bride
nom, féminin · /bʁidə/
Usage : d'usage courant (5.93 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Équitation. Ensemble des pièces du harnais servant à diriger un cheval.
Il a passé la bride au cheval avant de monter.
« Je voudrais donc.... Qu'un seigneur éminent en richesse, en puissance, Par la bride guidât son superbe coursier »Jean Racine (1639-1699)
Ce qui retient, limite ou contraint une action.
Synonyme : frein.
« À le conjurer de tenir ses regards en bride »Antoine Hamilton (1646-1720)
« Dieu qui tient en bride les esprits trompeurs »Bossuet (1627-1704)
Attache souple servant à fixer ou à relier deux éléments.
Une petite bride de fil retient la bretelle au vêtement.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : lâcher la bride à quelqu'un
Grammaire et formes (2)
- brides : pluriel · /bʁidə/
- bride : singulier · /bʁidə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 9 sens
s. f.
Harnais placé à la tête du cheval et destiné à l'arrêter ou à le diriger, selon la volonté du conducteur. La bride se compose de trois parties principales : la monture, le mors et les rênes. Mettre une bride à un cheval. La main de la bride, la main gauche du cavalier.
Les rênes seules. Serrer la bride à un cheval. Lâcher ou rendre la bride. Tourner bride, pour prendre la fuite. Aller à toute bride, à bride abattue, proprement, mener son cheval au grand galop ; et figurément, agir sans réserve ni retenue.
Je voudrais donc.... Qu'un seigneur éminent en richesse, en puissance, Par la bride guidât son superbe coursierJean Racine (1639-1699)
Il s'en moquait à bride abattueMme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Obstacle, frein, retenue. Lâcher la bride à ses passions. Tenir quelqu'un en bride, le contenir, le diriger. Tenir la bride haute, courte, à quelqu'un, le diriger, le traiter sévèrement. Lâcher la bride, mettre à quelqu'un la bride sur le cou, c'est-à-dire lui laisser toute liberté d'agir. Fig. et familièrement. Aller bride en main, c'est-à-dire agir, procéder avec circonspection. Fig. Il a plus besoin de bride que d'éperon, il a plus besoin d'être contenu qu'excité. Hocher la bride à quelqu'un, sonder ses intentions.
Et pour tenir en bride un peuple sans raisonPierre Corneille (1606-1684)
Ils tenaient les soldats en brideBossuet (1627-1704)
Brides à veaux, sottes raisons, sots raisonnements, et aussi nouvelles absurdes, contes ridicules. Locution qui vient de ce que, les veaux ne se bridant pas, les brides à veaux ne sont rien.
De rien je fais brides à veauxMathurin Régnier (1573-1613)
Blasphèmes nouveaux, Vieux dictons dévots, Hapelourdes, pavots, Et brides à veaux, Que n'a-t-on pas mis Dans Sémiramis ?Alexis Piron (1689-1773)
Lien pour retenir certaines coiffures. Brides d'un bonnet, d'un chapeau de femme. Espèce de boutonnière qui se fait aux manches et aux cols des femmes pour les fixer à un bouton. La bride se fait en saillie sur l'étoffe ; c'est un feston sur des fils posés en demi-cercle et pouvant entourer le bouton. La bride n'est attachée à l'étoffe que par ses deux côtés, tandis que la boutonnière est dans l'étoffe même. Points aux deux extrémités d'une boutonnière pour empêcher qu'elle ne se déchire. Maille échappée dans un bas de soie. Brides, petits tissus de fil qui servent à joindre les fleurs les unes avec les autres dans l'espèce de dentelle qu'on nomme point de France, de Venise, de Malines.
Terme de chirurgie. Filaments membraneux que l'on trouve souvent dans le foyer des abcès ou dans les plaies profondes, et qui s'opposent à la sortie du pus, ou établissent des adhérences vicieuses. Détruire les brides.
Terme de marine. Sorte de grande crampe qui lie le bout de la quille avec l'étambot.
Pièce de la batterie d'une arme à feu. Outil de charron. Plaque de fer, du métier des plombiers, carrée et évidée en rond dans le milieu, pour tenir lieu de soudure. Lien de fer pour assujettir une pièce de bois, un tuyau de conduite, etc.
Bride, sorte de point d'Alençon dont le tissu est beaucoup plus fort que le réseau.
Étymologie : Provenç. et espagn. brida ; ital. briglia ; de l'anc. haut-allem. brittil, prîtil, et, par contraction, britl. De prîtil vient une autre forme italienne, predello.
Historique : XIIIe s. N'onc ne la [la fortune] pot tenir Cresus, Qu'el nel tornast et jus et sus, Qui refu roi de toute Lyde, Puis li mist l'en ou col la bride, Et fu par ordre au feu livrés En nos plors n'ot ne frains, ne brides XIVe s. Une bride à un tissu de rouge soye, à claus esmaillés XVe s. À grant peine y [en Écosse] recuevre l'on du fer pour ferrer les chevaux, ni du cuir pour faire harnois, selles, ni brides Tels y en avoit, dans la suite du duc de Bourgogne, leurs houches de velours brodées, et, en lieu de grosses resnes de leurs brides, chaisnes d'or Dont jà sommes plus de cent mille Qui tous v…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens
n. f.
Partie du harnais d’un cheval ou d’un mulet, etc., qui sert à le conduire, et qui est composée de la têtière, du mors, des rênes. Lui tenir la bride haute. Lui tenir la bride courte. Rendre la bride. Lâcher la bride à un cheval. Lui mettre la bride sur le cou. Tourner bride.
Il se prend aussi pour les Rênes seules. Ce cheval a rompu sa bride, Il a rompu ses rênes. Mener un cheval par la bride, Le mener en tenant les rênes, sans le monter.
Fig. et fam., Tenir quelqu’un en bride, Le contenir, surveiller sa conduite; et Lui tenir la bride haute, lui tenir la bride courte, Le traiter avec quelque sévérité. Lâcher la bride à quelqu’un, Lui donner plus de liberté qu’à l’ordinaire; et Lui mettre la bride sur le cou, L’abandonner à sa propre volonté, lui laisser toute liberté d’agir. Lâcher la bride à ses passions, S’y abandonner entièrement.
Aller à toute bride, à bride abattue, Mener son cheval au grand galop. Fig. et fam., Courir à bride abattue à sa ruine, à sa perte, Se livrer aux plaisirs sans aucune retenue; se porter ardemment et inconsidérément à quelque démarche, sans en prévoir les suites dangereuses, funestes.
Fig. et fam., Aller bride en main dans une affaire, Y procéder avec beaucoup de retenue et de circonspection.
Prov. et fig., à cheval donné on ne regarde pas à la bride, Quand on reçoit un présent, il ne faut pas le déprécier.
Fig. et fam., Il a plus besoin de bride que d’éperon, Un homme ardent, impétueux, a plus besoin d’être retenu que d’être excité.
Il désigne, par analogie, Plusieurs autres choses qui ont quelque ressemblance avec une bride de cheval : le Lien qui sert à retenir certaines coiffures et qui passe ou qu’on noue sous le menton. Les brides d’un chapeau de femme; les Points de boutonnière faits sur des fils tendus, à l’extrémité d’une ouverture en long, pour empêcher qu’elle ne se déchire et ne s’agrandisse. Faire une bride à une ouverture de chemise, à une boutonnière, etc.; une Sorte de boutonnière au bord de quelque partie de vêtement. Les manches de cette robe sont fermées au poignet par des boutons qui entrent dans de petites brides; les Petits tissus de fil qui servent à joindre les fleurs les unes avec les autres, dans l’espèce de dentelle qu’on nomme Point de France, de Venise, de Malines; le Lien de fer avec lequel on ceint une pièce de bois, pour empêcher qu’elle n’éclate; en termes de Chirurgie, les Filaments membraneux qu’on rencontre dans le foyer des abcès, dans le trajet des plaies d’armes à feu, etc.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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