volupté
nom, féminin · /vɔlypte/ ou /volypte/
Usage : d'usage courant (7.34 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Littéraire. Plaisir intense et délicieux, lié aux sensations physiques ou à l'émotion amoureuse, et savouré avec une profonde délectation.
Elle savourait avec volupté la chaleur du bain.
Synonyme : délice.
« Si Bourdaloue, un peu sévère, Nous dit : craignez la volupté ; Escobar, lui dit-on, mon père, Nous la permet pour la santé »Boileau (1636-1711)
« Les premières voluptés sont toujours mystérieuses ; la pudeur les assaisonne et les cache »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Littéraire. Plaisir intense éprouvé dans une activité et savouré avec délectation.
Il travaillait à son jardin avec volupté.
Synonyme : délectation.
« Afin, dit Tertullien, qu'il [Jésus] mourût rassasié pleinement de la volupté de souffrir »Bossuet (1627-1704)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : luxe, calme et volupté
Grammaire et formes (2)
- voluptés : pluriel · /vɔlypte/ ou /volypte/
- volupté : singulier · /vɔlypte/ ou /volypte/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 2 sens
s. f.
Plaisir corporel, plaisir des sens. Il y a de la volupté à boire quand on a soif. Par antiphrase, la volupté de souffrir, le plaisir que l'on goûte à de vertueuses souffrances. Absolument, au sing. ou au plur. Particulièrement. Les plaisirs de l'amour.
Ô douce volupté, sans qui dès notre enfance Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux ; Aimant universel de tous les animaux, Que tu sais attirer avecque violence ! Par toi tout se meut ici-basLa Fontaine (1621-1695)
C'est un des malheurs de ces pays [la Turquie] que la plus grande partie de la nation n'y soit faite que pour servir à la volupté de l'autreMontesquieu (1689-1755)
Il se dit aussi des jouissances de l'âme.
Quelle pure volupté on trouve dans la vertu ! Toute volupté naît, ou de la sensation d'un objet présent, et elle est sensuelle ; ou de l'attente d'une chose, de la prévoyance des fins, de l'importance des suites, et elle est intellectuelleDiderot (1713-1784)
Étymologie : Provenç. voluptat ; ital. voluttà ; du lat. voluptatem, de volop, volup, agréable, rattaché au grec ἔλπομαι, espérer (pour ϝέλπομαι). La commune racine est le sanscrit var, choisir, désirer, qui a fait velle et βούλεσθαι.
Historique : XVe s. Les superflues voluptés qui empeschent la liberté des sens XVIe s. Passion violente et volupté, qui attire à soy l'entendement mesme Pour ne souiller le mariage qui estoit nom de dignité, et non pas de volupté Il n'est en somme aulcune si juste volupté en laquelle l'excez et l'intemperance ne nous soit reprochable
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. f.
Plaisir des sens. Il y a de la volupté à boire quand on a soif. Les épicuriens font consister le souverain bien dans la volupté. Se plonger dans la volupté. Languir dans les voluptés, dans le sein des voluptés. Les raffinements de la volupté.
Il se dit, par extension, des Plaisirs de l’âme. L’âme a ses voluptés comme le corps. Les savants trouvent de la volupté dans la découverte des vérités.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée volupté#64846.