flamme
nom, féminin · /flamə/
Usage : fréquent (49 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Partie visible et lumineuse qui s'élève d'une matière en combustion.
La flamme de la bougie vacillait dans le courant d'air.
« Flamme errante et volage, qui ne prend pas à sa matière, mais qui court légèrement par-dessus, et que le moindre souffle éteint tellement que tout s'en perd en un instant »Bossuet (1627-1704)
« Ulysse a porté le fer et la flamme au milieu des Troyens »Fénelon (1651-1715)
Littéraire. Sentiment amoureux intense, passion pour une personne.
Il n'avait jamais oublié la flamme de sa jeunesse.
Synonyme : passion.
« L'un peut tracer en vers une amoureuse flamme »Boileau (1636-1711)
« Et je l'ai surpris, là, qui faisait à madame L'injurieux aveu d'une coupable flamme »Molière (1622-1673)
Ardeur profonde, enthousiasme mis dans une action ou une cause.
Elle défend ses idées avec flamme devant l'assemblée.
Synonyme : ardeur.
« Et bien que mon sang fût glacé, Mes propos n'étaient que de flamme »Mathurin Régnier (1573-1613)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : déclarer sa flamme · descendre en flammes · entretenir la flamme · ranimer la flamme · retour de flamme · vieille flamme
Grammaire et formes (2)
- flammes : pluriel · /flamə/
- flamme : singulier · /flamə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 8 sens
s. f.
Auréole lumineuse et diversement colorée qui s'élève à la surface des corps qu'on brûle, et qui résulte de la combustion des gaz produits par la décomposition de ces corps. La flamme du foyer. Ce feu ne fait point de flamme. Volcan qui jette des flammes. Flamme du Bengale, sorte d'artifice qui lance une lumière colorée de diverses couleurs, dont elle teint les objets qu'elle éclaire. Livrer aux flammes, détruire par l'incendie et aussi faire périr sur le bûcher. Porter le fer et la flamme en un pays, y tuer les gens et y brûler les demeures. Fig. Mettre un pays en flamme, y porter la guerre ou la discorde. Il ne voit ni feu ni flamme, se dit d'un homme resserré dans une étroite prison. Fig. Ce qui dévore l'âme.
Flamme errante et volage, qui ne prend pas à sa matière, mais qui court légèrement par-dessus, et que le moindre souffle éteint tellement que tout s'en perd en un instantBossuet (1627-1704)
Embraser nos vaisseaux, Et la flamme à la main les suivre sur les eauxJean Racine (1639-1699)
Les flammes éternelles, les flammes de l'enfer, les tourments des damnés. Les flammes du purgatoire, les souffrances de ceux qui sont dans le purgatoire.
Fig. Passion, ardeur. Être de flamme pour, être épris de.... Jeter feu et flamme contre quelqu'un, être fort irrité contre quelqu'un et l'exprimer avec une extrême violence.
Et bien que mon sang fût glacé, Mes propos n'étaient que de flammeMathurin Régnier (1573-1613)
Les discours qui tendent à allumer de telles flammesBossuet (1627-1704)
En particulier. La passion de l'amour. Au plur.
Et je l'ai surpris, là, qui faisait à madame L'injurieux aveu d'une coupable flammeMolière (1622-1673)
Une flamme mal éteinte est facile à ranimerMme de Sévigné (1626-1696)
Terme de marine. Bande d'étoffe plus ou moins large et longue, aujourd'hui généralement pointue par un bout, autrefois fendue à son extrémité flottante, et terminée par une double langue, qu'on met, pour parer le vaisseau, au grand mât et aux vergues.
Sur ce que vous m'écrivez concernant le pavillon de vice-amiral, je dois vous dire que M. le duc de Vivonne, qui va commander dans la Méditerranée les vaisseaux que S. M. a fait armer à Toulon, ne portera qu'une flamme ; ainsi le roi veut que vous en fassiez de même, sauf à porter le pavillon de vice-amiral lorsque vous entrerez dans les ports de l'obéissance de S. M.SEIGNELAY
Morceau d'or en forme de flamme, émaillé en rouge, qu'on met sur les bagues. Ornement en forme de flamme qui termine des vases, des candélabres, etc. Terme de blason. Meuble dont la partie inférieure est arrondie, et la partie supérieure terminée en trois pointes ondoyantes.
Éclat, brillant. La flamme de l'émeraude.
Défaut du drap qui n'a pas également trempé dans l'eau du dégraissage.
Étymologie : Provenç. flama ; espagn. flama ; portug. flamma ; ital. fiamma ; du lat. flamma, qui est pour flagma, de flagrare, et qui tient au grec φλέγειν, brûler, φλὸξ, flamme ; radical sanscrit bhraj, brûler, briller.
Historique : XIIe s. Vraiement tost font flamme XVIe s. Mes envieux en gectent feu et flamme, Et par despit chacun d'eux me diffame La flamme d'une emotion fiebvreuse
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 2 sens
s. f.
Sorte de lancette pour saigner les chevaux.
Sorte de ciseau pour diviser les blocs d'ardoise.
Étymologie : Wallon, flime ; provenç. flecme ; esp. fleme ; piém. fiama ; holland. vlym ; angl. fleam ; anc. haut all. fliedimâ ; du lat. phlebotomus, lancette (voy. PHLÉBOTOMIE).
Historique : XIVe s. Lanceola cum qua vena aperitur, gallice flieme
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 9 sens
n. f.
Lumière ascendante et mobile qui se dégage d’une matière qui brûle. Ce feu ne fait point de flamme. Un corps qui brûle sans donner de flamme. Passer quelque chose par la flamme. La flamme tend toujours à s’élever. Il fut dévoré par les flammes. Il fut livré aux flammes. Tout a été la proie des flammes. La maison était toute en flammes. Un volcan qui jette des flammes.
Les flammes éternelles, les flammes de l’enfer, Les tourments des damnés. Les flammes du purgatoire, Les souffrances des âmes qui sont dans le purgatoire.
Jeter feu et flamme. être tout feu, tout flamme. Voyez
FEU.
Il se dit figurément d’un Sentiment, d’une nature, d’un talent où il y a de la chaleur et de la générosité. Ce jeune homme a de la flamme. Cet orateur a de la flamme. Discours plein de flamme.
Quelquefois, en Poésie, il est synonyme d’Amour. Une amoureuse flamme. Brûler d’une flamme secrète.
En termes de Marine, il se dit, par analogie d’une Banderole longue et étroite qui va en diminuant en pointe jusqu’à son extrémité, et qu’on attache aux mâts et aux vergues des navires. La flamme aux couleurs nationales ne peut être arborée que sur les vaisseaux de l’état : elle est le signe du commandement. Il y a des flammes de diverses couleurs, qui servent à faire des signaux.
Il se dit aussi, en termes militaires, d’une Bande d’étoffe longue et taillée en pointe qui flotte au sommet de la lance.
En termes d’Architecture, il se dit d’un Ornement en forme de flamme qui termine des vases, des candélabres.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée flamme#27501.