais. On le dit aussi, figurément, populairement et par moquerie, de Quelqu’un à qui il est arrivé un accident, ou qui en est menacé. Après ce qui vient de se passer, je suis frais! Vous avez perdu tout votre argent au jeu; vous voilà frais.

  14. Il signifie aussi Qui est délassé, qui a recouvré ses forces par le repos. Il est frais et reposé. Frais et dispos. Nous prîmes des chevaux frais.

  15. Troupes fraîches, Troupes qui ne sont point fatiguées, qui n’ont point encore donné.

  16. Il s’emploie aussi comme nom et se dit d’un Froid modéré. Goûter l’ombre et le frais. Voyager au frais. Se tenir au frais. Prendre le frais. Mettre du vin au frais. Il commence à faire frais. Il fait frais.

  17. Par abréviation, à la fraîche. Partir, voyager à la fraîche, Au moment où la température fraîchit.

  18. FRAIS s’emploie aussi adverbialement pour signifier Nouvellement, récemment. Appartement tout frais décoré. Du beurre frais battu. Il est tout frais émoulu de ses études.

  19. Bien qu’employé adverbialement, FRAIS prend la forme du féminin, par attraction avec le participe passé qui le suit. Maison toute fraîche faite. Une fleur fraîche éclose. Des roses fraîches cueillies.

  20. DE FRAIS, loc. adv. Tout récemment. Rasé de frais.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée frais#28172.

frais

nom, masculin · /fʁɛ/

Usage : fréquent (30 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Somme d'argent dépensée pour la réalisation ou l'entretien de quelque chose.

    Les frais de réparation de la toiture dépassent mille euros.

    Synonymes : dépense, coût.

    « J'achète à peu de frais de solides plaisirs »Boileau (1636-1711)

    « Embellir à peu de frais une partie de la ville »Fénelon (1651-1715)

  2. Droit. Dépenses liées à une procédure administrative ou judiciaire.

    Le tribunal a condamné le perdant à payer les frais de justice.

    « Il faut la retenir et tout ce qu'elle enserre Comme un gage assuré des frais de cette guerre »Pierre Du Ryer (1605-1658)

  3. Faire les frais de quelque chose : en subir personnellement les conséquences négatives.

    Ce sont encore les enfants qui ont fait les frais de la dispute.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Voir aussi : forme féminine fraîche

Expressions : arrêter les frais · aux frais de la princesse · faire les frais de quelque chose · rentrer dans ses frais · se mettre en frais

Grammaire et formes (1)
  • frais : pluriel · /fʁɛ/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 4 sens

s. m. plur.

  1. Argent qu'on emploie à quelque chose ; ce que coûte une chose. Frais de bureau. Frais de premier établissement. Retirer ses frais d'une opération, en retirer autant d'argent qu'elle en a coûté. Être de grands frais, coûter beaucoup à nourrir, à entretenir, occasionner de grandes dépenses. À peu de frais, sans dépenser beaucoup d'argent. Fig. Sans embarras, sans peine. Il avait acquis de la réputation à peu de frais. À moins de frais, en dépensant moins d'argent. Fig. Avec moins de peine. Il a conquis sa réputation à moins de frais. À moitié de frais, ou, elliptiquement, à moitié frais, c'est-à-dire que, de deux personnes, chacune payera la moitié de la dépense. À frais communs, en payant chacun notre part d'argent. Fig. Constituer quelqu'un en frais, être cause qu'il fait des frais, qu'il dépense de l'argent. Faire les frais d'une chose, fournir l'argent qu'elle exige. Fig. et familièrement. Faire les frais de quelque chose, fournir la matière principale de quelque chose, contribuer le plus à quelque chose. Fig. En un autre sens. Faire les frais, faire les premiers frais, faire les avances, solliciter le premier. Absolument. Faire des frais pour quelqu'un, lui faire des avances. Tous frais faits, après que toutes les dépenses ont été soldées. Se mettre en frais, faire, à quelque occasion, plus de dépense que de coutume. Ironiquement. Dépenser, donner, offrir moins qu'on ne devrait. Fig. Faire des efforts pour réussir, pour plaire. Se mettre en frais d'amabilité, de prévenances, de toilette, etc. Fig. En être pour ses frais, ne pas obtenir ce pour quoi on avait fait des avances, des démarches. Sur nouveaux frais, en considérant tout ce qu'on avait fait comme nul, de nouveau, derechef. Dans le langage des ouvriers, faire des frais, causer un dégât. Un ouvrier qui pose une glace dit : Prenons garde de faire des frais, c'est-à-dire de casser la glace.

    Il faut la retenir et tout ce qu'elle enserre Comme un gage assuré des frais de cette guerrePierre Du Ryer (1605-1658)

    Pour subvenir aux frais de l'entrepriseLa Fontaine (1621-1695)

  2. Terme de pratique. Déboursés et émoluments accordés par tarifs aux officiers ministériels. Condamner aux frais. Frais et mises d'exécution, frais qu'un créancier est obligé de faire pour mettre à exécution son titre. Frais et loyaux coûts, frais faits pour la passation d'un acte et pour les suites légitimes. Faux frais, dépenses qui n'entrent pas en taxe. Dans le langage général, faux frais, toutes les menues dépenses qui accompagnent une dépense principale. Votre voyage vous coûtera six cents francs, sans compter les faux frais.

    Voilà en avance une bourse de mille louis pour les faux frais de vos nocesD'ALLAINVAL

  3. Se dit, à certains jeux, tels que le billard, la paume, etc. de la dépense qu'on y fait. Jouer les frais. J'ai perdu les frais.

  4. Frais de passe, se dit, au creps, d'une certaine somme que le joueur qui passe plusieurs coups doit payer au marqueur.

Étymologie : On le tire du bas-latin fredum, qui, signifiant amende pour avoir troublé la paix, a pu prendre le sens général de déboursés, et qui vient de l'ancien haut allemand fridu, la paix ; anglo-sax. frith ; danois, fred. Fredum a pu très bien donner au régime singulier frait ; mais on trouve dans du Cange fractus, fractum, avec le sens de dépenses, qui, lui aussi, donnerait frait, comme fracta avait donné fraite, brèche ; en ce sens le frait est le dommage, et devient, par une transition naturelle, la dépense destinée à le réparer. Ce qui décide la question en faveur de fractum, c'est que le sens en

Historique : XIIIe s. En ceste maniere se pot il metre hors de le [la] compaignie et des fres de la commune Après doit estre fete le [la] somme des despenses et de toutes manieres de fres, et de paiemens.... Et ensi quort [court] tous li fres sor le commun des povres XIVe s. Qui tort voelt faire autrui, tous les frais paier doit Tout fut en frait et despense du roy As siergans, pour frait qu'il eurent adonc pour leur sielles rapparillier et pour leur brides S'ensuivent li frait que li ville a eus.... Car ly dus Assellins et Fedry, qui est lais, Pensoient tout adès traysons en leur fais ; Mais en le [la] fi…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens

n. m. pl.

  1. Ensemble des sommes déboursées pour la mise en train ou le développement d’une entreprise, pour l’acquisition, l’entretien ou l’exécution d’une chose. Menus frais. Les frais de la guerre. Les frais d’un voyage. Frais de transport. Frais de premier établissement. Frais de bureau. Frais d’impression. Faire les frais. Faire des frais. Il en sera pour ses frais. Tous frais faits. à frais communs. à moitié frais. à grands frais. à peu de frais. Sans frais. Sans faire de frais. Frais ordinaires et extraordinaires. Faux frais, Dépenses accidentelles, accessoires, faites dans une affaire, en sus de la dépense principale.

  2. Il se dit spécialement, en termes de Procédure, des Dépens occasionnés par une affaire de justice. Les frais d’un procès. Les frais rabattus et déduits. à ses frais et dépens. Condamner aux frais. Frais qui ne viennent point en taxe.

  3. Retirer ses frais d’une opération, En retirer autant d’argent qu’elle a coûté.

  4. Faire ses frais, se dit familièrement pour Retirer ses frais, et aussi pour être dédommagé de la peine qu’une chose nous a coûtée.

  5. Fam., Se mettre en frais, Faire en quelque occasion de la dépense plus que de coutume. Il signifie figurément Faire des efforts pour réussir dans quelque entreprise, ou pour plaire en société, dans la conversation, etc. On dit, dans le même sens, Se mettre en frais pour quelqu’un, faire des frais pour quelqu’un, Lui faire des avances, lui faire honneur, s’efforcer de lui plaire.

  6. Fig. et fam., Recommencer sur nouveaux frais, Recommencer un ouvrage, un travail, comme si rien n’en avait été fait, ou Faire de nouveau quelque chose avec plus d’ardeur que la première fois, après s’être reposé, après avoir pris de nouvelles forces.

  7. Fig. et fam., à peu de frais, Sans beaucoup de peine, de travaux, de soins, etc. Il avait acquis de la réputation, de la gloire à peu de frais. On dit aussi à moins de frais, Avec moins de peine, etc. Il est devenu célèbre à moins de frais.

  8. Fig. et fam., Faire les frais de quelque chose, Fournir la matière ou le fond de quelque chose, contribuer le plus à quelque chose. Il se dit surtout en parlant des Ouvrages de l’esprit, de la conversation, etc. Il se garde bien de citer l’auteur qui a fait presque tous les frais de son érudition. Je me vis obligé de faire les frais, tous les frais de la conversation. Faire les frais de la conversation signifie aussi être la matière, le sujet de la conversation.

  9. Fig. et fam., Faire les frais, les premiers frais, Faire les avances. Dans cette liaison, il fit les premiers frais.

  10. En être pour ses frais, Perdre ses avances d’argent et, figurément, Ne pas obtenir l’objet de ses démarches.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée frais#28171.

frais

adverbe

Usage : peu fréquent (0.27 occurrences par million, Lexique 3.83).

Grammaire et formes (1)
  • frais : forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée frais#101199.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.