commune
nom, féminin, /komynə/ ou /kɔmynə/
Voir aussi : féminin de commun
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Dans le régime féodal, le corps des bourgeois d'une ville ou d'un bourg ayant reçu charte qui leur donnait droit de se gouverner eux-mêmes. Affranchissement des communes, acte par lequel Louis le Gros et en général tout seigneur octroya la liberté aux serfs sous certaines conditions. Nous avons considéré que, bien que l'autorité soit entière dans la personne du roi, nos prédécesseurs n'avaient point hésité à en modifier l'exercice, suivant la différence des temps ; que c'est ainsi que les communes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros, Préambule de la charte constitutionnelle de 1814. Les communes, les milices fournies par les communes.
Des libertés immémoriales prenaient l'air de concessions récentes ; toute commune semble une pure émanation de la volonté royale, et Louis le Gros, comme premier en date, a l'honneur de l'initiative ; de là vient que Beauvais et Noyon passent pour les plus anciennes communes de France ; assertion vraie si l'on réduit le nom de France à ses limites du XIIe siècle, et fausse si on l'applique à tout le territoire sur lequel il s'étend aujourd'hui — A. THIERRY
Aujourd'hui, agrégation de familles rassemblées dans une certaine circonscription de territoire, et unies par des relations de voisinage et des intérêts communs, que gère une administration commune. Division territoriale administrée par un maire et un conseil municipal. L'être collectif représentant les habitants d'une commune. Il assigna la commune devant le tribunal. Dans l'histoire de la Révolution, quand on dit la commune, on entend la municipalité de Paris qui s'organisa en 1789 sous la présidence du prévôt des marchands. L'hôtel de ville, la mairie. Il se rendit à la commune.
En un sens restreint, les communes, les populations rurales. Autrefois, les communes, biens communaux. Mener paître les troupeaux dans les communes.
La bourgeoisie ou le peuple, par opposition à la noblesse. La chambre des communes, la chambre basse du parlement anglais, c'est-à-dire l'assemblée des députés élus par les bourgs et cités du royaume.
La commune s'allait séparer du sénat — La Fontaine (1621-1695)
L'Église avait tout à craindre des grands et rien des communes — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Commun ; bourguig. lai quemeugne, la commune ; provenç. comuna, comunio ; ital. comuna.
Historique : XIIe s. J'ai le transcrit des lettres (einsi n'eschaperez), Qui vus ad de commune eclesial sevrez XIIIe s. Et fist l'endemain semonre devant li la comune de Namur Cil qui sont procureur par le commun d'aucune vile en laquele il n'a point de commune Et puis convient qu'il voist [aille] manoir hors du lieu de la [la] commune Le jour meismes que elle [la reine] fu acouchée, li dit l'en que ceulx de Pise et de Genes s'en vouloient fuir, et les autres communes XVIe s. La commune [le commun] de son armée Laisser le gouvernement ez mains de la commune [du peuple] Le senat ne pouvoit venir à bout de l…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Division du territoire français administrée par un maire et un conseil municipal. La commune de Sèvres, de Vincennes, etc. Le maire d’une commune. Commune rurale. Il y a tant de feux dans cette commune.
Il se dit aussi de la Personne morale représentant les habitants d’une commune. Ces biens ont été achetés par la commune. La commune s’est imposée extraordinairement. Il assigna la commune devant le tribunal de...
On s’en sert aussi quelquefois pour désigner le Corps municipal lui-même. La commune a pris une décision.
Il s’est dit, durant la Révolution française et en 1871, du Gouvernement révolutionnaire de la municipalité de Paris.
Il s’est dit également des Milices bourgeoises et des milices de la campagne. L’arrêt enjoignit aux communes de lui courir sus.
On appelait autrefois ainsi le Corps des bourgeois d’une ville ou des habitants d’un bourg, d’un village qui avaient reçu par une charte le droit de s’administrer eux-mêmes. La commune prit les armes. L’affranchissement des communes. Les privilèges des communes. Assembler les communes. Soulèvement des communes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- communes — pluriel — /kɔmynə/ ou /komynə/
- commune — singulier — /kɔmynə/ ou /komynə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée commune#16640.