vocation

vocation

nom, féminin, /vokasjɔ̃/ ou /vɔkasjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action d'appeler, qui ne se dit qu'au figuré et en parlant des appels que Dieu fait à l'homme. Terme de l'Écriture. La vocation d'Abraham, le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le père des croyants. La vocation des gentils, la grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la connaissance de l'Évangile.

    Jésus-Christ n'a point voulu du témoignage des démons, ni de ceux qui n'avaient pas vocation, mais de Dieu et de Jean-Baptiste — Pascal (1623-1662)

    Il pose les fondements de son Église par la vocation de douze pêcheurs — Bossuet (1627-1704)

  2. Ordre extérieur de l'Église par lequel les évêques appellent au ministère ecclésiastique ceux qu'ils en jugent dignes. La vocation extérieure. Il se dit dans le même sens chez les protestants.

    Il ne suffit pas d'avoir la saine doctrine, et il faut outre cela de deux choses l'une : ou des miracles pour témoigner une vocation extraordinaire de Dieu, ou l'autorité des pasteurs qu'on avait trouvés en charge, pour établir la vocation ordinaire et dans les formes — Bossuet (1627-1704)

    Les oppositions qu'il [Jurieu] a faites à la vocation de M. Basnage pour ministre ordinaire de cette ville [Rotterdam].... — Pierre Bayle (1647-1706)

  3. Mouvement intérieur par lequel Dieu appelle une personne à quelque genre de vie. Particulièrement. Mouvement intérieur par lequel on se sent porté à la vie religieuse.

    Il ne faut pas examiner si on a vocation pour sortir du monde, mais seulement si on a vocation pour y demeurer — Pascal (1623-1662)

    Un état qui est établi de Dieu est de la vocation de Dieu, c'est-à-dire qu'il y en a plusieurs que Dieu destine à cet état — Bourdaloue (1632-1704)

  4. Un certain ordre des choses auquel on doit se conformer. La vocation de l'homme est d'être utile à ses semblables.

    Elle [Marie-Thérèse] suivit sa vocation ; et jamais vie ne fut plus pure — Fléchier (1632-1710)

    On ne travaille que pour jouir ; cette alternative de peine et de jouissance est notre véritable vocation — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  5. Inclination que l'on se sent pour un état. Une vocation contrariée. Il se sent de la vocation pour le commerce, pour le barreau.

    Un rien détermine souvent la vocation d'un écrivain — Abbé d'Olivet (1682-1768)

    Granville : Te souvient-il, mon cher, qu'autrefois dans la classe Tu te mêlais déjà de déclamation ? Ton instinct t'y portait - Belrose : Dis ma vocation — C. DELAVIGNE

  6. Disposition, talent. Il a une vocation décidée pour la peinture.

    La petite d'Heudicourt est jolie comme un ange ; elle a été de son chef huit ou dix jours à la cour, toujours pendue au cou du roi ; cette petite avait adouci les esprits par sa jolie présence : c'est la plus belle vocation pour plaire que vous ayez jamais vue ; elle a cinq ans ; elle sait mieux la cour que les vieux courtisans — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Provenç. vocatio ; espagn. vocacion ; ital. vocazione ; du lat. vocationem, de vocare, appeler (voy. VOYELLE).

Historique : XIVe s. Les vocations [appels en justice] et les citations XVe s. Guillaume Erambourt doubtant que le mary de sa fille ne s'aperceust de telles vocations [appels, signes] XVIe s. Jesus Christ, au commencement de sa predication, n'a pas voulu faire ouverture aux gentils, mais a differé leur vocation Mesme Jesus-Christ ne s'y est point ingeré soymesme, mais a obei à la vocation de son pere Les peres en ceci ne peuvent mieux pourvoir, que d'aviser de quelle profession ils veulent que leurs enfants soyent, à fin d'accommoder les estudes à la vocation Ils font d'une telle profession [la guerre] (qu…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Mouvement intérieur par lequel Dieu appelle une personne à se consacrer à son service. Répondre, résister à sa vocation. Suivre sa vocation.

  2. La vocation des gentils, La grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la connaissance de l’évangile.

  3. La vocation d’Abraham, Le choix que Dieu fit de ce patriarche pour être le père des croyants.

  4. VOCATION désigne aussi l’Inclination que l’on ressent pour un état. Il se sent de la vocation pour les lettres, pour le barreau. Je ne m’oppose point à sa vocation. Je ne veux pas contrarier sa vocation.

  5. Il signifie encore Disposition, talent. Il a une vocation pour ces sortes d’affaires. Il a une vocation décidée pour la peinture, la musique.

  6. Il désigne également un Certain ordre de la Providence que l’on doit suivre. La vocation de l’homme est d’être utile à ses semblables. Il remplit sa vocation en soulageant les infortunés.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • vocations — pluriel — /vɔkasjɔ̃/ ou /vokasjɔ̃/
  • vocation — singulier — /vɔkasjɔ̃/ ou /vokasjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vocation#64698.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.