cru · crû

cru

adjectif, /kʁy/

Définitions

  1. Qui n'a pas subi de cuisson.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Qui n'a encore reçu aucune préparation ou transformation.

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  3. Exprimé sans ménagement, d'une manière directe et choquante.

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  4. À cru : à même la peau, ou sans selle pour monter à cheval.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) · 1873 (3 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873) — entrée 2

adj.

  1. Qui n'est point cuit. De la viande crue. Des fruits crus. Fig.

    Préparer les viandes qu'auparavant ils dévoraient crues — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    La sagesse toute sèche et toute crue fait mal au cœur — Guez de Balzac (1597-1654)

  2. Qui est d'une digestion difficile. Le concombre est très cru.

  3. De l'eau crue, eau chargée de sels et qui ne peut dissoudre le savon ni cuire les légumes.

    L'eau que je buvois était un peu crue et difficile à passer, comme sont la plupart des eaux des montagnes — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  4. Qui n'a pas encore subi de préparation. Cuir cru. Soie crue. Métaux crus, ceux qui sont tels qu'ils sortent de la mine. Chanvre cru, chanvre qui n'a pas été trempé dans l'eau.

  5. Qui n'a pas encore subi une élaboration suffisante. Terme de médecine. Humeurs crues, matières crues, celles qui n'ont pas reçu le degré de coction nécessaire.

    Ces semences, tant qu'elles sont vertes et crues, demeurent attachées à l'arbre pour prendre leur maturité — Bossuet (1627-1704)

  6. Qui est à l'état de simple ébauche, en parlant des choses de l'esprit. Ce n'est encore là que sa pensée toute crue.

    Ronsard avait forcé notre langue par des inversions trop hardies et obscures ; c'était un langage cru et informe — Fénelon (1651-1715)

  7. Terme de peinture. Un ton cru, ton qui ne se fond pas avec les autres. Couleur crue, couleur trop tranchante. Lumière, ombre crue, se dit quand les grands clairs ne sont pas séparés des grands bruns par des gradations de nuances.

    Ce ne sont point les feuilles d'un vert cru qui font les admirables paysages — Chateaubriand (1768-1848)

  8. Choquant, dur, en parlant des expressions, du langage. Cela est bien cru. À cru, d'une façon crue. Peu décent, trop libre. Ils ont tenu devant elle des discours un peu trop crus.

    Je te vois accablé d'un chagrin si profond, Que j'excuse aisément ta réponse un peu crue — Pierre Corneille (1606-1684)

    Elle veut qu'en détours la chose s'enveloppe, Et ce mot dit à cru lui cause une syncope — Regnard (1655-1709)

  9. À cru, loc. adv. Sur la peau nue. Monter à cru, monter un cheval sans selle ni couverture. Terme d'architecture. Une construction porte à cru, quand elle repose sur le sol même, et non sur des fondements. Teindre sur le cru, ou teindre à demi-bain, mettre les soies à la teinture, sans qu'elles soient bien décreusées.

    Bottés à cru les gros milours [milords], Armés d'épieux, en habits courts — Scarron (1610-1660)

    Il prit les bottes qui étaient au pied du lit et les ayant chaussées à cru.... s'alla mettre auprès de l'Olive — Scarron (1610-1660)

Étymologie : Liégeois, crou ; namurois, cru, froid et humide en parlant du temps ; provenç. cru ; espagn. et ital. crudo ; du latin crudus.

Historique : XIIIe s. Riens qu'on peüst mangier [il] n'i ot ne cru ne cuit Et quanqu'il i aura de cuirier [cuir] cru es charretes XIVe s. Mais les autres plus impurs sont, Por ce que le vif argent ont Trop crud et leur soulphre terrestre Trop aduste.... XVe s. Au roy fut faicte la responce non point creue, mais la plus honneste qu'on l'eust peu entendre XVIe s. Son herbe tant verde et crude que conficte et preparée Ils trouvoient trop crud de dire qu'il n'estoit pas plus vraisemblable que la neige feust blanche que noire Ce fut aussi un estat nouveau quand la ligue formée monstra les cornes en desploiant s…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

part. passé

  1. À quoi on donne croyance. Une nouvelle crue légèrement. Les miroirs trop peu crus par celles qui les consultent.

    Quel plaisir d'aimer la religion, de la voir crue, soutenue, expliquée par de si beaux génies et par de si solides esprits ! — La Bruyère (1645-1696)

    Il resta encore à la piété de la troisième race [les Capétiens] assez de fondations à faire et de terres à donner ; les opinions répandues et crues dans ces temps-là auraient privé les laïques de tout leur bien, s'ils avaient été honnêtes gens — Montesquieu (1689-1755)

  2. À qui on donne croyance. Un sage ami cru trop tard. Les dieux crus par les païens.

  3. Regardé comme, tenu pour. Hercule cru fils de Jupiter.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui n’est point cuit. Viande crue. Chair crue. Pomme crue. Des fruits crus. Cela se mange à demi cru.

  2. Par extension, il signifie Qui est très indigeste. Ce fruit est bien cru pour l’estomac.

  3. Par analogie, Une eau crue, Qui ne cuit pas les légumes, qui ne dissout pas le savon.

  4. Il signifie aussi, en termes d’Arts, Qui n’a pas subi de préparation. Cuir cru. Chanvre cru. Métal cru, Celui qui est tel qu’il est sorti de la mine.

  5. Il s’emploie figurément en parlant des Choses fâcheuses, désagréables que l’on dit à quelqu’un sans garder aucun ménagement, sans prendre la peine de les adoucir. Une parole bien crue. Il lui a fait une réponse fort crue. Il lui annonça cette nouvelle toute crue.

  6. Il signifie également Qui est présenté sans atténuation, sans ménagement, qui est exprimé avec rudesse. Je lui ai dit la vérité toute crue.

  7. Il signifie aussi quelquefois Qui est libre, peu décent. Ils ont tenu devant elle des discours un peu trop crus.

  8. En termes de Peinture, Ton cru, Ton qui ne se marie pas, qui ne se fond pas avec le ton qui l’avoisine. Couleur crue, Couleur tranchante, trop entière. On dit aussi qu’Une lumière, qu’Une ombre est crue, lorsque les grands clairs ne sont pas séparés des grands bruns par des passages.

  9. à CRU.Loc. adv.

  10. En reposant sur la chose même. Monter un cheval à cru, Le monter sans selle. En termes d’Architecture, Porter à cru, Porter directement sur le sol, en parlant d’une Construction.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • crues — pluriel féminin — /kʁy/
  • crus — pluriel masculin — /kʁy/
  • crue — singulier féminin — /kʁy/
  • cru — singulier masculin — /kʁy/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cru#19264.

crû

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Les arbres crûs depuis mon départ. La rivière crue et menaçante empêchait le passage.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée CRÛ, CRUE.

cru

nom, masculin, /kʁy/

Voir aussi : forme féminine crue

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. La quantité dont une chose a crû, a pris croissance. Ces arbres ont bien poussé, voilà le cru de cette année.

  2. Production.

    On leur a défendu d'apporter d'autres marchandises que celles du cru de leur pays — Montesquieu (1689-1755)

    Son vin noir et grossier mais désaltérant et sain est du cru de sa vigne — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Terroir considéré comme ce qui fait croître les végétaux et leurs produits. Ce vin-là est d'un bon cru. Vin du cru, vin fait sur le lieu même où il est bu. Fig. Cet ouvrage est une compilation, l'auteur n'y a rien mis de son cru. Fig. Le vin de mon cru, le vin de son cru, les actions, les pensées, les paroles de quelqu'un.

    Après ce qui lui vient de son cru, rien ne lui paraît de meilleur goût que le gibier et les truffes que cet ami lui envoie — La Bruyère (1645-1696)

    Droit qui fut fixé à cinq pour cent sur toutes les marchandises des Indes et de la Chine, et à trois pour cent sur toutes celles du cru des îles de France et de Bourbon — Raynal (1713-1796)

  4. Terme de chasse. Milieu d'un buisson, dit plus communément creux, où la perdrix se retire quelquefois pour éviter la poursuite des chiens.

Étymologie : Crû, participe de croître.

Historique : XVIe s. Est dit vin du cru de la ditte ville tout vin qui croist dedans les limittes du ruisseau de Saint Jouandeau.... Je sçais très bien sentir, à mesurer ma portée, que mon terroir n'est aulcunement capable d'aulcunes fleurs trop riches que j'y treuve semées et que touts les fruicts de mon creu ne les sçauroient payer

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Ce qui croît, ce qui a crû dans une terre et lui est spécial. Il se dit particulièrement du Vin. Les crus du Bordelais, de Bourgogne. Les nombreux crus de France. Du vin de mon cru. Ce vin-là est d’un bon cru.

  2. Vin du cru, Vin fait avec le raisin recueilli dans l’endroit même où on le consomme. Nous voulûmes goûter le vin du cru. C’est un vin du cru.

  3. Bouilleur de cru. Voyez

  4. BOUILLEUR.

  5. Il se dit quelquefois, figurément et familièrement, en parlant des Choses qu’on imagine, qu’on invente, par opposition à celles qu’on tient ou qu’on emprunte d’un autre. Cette histoire est de votre cru. Cet ouvrage est une compilation, l’auteur n’y a rien mis de son cru. C’est un auteur sans originalité et qui ne peut rien tirer de son cru.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • crus — pluriel — /kʁy/
  • cru — singulier — /kʁy/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cru#19263.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.