commun

commun

adjectif, /kɔmœ̃/ ou /komœ̃/

Définitions

  1. Qui appartient à plusieurs personnes ou leur sert également, partagé.

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  2. Qui se rencontre fréquemment, sans caractère exceptionnel, largement répandu.

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  3. Qui manque de distinction ou de raffinement, vulgaire.

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  4. Se dit d'un nom désignant indifféremment tout élément d'une même catégorie.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (33 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui est de participation à plusieurs ou à tous. L'air, la lumière sont communs. La maison commune, l'hôtel de ville. Terres communes, terres qui, n'ayant pas de possesseur particulier, servent aux usages d'une communauté, dans le territoire de laquelle elles se trouvent situées. Des amis communs, des amis qui le sont des deux parties. Le droit commun, la loi établie dans un état, l'usage général. Terme de jurisprudence. Dont la jouissance est permise à plusieurs personnes à titre égal. Escalier, puits, chemin commun. Jugement ou arrêt commun, jugement exécutoire contre une personne qui n'a point été mise en cause ou qui a fait défaut, aussi bien que contre la partie qui a comparu. Époux communs en biens, époux mariés sous le régime de la communauté. Choses communes, les choses qui ne sont pas susceptibles de propriété publique ou privée comme l'air, la mer. En termes de palais et de généalogie, l'auteur commun des parties, se dit quand on parle du père de deux frères ou sœurs qui plaident ensemble. En arithmétique, diviseur commun, nombre qui divise exactement deux ou plusieurs autres nombres. 4 est un diviseur commun de 36, de 28 et de 52. Le plus grand commun diviseur, le plus grand de tous les diviseurs communs à deux ou plusieurs nombres. Ainsi 84, 42, 56, ont pour diviseurs communs 2, 4, 7, 14. Ce dernier est le plus grand commun diviseur des trois nombres donnés. Dénominateur commun, celui qui appartient à plusieurs fractions données ou réduites au même dénominateur. Terme de physique. Réservoir commun, en parlant de l'électricité, la terre où s'écoule et d'où semble sortir toute l'électricité sensible produite par nos machines. Terme de géométrie. Qui appartient à la fois à deux figures que l'on compare.

    Par un mouvement commun à la nature Quelque maligne joie en son cœur s'élevait — Pierre Corneille (1606-1684)

    Tout doit être commun entre de vrais amants — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Qui se fait en société, ensemble ; qui est conjoint. À Sparte les repas des hommes étaient communs. Le travail commun resserre leur union. Un commun naufrage. Faire cause commune, se dit de personnes qu'un intérêt, un motif quelconque pousse à réunir leurs efforts, à combattre pour un même objet. Faire bourse commune, se dit de personnes mettant ensemble l'argent qu'elles ont ou qu'elles gagnent, et vivant ainsi avec l'avoir les uns des autres. Faire vie commune, vivre à frais communs. La vie commune, la vie des communautés. Avoir quelque chose de commun avec, n'avoir rien de commun avec, avoir ou n'avoir pas des analogies, des rapports, des ressemblances avec.

    Faisons de notre haine une commune attaque — Jean Racine (1639-1699)

    Nos crimes communs — Jean Racine (1639-1699)

  3. Général, public. L'intérêt commun. L'opinion commune. La langue commune, la langue qui se parle le plus généralement dans un pays. En Alsace, l'allemand est la langue commune. D'un commun accord, de concert, sans opposition aucune. D'une commune voix, unanimement. La voix commune, l'opinion générale. Faire preuve par la commune renommée, c'est-à-dire par l'opinion publique, au moyen d'une enquête.

    Je n'ai pour ennemis que ceux du bien commun — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je ne m'oppose point à la commune joie — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Ordinaire. Devenir d'un usage commun. À la mode commune. La vie commune, les mœurs générales, les événements ordinaires de la vie. Sens commun, faculté de juger raisonnablement des choses, en tant qu'elle appartient à la plupart des hommes. Les mots, les termes communs de la langue, ceux qui sont usuels entre tout le monde, par opposition aux termes techniques. Style commun, style qui n'a rien de remarquable ni d'élégant. Vers commun, vers de dix syllabes, ainsi nommé par opposition au grand vers ou vers alexandrin, qui est de douze syllabes, et au petit vers, qui est de huit syllabes. Le commun peuple, le vulgaire. Expédier en forme commune, en style de la daterie de Rome, expédier sans grâce et sans remise ; et, figurément, être expédié en forme commune, éprouver un sort fâcheux, une malencontre, perdre tout son argent au jeu, mourir entre les mains de mauvais médecins, etc. Délit commun, se disait d'un délit commis par un ecclésiastique et justiciable du juge ecclésiastique, par opposition à cas privilégié.

    Il sait les bruits communs, les historiettes de la ville — La Bruyère (1645-1696)

    Après l'invective commune contre les honneurs, les richesses et le plaisir, le prédicateur.... — La Bruyère (1645-1696)

  5. Fréquent, abondant, qu'on trouve facilement. Les bons muscats sont communs en Languedoc.

    Rien n'est plus commun que ce nom [d'ami], Rien n'est plus rare que la chose — La Fontaine (1621-1695)

    Le changement, madame, est commun à la cour — Jean Racine (1639-1699)

  6. Qui ne s'élève pas au-dessus du niveau ordinaire.

    Un livre et un sermon, si communs qu'ils soient, apportent bien plus de fruit — Pascal (1623-1662)

    On ne doit jamais refuser de lire ni d'ouïr les choses saintes, si communes et si connues qu'elles soient — Pascal (1623-1662)

  7. Privé de noblesse, de distinction. Il a l'air commun, la figure commune.

    Il n'y avait rien que de très commun en lui — Scarron (1610-1660)

  8. Terme de grammaire. Nom commun ou substantif appellatif, celui qui convient à tous les individus de la même espèce ; homme, cheval sont des noms communs. Nom commun ou épicène, nom qui change de genre, ou nom qui convient aux deux sexes : un bel enfant ou une belle enfant ; une perdrix, qui se dit également du mâle et de la femelle. Adjectif commun, adjectif qui, comme fidèle, a la même terminaison au masculin et au féminin. Syllabe commune, syllabe qui, dans les langues où la quantité des syllabes fait le vers, peut être longue ou brève. Terme de grammaire grecque. Verbes communs, verbes qui ont à la fois le sens actif et le sens passif, avec la terminaison passive. Dialecte commun, par opposition aux dialectes locaux, la langue littéraire commune à tous les écrivains grecs après Alexandre. Terme de rhétorique. Lieux communs, sorte de points principaux, auxquels les anciens rhéteurs rapportaient toutes les preuves dont ils faisaient usage dans leurs discours ; et par extension et en mauvaise part, idées usées, rebattues, pensées ou expressions banales. Il ne dit que des lieux communs.

  9. Année commune, l'une portant l'autre, bon an, mal an. S. f. Terme de bourse. Faire une commune ou moyenne, se dit d'une personne, qui, après avoir acheté des valeurs à un prix, les voit subitement baisser, sans que son opinion sur la hausse ait changé ; qui alors achète en baisse la même quantité de valeurs qu'elle possède déjà (ce qui diminue le prix de revient de la totalité) ; et qui, quand la hausse reprend, vend aussitôt que les cours ont atteint ce nouveau prix de revient sans attendre, au risque de ne pas le revoir, son prix d'achat primitif.

    J'ai vérifié qu'année commune il n'y naît [à Rome] que 3500 enfants — Voltaire (1694-1778)

  10. S. m. Le commun, ce que deux ou plusieurs personnes mettent en société. Il faut prendre cette dépense sur le commun. Vivre sur le commun, vivre aux frais d'une société, sans rien faire ; et aussi, vivre sur le tiers et le quart. En commun, loc. adv. De société, de concert. Vivre, travailler en commun.

    Ils mettaient leurs biens en commun — Bossuet (1627-1704)

  11. Le plus grand nombre, la généralité. Le commun des lecteurs. Cette chose est du commun, elle n'a pas grand prix.

    Elle était plus grande que le commun des femmes — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Il passe le commun des amants — Molière (1622-1673)

  12. La roture, les basses classes. Terme de liturgie. Le commun des martyrs, les martyrs pour lesquels l'Église prie en masse ; et fig. Il est du commun des martyrs, c'est un homme que rien ne distingue.

    Un homme du commun — Molière (1622-1673)

    Ces hommes du commun tiennent mal leurs promesses — Pierre Corneille (1606-1684)

  13. Le commun chez les rois, chez les princes et les grands, nom collectif qui signifie les bas officiers. Il a mangé à la table du commun. Chez le roi, grand commun, les offices destinées à la nourriture de la plupart des officiers de la maison du roi. Petit commun, certaines offices détachées du grand commun pour la nourriture de quelques officiers privilégiés de la maison du roi.

    Il y avait les jésuites du grand commun et surtout les jésuites des femmes de chambre — Voltaire (1694-1778)

    Il acheta une charge de médecin du grand commun à Versailles — Condorcet (1743-1794)

  14. Dans les grandes maisons, les communs, les bâtiments affectés aux cuisines, écuries, remises, etc.

    D'Aubigné se mit à bâtir un vaste et superbe château, d'immenses basses-cours et des communs prodigieux — Saint-Simon (1675-1755)

  15. Les communs se dit dans quelques provinces pour les commodités.

Étymologie : Provenç. comun, como ; catal. comu ; espagn. comun ; ital. commune ; du latin communis, anc. latin, comoinis, de cum, et moene ou moinus, munus, mur, devoir (voy. MUNIR).

Historique : IXe s. Pro Deo amur et nostro comun salvament XIe s. E les choses qui sunt remeses [restées] en la nef, seient departies en comun La bataille est merveilluse et cumune XIIIe s. Ensi furent desacointié li Franc et li Grieu, et ne furent mie si comun come il avoient esté devant Je ne voi orendroit nul home en nostre comun qui, avant moi, vous seüst conduire ne guerroier Et se il au comun de Venise pooit faire graer ce qu'il i avoit trové Entre aus [eux] deus doit estre tout un, Solaz et joie de commun Ce n'est mie chose commune, Comme le soleil et la lune, Que dam Denier [l'argent] Ains nous fit…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui sert, qui peut servir à tout le monde ou seulement à plusieurs personnes. La lumière est commune à tous les hommes. Un puits commun. Une cour commune. Passage, escalier, chemin commun. Cela est commun à tout le bourg, commun aux deux maisons. Tout est commun entre eux.

  2. Maison commune se disait de l’Hôtel où s’assemblent les officiers municipaux. On dit aujourd’hui MAIRIE.

  3. Il signifie aussi Qui est propre à différents êtres ou à différentes choses. Le boire et le manger sont communs à l’homme et aux animaux. La vie végétative est commune aux animaux et aux plantes. Qualités communes. Traits, caractères communs. Ami commun. Péril commun. Des goûts communs les rapprochèrent. Cette douleur, cette joie m’est commune avec bien des gens. Entreprendre une chose à frais communs. La commune mesure de deux quantités. Diviseur commun. Le plus grand commun diviseur. Dénominateur commun. J’ai cela de commun avec lui. Cette affaire n’a rien de commun avec celle dont il s’agit.

  4. En termes de Rhétorique, Lieux communs, Sources générales d’où un orateur peut tirer ses arguments. Aristote a traité des lieux communs. Il se dit aussi de Certaines réflexions générales qu’on développe à l’occasion de sujets particuliers. Cicéron et Massillon aiment à développer les lieux communs. Il se dit encore des Idées usées, rebattues. Il ne dit que des lieux communs.

  5. Le Droit commun, La loi générale d’un pays qui s’applique à tout le monde sans exception. Un délit de droit commun, régime de droit commun.

  6. Faire cause commune, se dit de Deux ou plusieurs personnes qui réunissent leurs efforts pour atteindre le même but, pour se défendre contre le même danger.

  7. Faire bourse commune, se dit de Deux ou plusieurs personnes qui font leur dépense en commun.

  8. Faire vie commune, Vivre à frais communs.

  9. Vie commune se dit encore en parlant des Religieux ou des religieuses qui vivent en communauté. On appela Cénobites ceux qui avaient adopté la vie commune.

  10. La vie commune se dit encore, surtout en termes de Littérature, des Moeurs générales, des événements ordinaires de la vie, par opposition à la condition des princes, des héros, etc.

  11. En termes de Grammaire, Nom commun, Qui appartient à tous les individus de la même espèce par opposition à Nom propre qui n’appartient qu’à un seul.

  12. Syllabe commune se dit, en termes de Prosodie, d’une Syllabe qui est tantôt brève et tantôt longue.

  13. En termes de Géométrie, il se dit de Ce qui appartient à la fois à deux figures que l’on compare. L’angle a, le côté b c sont communs à tel triangle et à tel autre.

  14. En termes de Jurisprudence, époux communs en biens, Entre lesquels il y a communauté de biens. Le contrat porte que les époux seront communs en biens. On le dit quelquefois, au singulier, de l’Un des époux entre lesquels il y a communauté. L’époux commun en biens peut...

  15. Sens commun, Faculté par laquelle la plupart des hommes jugent naturellement des choses. Cela est contre le sens commun. Cela répugne au sens commun, n’a pas le sens commun, n’a pas l’ombre du sens commun. C’est un homme qui n’a pas le sens commun.

  16. Il signifie aussi Qui est public, général, qui est ordinaire, qui se pratique ordinairement, qui appartient ou peut appartenir à la plupart des hommes ou à un grand nombre d’hommes. C’est l’opinion commune. Une erreur très commune. L’intérêt commun. Une destinée commune. L’usage en est fort commun. Il n’y a rien de si commun, rien n’est plus commun. C’est une chose bien commune. Rien n’est plus commun que de voir...

  17. Les mots, les termes communs de la langue, Les mots, les termes ordinaires de la langue par opposition à Ceux qui ne sont usités que dans les arts et dans les sciences.

  18. Il signifie en outre Qui se trouve aisément et en abondance. Les melons sont fort communs cette année. Les bons muscats sont communs en Languedoc, en Provence.

  19. La langue commune, La langue qui est parlée le plus généralement dans un pays. En Belgique, le français est la langue commune.

  20. La voix commune, L’opinion générale.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • communes — pluriel féminin — /kɔmynə/ ou /komynə/
  • communs — pluriel masculin — /kɔmœ̃/ ou /komœ̃/
  • commune — singulier féminin — /kɔmynə/ ou /komynə/
  • commun — singulier masculin — /kɔmœ̃/ ou /komœ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée commun#16642.

commun

nom, masculin, /kɔmœ̃/ ou /komœ̃/

Voir aussi : forme féminine commune

Grammaire et formes (2)
  • communs — pluriel — /kɔmœ̃/ ou /komœ̃/
  • commun — singulier — /kɔmœ̃/ ou /komœ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée commun#16641.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.