aveu
nom, masculin · /avø/
Usage : fréquent (16 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Déclaration par laquelle on reconnaît avoir fait, dit ou pensé quelque chose, souvent une faute.
Il a fait l'aveu de son erreur devant tous.
« La chose s'était passée, de son aveu, en tout bien tout honneur »Antoine Hamilton (1646-1720)
« Il est certain, de leur aveu propre, que.... »Bossuet (1627-1704)
Vieilli. Vieilli. Approbation ou consentement donné à quelqu'un pour une action : agir sans l'aveu de ses parents.
Elle est partie sans l'aveu de son père.
Synonymes : consentement, approbation.
Droit. Reconnaissance par une partie du droit revendiqué par son adversaire.
Le juge a retenu l'aveu de la partie adverse.
« Quelle verve indiscrète, Sans l'aveu des neufs sœurs, vous a rendu poëte »Boileau (1636-1711)
« Par un écrivain estimable, qui avait l'aveu du public »D'Alembert (1717-1783)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : arracher un aveu · de l'aveu de · passer aux aveux
Grammaire et formes (2)
- aveux : pluriel · /avø/
- aveu : singulier · /avø/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 4 sens
s. m.
Terme de féodalité. Acte établissant une vassalité. Homme sans aveu, vagabond, homme qui n'a ni feu ni lieu ; proprement, homme qui n'est avoué d'aucun seigneur féodal. Par extension, en parlant des choses, qui n'est reconnu de personne.
Une telle aventure [Philippe III soumis à l'inquisition] n'est rapportée que dans des livres sans aveuVoltaire (1694-1778)
Agrément, approbation, consentement. Je n'en puis user sans ton aveu. Il a fait cela avec l'aveu ou de l'aveu du gouvernement.
Si vos amis de Rome en ont pris quelque soin, C'était sans mon aveu, je n'en ai pas besoinPierre Corneille (1606-1684)
Si vos promesses n'ont l'aveu de ViriatePierre Corneille (1606-1684)
En jurisprudence, reconnaissance que fait une partie du droit prétendu par son adversaire. L'aveu d'une dette.
Action d'avouer, de confesser, de convenir. Après l'aveu de sa faute. Arracher ou tirer des aveux. Leur silence paraissait un aveu. De l'aveu de, avec le témoignage de.
Les mauvais succès sont les seuls maîtres qui peuvent nous reprendre utilement et nous arracher cet aveu d'avoir failli, qui coûte tant à notre orgueilBossuet (1627-1704)
Que de peine à faire un aveu sincère !Bossuet (1627-1704)
Étymologie : À et vœu (voy. AVOUER). La série des sens est : action de vouer, et proprement, de vouer service féodal ; puis approbation ; puis reconnaissance de ce qui est dû ; et finalement confession.
Historique : XIIIe s. Et en tel cas, est il bon as tenans, qu'il ne facent nus aveus ; car il pourroient perdre XVe s. Advint que aulcuns larrons bourguignons sans maistre ne adveu, se mirent sur les champs XVIe s. Sans l'adveu de nostre volonté Le seigneur et le vassal sont tenus reciproquement s'entre-communiquer, de bonne foi, leurs aveus, denombremens et autres lettres ; ou s'en purger par serment Un seigneur ne peut contraindre son vassal de bailler aveu [état, dénombrement de ce qu'il avoue tenir de lui] plus d'une fois en sa vie Pour simples meubles, on ne peut intenter complainte ; mais en iceux, e…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 7 sens
n. m.
Déclaration verbale ou écrite par laquelle on reconnaît avoir fait ou dit quelque chose. Il paraît par son aveu même, on sait de son propre aveu que... Faire l’aveu de sa faute, d’un crime. On est parvenu à tirer de lui cet aveu. Arracher des aveux. Rétracter ses aveux.
Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de la Reconnaissance que fait une partie du droit prétendu par son adversaire. L’aveu d’une dette. Aveu judiciaire, extrajudiciaire.
Il se dit aussi du Témoignage qu’on rend de ce qu’un autre a dit ou fait. C’est lui qui a le mieux parlé, de l’aveu de tout le monde.
Il désigne encore l’Approbation, le consentement, l’agrément qu’une personne supérieure donne à ce qu’un inférieur a fait ou a dessein de faire. Je ne veux rien faire sans votre aveu. Il a entrepris cela de votre aveu. Il a l’aveu de ses parents pour son mariage.
En termes de Droit féodal, il signifiait Acte qu’un vassal était obligé de donner à son seigneur et par lequel il avouait, reconnaissait tenir de lui tel ou tel héritage.
Il désignait aussi l’Acte par lequel un seigneur avouait, reconnaissait quelqu’un pour vassal ou un vassal quelqu’un pour seigneur.
Un homme sans aveu signifiait Celui qui, n’ayant point été reconnu pour vassal par un seigneur, ne pouvait réclamer sa protection. Il signifie aujourd’hui Celui que personne ne veut reconnaître, homme qui n’a ni feu ni lieu.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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