dépensé · dépense

dépensé

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. De l'argent follement dépensé. Fig. Jeunesse dépensée dans les plaisirs. Journée gagnée, journée dépensée, se dit de ceux qui n'épargnent rien, qui dépensent l'argent à mesure qu'ils le gagnent.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • dépensées — pluriel féminin
  • dépensés — pluriel masculin
  • dépensée — singulier féminin
  • dépensé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dépensé#101761.

dépense

nom, féminin, /dɛpɑ̃sə/ ou /depɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Argent employé à toutes choses, privées ou publiques, qu'on se procure, qu'on fait ou fait faire. Dépense sourde, dépense secrète et qui ne paraît pas. Cet homme se ruine en dépenses sourdes. Dépenses secrètes d'un gouvernement, s'est dit quelquefois comme fonds secrets. Faire de la dépense, dépenser de l'argent. Se mettre en dépense, faire une dépense qui n'est pas ordinaire. Fig. Mettre quelqu'un en dépense, être pour lui cause de dépenses. Faire la dépense, être chargé du détail des frais. Forcer la dépense, les dépenses, augmenter la dépense, ou l'évaluer, la compter plus grande qu'elle n'est. En termes de jurisprudence, dépenses nécessaires, celles qui sont faites par celui qui n'est pas propriétaire d'une chose, pour la conserver ; utiles, pour l'améliorer ; voluptuaires, de pur agrément.

    Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité — Malherbe (1555-1628)

    L'aumône ne se fait pas sans dépense, mais le profit surpasse la perte — François de Maucroix (1619-1708)

  2. Compte où se trouve relatée chaque somme déboursée. Porter en dépense. Chapitre de dépense. La dépense se monte chaque mois à tant. Terme de ménage. Écrire la dépense, écrire chaque jour ce qui a été dépensé dans la journée.

    Nos pères comptaient en toutes choses avec eux-mêmes : leur dépense était proportionnée à leur recette — La Bruyère (1645-1696)

    Qu'une autre écrive la dépense.... Je veux que mon maître de danse... — Béranger (1780-1857)

  3. Fig. Emploi d'une chose quelconque. En cet emploi, dépense se dit quelquefois avec une nuance d'ironie et comme pour signifier que la dépense ne servira à rien. Il a fait une grande dépense d'érudition, d'esprit.

    Il avait coutume de dire.... que la plus forte dépense que l'on puisse faire est celle du temps — La Bruyère (1645-1696)

  4. Dans un château, dans une maison royale, dans une communauté, lieu où l'on reçoit et où l'on distribue les objets en nature. Dans les maisons particulières, lieu où l'on serre les provisions et différents objets destinés à la table. Dans les vaisseaux, lieu où l'on distribue les vivres, aujourd'hui cambuse.

    Ces pommes étaient au fond d'une dépense — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  5. Terme d'hydraulique. Quartité de liquide fournie, dans un temps donné, par un orifice d'écoulement. Le gain n'en vaut pas la dépense, c'est-à-dire la chose coûte plus qu'elle ne rapporte.

Étymologie : Provenç. despensa, despessa ; portug. despesa, despeza ; ital. dispensa ; du supin depensum, de dependere, dépenser (voy. DÉPENDRE 3).

Historique : XIIIe s. Li philosophe apeloient l'estomac despense du cors ; car ausi com vous veés que de le [la] despense de l'ostel sont aministré li norrissement à ciaus [ceux] de l'ostel.... Ses cors meïsmes ira avec vous en la terre d'outre mer, ou envoiera, se vos cuidiés que ce soit miels [mieux], à tous dis mil homes de sa despense [à ses frais] Renart l'a moult bien esgardée ; Com il la vit et si s'apense Que il en fera sa despense Foulz est qui contre mort cuide trover deffense ; Des biaux, des fors, des sages fait la mort sa despanse ; La mors mort Absalon et Salomon et Sance [Samson] Au chief du…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. L’argent qu’on emploie à quelque chose que ce puisse être. De folles dépenses. Inscrire ses dépenses sur son livre de comptes. Dépense réglée. Dépense de table. Sa dépense excède ses revenus. Fournir à la dépense. Ne pas regarder à la dépense.

  2. Faire de la dépense, Faire beaucoup de dépense.

  3. Se mettre en dépense, Faire une dépense qui n’est pas ordinaire.

  4. Faire la dépense, être chargé du détail de ce qui se dépense dans un ménage, dans une maison.

  5. Il se dit, par extension, d’un Compte où se trouve porté ce qui a été dépensé, déboursé. La dépense se monte à tant. Passer en dépense. Porter une somme, un article en dépense. Chapitre de dépense. La dépense excède la recette. Livre de dépense.

  6. Il se dit figurément de l’Emploi que l’on fait de son temps, de ses efforts pour obtenir quelque chose. Dépense physique. Une grande dépense de forces. On dit, par extension, Une dépense de munitions, de charbon, d’essence, etc. Il a fait inutilement une grande dépense d’esprit, d’érudition.

  7. Il se dit en outre, dans une communauté, dans un internat scolaire, du Lieu où l’on reçoit et où l’on distribue les objets en nature, où se fait le paiement des gens de service et des fournisseurs, etc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • dépenses — pluriel — /depɑ̃sə/ ou /dɛpɑ̃sə/
  • dépense — singulier — /depɑ̃sə/ ou /dɛpɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dépense#23395.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.