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conseil

conseil

nom, féminin · /kɔ̃sɛj/

Usage : fréquent (86 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Avis donné à quelqu'un sur la conduite qu'il convient de tenir.

    Elle m'a donné un bon conseil avant l'entretien.

    Synonymes : avis, recommandation.

    « Plein d'expédients et de conseils dans la mauvaise fortune »Antoine Hamilton (1646-1720)

    « Aux autres elles [les retraites] sont de conseil ; mais à ceux-ci elles sont très souvent d'obligation, parce qu'elles leur deviennent un moyen unique pour se sauver »Bourdaloue (1632-1704)

  2. Assemblée de personnes chargée de délibérer, d'administrer ou de décider.

    Le conseil municipal se réunit jeudi soir.

    « La patrie, au milieu des embûches, des traîtres, Remonte en sa mémoire, a recours aux ancêtres, Cherche ce qu'ils feraient en un danger pareil, Et des siècles vieillis assemble le conseil »André Chénier (1762-1794)

    « Hazaël en avait fait son conseil et son ami »Fénelon (1651-1715)

  3. Personne ou société qui fournit à des clients des avis d'expert dans un domaine juridique, technique ou de gestion : un conseil en propriété industrielle.

    Il a engagé un conseil en gestion pour restructurer son entreprise.

    Synonyme : consultant.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : la nuit porte conseil · tenir conseil · un conseil d'ami

Grammaire et formes (3)
  • conseils : pluriel · /kɔ̃sɛj/
  • Conseil : singulier
  • conseil : singulier · /kɔ̃sɛj/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 10 sens

s. m.

  1. Opinion exprimée pour engager à faire ou à ne pas faire. Donner un conseil. Prendre conseil de quelqu'un, le consulter. Prendre conseil de quelque chose, se déterminer en considération d'une chose. Familièrement. Prendre conseil de son bonnet de nuit, prendre le temps de la nuit pour réfléchir. Ne prendre conseil que de sa passion, n'écouter qu'elle. Écouter les conseils de la raison, de la passion, de la vengeance, se laisser conduire par la raison, par la passion, par la vengeance. Être de bon conseil, ou être un homme de bon conseil, avoir la prudence nécessaire pour donner de bons avis.

    Je ne veux plus écouter tes pernicieux conseilsFénelon (1651-1715)

    Suivre le conseil flatteur des insensésFénelon (1651-1715)

  2. Terme de religion. Ce qui se conseille, par opposition à ce qui est de précepte, à ce qui se commande.

    Aux autres elles [les retraites] sont de conseil ; mais à ceux-ci elles sont très souvent d'obligation, parce qu'elles leur deviennent un moyen unique pour se sauverBourdaloue (1632-1704)

    Les apôtres ne donnent pas la soumission aux puissances comme une chose de simple conseilBossuet (1627-1704)

  3. Résolution, parti, dessein. Absolument, résolution habile.

    Il a de tout conseil son âme dépourvueMalherbe (1555-1628)

    Et quel sage conseil en mon mal puis-je prendre ?Mathurin Régnier (1573-1613)

  4. Au pluriel, vues, principes qui dirigent. Il n'y eut dès lors en ses conseils qu'irrésolution et faiblesse.

    Qui veut entendre combien la raison préside dans les conseils de ce prince, n'a qu'à prêter l'oreille quand il lui plaît d'en expliquer les motifsBossuet (1627-1704)

    Confonds dans ses conseils une reine cruelleJean Racine (1639-1699)

  5. En parlant de la Providence, décrets. Se dit aussi au singulier.

    Ces trois choses unies dans l'ordre des temps, l'étaient encore beaucoup davantage dans l'ordre des conseils de DieuBossuet (1627-1704)

    J'ai travaillé à vous faire voir sans interruption la suite des conseils de Dieu dans la perpétuité de son peupleBossuet (1627-1704)

  6. La personne dont on prend avis. Avocat chargé de la cause de quelqu'un. Tout accusé a le droit de se choisir un conseil. Conseil judiciaire, personne nommée pour assister un prodigue dans certains actes.

    Hazaël en avait fait son conseil et son amiFénelon (1651-1715)

    Chercher tant d'éclaircissements et aller à tant de conseilsBourdaloue (1632-1704)

  7. Assemblée qui a à délibérer sur certaines affaires publiques ou privées. Tenir conseil, se consulter sur ce qu'il convient de faire. Fig. Fig. Il a bientôt assemblé son conseil, c'est-à-dire il a bientôt pris son parti. Fig. En langage de marine, on dit, quand il fait calme, que les vents sont au conseil. Séance d'un conseil. Chambre du conseil, chambre où les juges se retirent pour délibérer. Grand conseil, petit conseil, nom des assemblées qui gouvernent les cantons suisses. Conseil des Anciens, conseil des Cinq-Cents, nom des deux assemblées dans la constitution de 1795, lors de l'établissement du Directoire ; la première, composée de 250 membres, approuvait ou rejetait les propositions de la seconde qui, composée de 500 membres, avait seule le droit de faire les propositions des lois.

    Ils n'ont pas appelé ma voix à leur conseilRotrou (1609-1650)

    Oui, tandis que vos rois délibèrent ensemble, Et que tout se prépare au conseil qui s'assemble.... Assemblez le conseil, il en décideraT. CORN.

  8. Nom de différents corps chargés de délibérer ou donner leur avis sur des affaires publiques. Conseil exécutif. Conseil d'administration. Conseil de surveillance. Conseil général de département, et, absolument, conseil général, assemblée de notables élus par les administrés pour assister l'administration du préfet. Conseil d'arrondissement, assemblée de notables auprès du sous-préfet, chargée d'opérer la sous-répartition des impositions entre les communes. Conseil de préfecture, sorte de tribunal administratif dans chaque département, présidé par le préfet. Conseil municipal, assemblée de notables qui assistent le maire dans l'administration de la commune. Il s'est appelé aussi conseil de ville. Conseil supérieur de l'instruction publique, conseil présidé par le ministre, composé d'archevêques, d'évêques, de ministres protestants, d'un rabbin, de conseillers d'État, de membres de la magistrature et de l'Institut, de membres du conseil de l'université, d'inspecteurs généraux, recteurs et professeurs de facultés, et appelé à donner son avis sur différentes affaires. Conseil académique, conseil présidé par le recteur, composé d'un inspecteur de l'académie, d'un fonctionnaire de l'enseignement, du préfet ou de son délégué, de l'évêque ou de son délégué, d'un ministre protestant ou rabbin, s'il y a lieu ; du procureur général près la cour d'appel, des membres du conseil général, et chargé, conjointement avec le recteur, d'administrer l'académie. Conseil de l'université, conseil qui assiste le ministre de l'instruction publique dans ses fonctions. Conseil de guerre, assemblée des officiers généraux d'une armée pour délibérer sur le parti à prendre en des circonstances importantes ou difficiles. Conseil de fabrique, assemblée des notables d'une paroisse qui se forme pour délibérer sur les intérêts de la fabrique d'une église. Conseil de commerce, assemblée de notables commerçants. Conseil de prud'hommes (voy. PRUD'HOMME).

  9. Nom de diverses juridictions. Conseil de guerre, tribunal qui exerce la justice militaire. Conseil de révision, tribunal militaire auquel on en appelle des arrêts des conseils de guerre. Conseil de révision, assemblée annuelle dans chaque département pour prononcer sur les dispenses de service militaire. Conseil nautique, conseil établi dans certains ports pour examiner la conduite des officiers de marine qui ont commandé un ou plusieurs bâtiments. Conseil des prises, commission extraordinaire établie autrefois en temps de guerre, pour juger les prises de navires capturés sur l'ennemi. Conseil de discipline (voy. DISCIPLINE). Terme de droit. Conseil de famille, assemblée de parents, présidée par le juge de paix, pour régler les intérêts des mineurs et des interdits. Autrefois, grand conseil, cour souveraine où les conseillers ne servaient que par semestre et qui connaissait des appellations de la prévôté de l'hôtel, des différends entre présidiaux, des matières bénéficiales, des contrariétés d'arrêt. Conseil des Dix, tribunal secret à Venise, qui, chargé de veiller à la sûreté de l'État, avait des pouvoirs illimités. Le conseil aulique, l'un des tribunaux suprêmes de l'empire d'Allemagne, où se jugeaient les procès des princes. Conseil provincial d'Artois, conseil souverain d'Alsace, de Roussillon, juridictions qui tenaient lieu de parlement dans les provinces.

  10. Nom de différents conseils qui siégent ou siégeaient auprès du souverain. Conseil de cabinet, conseil le plus intime du prince. Conseil des ministres, ou, absolument, le conseil, la réunion des ministres assemblés pour délibérer sur les affaires de l'État. On dit aussi en ce sens conseil de cabinet. Conseil d'État, corps qui a dans ses attributions la charge de préparer les lois, ordonnances et règlements, de résoudre les difficultés en matière administrative et de juger les appels du contentieux administratif. Autrefois, conseil d'État se disait du conseil particulier où le roi examinait avec ses ministres les affaires de paix, de guerre, de politique étrangère. Conseil d'État se disait aussi d'un corps qui, en assemblée générale, était chargé de prononcer sur les demandes en cassation des arrêts des cours souveraines ; il s'appelait alors conseil des parties et conseil privé. Conseil d'en haut, conseil où présidait le roi et où se trouvaient le chancelier, les ministres d'État et autres personnes. Conseil de conscience, conseil particulier où étaient le roi, son confesseur et quelques autres et où l'on décidait diverses matières concernant le clergé ou l'état ecclésiastique. Le conseil privé, conseil particulier du souverain. Autrefois conseil des dépêches, celui où se traitaient devant le roi les affaires de haute administration intérieure. Autrefois conseil du roi, assemblée qui connaissait de tout ce qui intéressait l'administration générale du royaume. Conseil des princes, des grands seigneurs, des communautés, l'assemblée de leurs intendants, avocats et autres pour régler l'administration de leur maison.

Étymologie : Provenç. conselh, cosselh ; catal. consell ; espagn. consejo ; portug. conselho ; ital. consiglio ; du latin consilium, même radical que consulere (voy. CONSULTER). Dans l'ancien français, au singulier, nominatif li consels, conseus ou consaus, au régime le consel ; au pluriel, nominatif li consel, au régime les consels, conseus ou consaus. Palsgrave, p. 57, dit qu'on prononce consei devant une consonne.

Historique : XIe s. Se [il] soun conseil li donast Li reis Marsile ot son conseil finet Dès or [il] comence le cunseill que mal prist Vers Charlemagne [je] lui durrai [donnerai] bon conseil Li empereres lui a dist à cunseill Bavier et Saisne sont alet à conseill XIIe s. Beneürez li huem chi ne alat el conseil des feluns Consels d'orguel ne vaut Iert [sera] tenus mes consois [mon conseil] Baron, fait-il, conseil vous ai requis Par le conseil de fausse gent vilaine À tart avez, dame, ce conseil pris À cel consoil s'accordent tel cinq cent chevalier Bien a creü li rois conseil de son damage La parole est finé…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 27 sens

n. m.

  1. Avis que l’on donne à quelqu’un sur ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Sage conseil. Conseil prudent, salutaire. Mauvais, pernicieux, dangereux conseil. Conseil intéressé, désintéressé. Il est l’auteur de ce conseil. Donner conseil, un conseil. Prendre conseil de quelqu’un. Ne prendre conseil que de soi-même. Suivre le conseil de quelqu’un. Je ne demande pas votre conseil sur cela. C’est un conseil à lui donner. C’est un homme de conseil, de bon conseil. Faire une chose par le conseil, par les conseils de quelqu’un. Il m’a aidé de ses conseils. Il n’a écouté aucun de mes conseils. Je n’ai pas besoin de ses conseils.

  2. Il se dit figurément en parlant des Choses, des passions, etc., qui nous portent, qui nous déterminent à faire ou à ne pas faire quelque chose. Prendre conseil des événements. N’écouter que les conseils de l’intérêt, de la vengeance. Ne prendre conseil que de sa tête, de son amour, de sa fureur, de son avarice, etc.

  3. Prov., La nuit porte conseil, Il faut attendre au lendemain pour prendre une résolution sur un cas douteux.

  4. Conseils évangéliques, Conseils que l’évangile donne pour parvenir à une plus grande perfection. En ce sens, Conseil s’oppose à Précepte, comme dans ces phrases : Ce n’est pas un précepte, ce n’est qu’un conseil. Cela n’est pas de précepte, cela n’est que de conseil.

  5. Il se prend quelquefois pour Résolution, parti. Ne m’en parlez plus, le conseil en est pris. Je ne sais quel conseil prendre. Il vieillit.

  6. Il se dit au pluriel, dans le style élevé, des Vues, des principes qui dirigent une personne ; et il s’emploie surtout en parlant des Rois, des gouvernements. La justice préside à tous ses conseils. Il n’y eut dès lors en ses conseils qu’irrésolution et faiblesse.

  7. Les conseils de Dieu, Les intentions, les desseins de la Providence. Les conseils de Dieu sont impénétrables.

  8. Il se dit aussi, en termes d’Affaires ou d’Entreprises, de la Personne ou des personnes dont on prend conseil. Dans cette acception, il est souvent apposé à un nom comme adjectif. Avocat-conseil. Ingénieur- conseil.

  9. Conseil judiciaire se dit de l’Homme de loi désigné par justice après avis du conseil de famille pour gérer les biens d’un prodigue. Instance en dation de Conseil judiciaire ; lever le Conseil judiciaire. Il se dit aussi de l’Homme de loi appointé par une société, un syndicat, pour lui donner des avis. Il a été nommé conseil judiciaire de telle société.

  10. CONSEIL se dit, en termes de Politique, d’une Assemblée permanente ou d’une Réunion extraordinaire, instituée ou convoquée pour délibérer, pour donner son avis sur certaines matières. Les membres d’un conseil. Le président, le secrétaire d’un conseil. Assembler le conseil. Conseil suprême. Le roi l’admit dans ses conseils.

  11. Conseil d’état, Assemblée qui, sur la demande du Gouvernement, donne des avis, en matière de législation et d’administration ; il interprète les lois ou les complète par des règlements d’administration publique, il enregistre certains actes du gouvernement, il rend, sur la demande des intéressés, des arrêts sur les pourvois introduits contre les actes et les décisions des fonctionnaires publics et sur certaines contestations électorales ou autres. Les diverses sections du Conseil d’état. Appel porté au Conseil d’état. Décret rendu en Conseil d’état.

  12. Conseil des ministres, Réunion des ministres assemblés, sous la présidence du chef de l’état, pour délibérer sur les affaires de l’état en général. Le Président du Conseil des ministres, ou simplement Le Président du Conseil. On dit aussi Conseil de Cabinet, Réunion des ministres sous la présidence du Président du Conseil des ministres.

  13. Conseil général de département, Assemblée élective dont les principales attributions consistent à statuer sur les affaires du département et sur la gestion de ses finances.

  14. Conseil d’arrondissement, Assemblée élective chargée de la sous-répartition des impositions entre les communes de l’arrondissement.

  15. Conseil municipal, Assemblée élective chargée de statuer sur les affaires de la commune et sur la gestion de ses finances.

  16. Conseil de préfecture, Juridiction établie dans chaque département pour prononcer en première instance, et sauf le recours au Conseil d’état, sur un certain nombre d’affaires contentieuses qui sont de la compétence de l’autorité administrative.

  17. Conseil de guerre, Assemblée que tiennent les officiers généraux d’une armée, ou les officiers principaux d’un détachement, d’une place de guerre, pour délibérer sur le parti qu’on doit prendre en certaines conjonctures. Il se dit aussi d’un Tribunal qui exerce la justice militaire.

  18. Conseil de revision, Conseil chargé d’examiner dans chaque canton, lors du recrutement, si les jeunes gens appelés sont propres au service militaire.

  19. Conseil paroissial, Conseil chargé de s’occuper des intérêts de la paroisse.

  20. Conseil de famille, Assemblée de parents, convoquée et présidée par le juge de paix, pour délibérer sur ce qui concerne les intérêts d’un mineur ou d’un majeur en état d’incapacité légale. Avis du conseil de famille.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée conseil#17445.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.