vivré · vivre

vivré

adjectif, /vivʁe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Terme de blason. Se dit de pièces disposées comme la vivre, c'est-à-dire, formant une ligne tortueuse.

Étymologie : Vivre 3.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • vivrées — pluriel féminin
  • vivrés — pluriel masculin
  • vivrée — singulier féminin
  • vivré — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vivré#95360.

vivre

nom, masculin, /vivʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 3

s. f.

  1. Terme de blason. Serpent tortueux.

Étymologie : Le même que guivre (voy. ce mot).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Nourriture.

    Cent fleuves épars Qui dispersaient le vivre aux gens de toutes parts — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Il fit tant, de pieds et de dents, Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage Le vivre et le couvert : que faut-il davantage ? — La Fontaine (1621-1695)

  2. Au plur. Toutes les choses qui servent à la nourriture. Les vivres sont fort chers, et le vin est hors de prix. Couper les vivres, intercepter les approvisionnements d'une armée, d'une ville, etc. Fig. Couper les vivres, supprimer l'envoi d'une pension alimentaire.

    On donnait à ces sauvages des bonnets rouges, des grains de verre, des épingles, des couteaux, des sonnettes, et ils donnaient de l'or et des vivres — Raynal (1713-1796)

    Ces vivres consistaient en un gros pain de seigle, un petit fromage, un morceau de lard et deux ou trois livres de bœuf ; ma mère y avait ajouté une douzaine de pommes — Marmontel (1723-1799)

  3. En termes de marine, provision des choses nécessaires à la nourriture de l'équipage d'un navire ou des équipages d'une flotte. Vivres de campagne, les vivres composés de viandes salées ou en daube, de légumes secs et de biscuit.

  4. Entreprise de la fourniture du pain et de la viande pour les armées. Faire fortune dans les vivres. L'administration des vivres. Les vivres-pain. Les vivres-viande.

Étymologie : Vivre 1.

Historique : XIIe s. Clere e de dete e d'el [d'autre chose] aurunt e curt e lei, E tuit cil qui d'aumosne unt e vivre e conrei XIIIe s. L'enfant... deit aveir son vivre convenablement de son fié Li creanciers li doit livrer [au débiteur incarcéré] son vivre XIVe s. Car des vivres [ils] avoient plus qu'on n'aloit pensant XVe s. Allons, allons, on se doit aventurer pour son vivre À la charge de tel portion de quint et vivre naturel [pension alimentaire] XVIe s. En toutes choses... la mutation est à craindre, la mutation des saisons, des vivres, des humeurs

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • vivres — pluriel — /vivʁə/
  • vivre — singulier — /vivʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vivre#64674.

vivre

verbe, /vivʁə/

Définitions

  1. Être en vie ; passer son existence quelque part ou d'une certaine manière.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (22 sens) — Académie 1935 (42 sens)

Littré (1873) — entrée 1

v. n.

  1. Être en vie. Les oiseaux vivent dans l'air, et les poissons dans l'eau. Les chênes vivent fort longtemps. Âme, personne qui vive, avec une négation, personne. Faire vivre, prolonger l'existence. Le régime rigoureux qu'il suit, le fait vivre. Le médecin a fait vivre ce malade dont la poitrine est menacée. Fig. Dans le style élevé. Il a vécu, il est mort. Fig. J'ai vécu, ma vie est finie, touche à son terme. Il n'a que trop vécu, se dit d'une personne qu'on menace de faire mourir. Vis, vivez, se dit à une personne à qui l'on fait grâce de la vie. Par exagération. Ne pas vivre, être dans des inquiétudes continuelles qui troublent la vie. On dit dans le même sens : ce n'est pas vivre. Il est toujours malade, ce n'est pas vivre.

    Il n'y a rien qui exhorte tant à savoir bien mourir, que de n'avoir point de plaisir à vivre — Voiture (1597-1648)

    Mes crimes, en vivant, me la pourraient ôter [la vie céleste] — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Dieu vit de toute éternité, vit dans les siècles des siècles, vit par lui-même, se dit pour exprimer la vie de Dieu infinie, éternelle, indépendante. Les bienheureux vivront éternellement avec Dieu dans la gloire, ils jouiront de la vue de Dieu pendant l'éternité. En termes de dévotion, il se dit par rapport à la disposition de l'âme qui est en état de grâce. Un pécheur converti vit de la vie de grâce, vit d'une vie nouvelle.

    Représentez-vous un véritable juste qui vit de la foi — Massillon (1663-1742)

  3. Passer sa vie en un certain temps. Ceux qui ont vécu avant l'ère chrétienne. Joinville a vécu dans le XIIIe siècle, et est mort au commencement du XIVe. Il se dit aussi par rapport au gouvernement, aux usages, aux lois du pays où l'on demeure. Les lois, les coutumes sous lesquelles nous vivons. En termes de galanterie, vivre sous les lois d'une femme.

    Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude — Molière (1622-1673)

  4. Passer sa vie. D'une façon emphatique et absolument. Employer sa vie. Avoir trop vécu, s'être livré à des excès dans sa jeunesse.

    Si c'est un aveuglement surnaturel de vivre sans chercher ce qu'on est, c'en est un terrible de vivre mal en croyant Dieu — Pascal (1623-1662)

    Est-on dans les grandes places pour se reposer et pour vivre ? — Bossuet (1627-1704)

  5. Vivre pour, consacrer sa vie à. Ne vivre que pour servir Dieu, que pour son pays, que pour l'étude. On a dit dans le même sens : ne vivre qu'à.

    Ce cœur qui n'a jamais vécu que pour son époux — Bossuet (1627-1704)

    Moi, j'aimerais Roxane, ou je vivrais pour elle ! — Jean Racine (1639-1699)

  6. Vivre avec une femme, avoir avec elle des rapports conjugaux. En un sens défavorable. Vivre en état de concubinage. Elle vit avec un jeune homme. Vivre avec le public, vivre dans la prostitution.

    Pour éviter la fornication, que chaque homme vive avec sa femme, et chaque femme avec son mari — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Savez-vous seulement [vous, Œdipe] avec qui vous vivez ? — Voltaire (1694-1778)

  7. Il se construit avec certains noms de temps et d'une manière qui pourrait faire croire qu'il a un régime direct ; mais il n'en est rien : c'est une ellipse de pendant, durant.

    Oui c'est moi qui voudrais effacer de ma vie Les jours que j'ai vécu sans vous avoir servie — Pierre Corneille (1606-1684)

    Le regret qu'ont les hommes du mauvais emploi du temps qu'ils ont déjà vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre, un meilleur usage — La Bruyère (1645-1696)

  8. Se nourrir. Les animaux qui vivent de proie. Il fait cher vivre dans cette ville. Il a fait meilleur vivre cette année que l'année dernière où les récoltes avaient souffert. Familièrement. Il vit de rien, il mange très peu, il dépense très peu pour sa nourriture. Fig. Vivre de régime, suivre un régime, vivre avec beaucoup de règle pour cause de santé. Vivre à table d'hôte, manger habituellement à une table commune où chacun paye tant par repas. Ils vivent en commun, se dit de plusieurs personnes qui n'ont qu'une table tenue à frais communs.

    Jean était vêtu de poil de chameau ; il avait une ceinture de cuir autour des reins, et vivait de sauterelles et de miel sauvage — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    On ne vit ni d'air ni d'amour — La Fontaine (1621-1695)

  9. Vivre sur soi-même, se dit d'une personne d'embonpoint, qui mange peu, et qui semble se sustenter de sa propre substance. Fig. Fig. Vivre de sa réputation, vivre sur sa réputation, garder son crédit, son influence non par ce qu'on fait, mais par le souvenir de ce qu'on a fait.

    Nous sommes dans un profond silence.... dans un entier éloignement de toute sorte de nouvelles, et vivant enfin sur nos réflexions — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Nous vivons [nous Français] encore un peu de notre ancienne réputation littéraire ; mais cette vie précaire ne durera pas longtemps — D'Alembert (1717-1783)

  10. Se procurer les moyens de vivre, de se soutenir. Vivre de son travail. Vivre de ses revenus. Avoir de quoi vivre, posséder un revenu suffisant pour la manière dont on vit. En mauvaise part, vivre d'industrie, vivre par des moyens peu honorables. Vivre de ménage, vivre avec économie, et fig. par plaisanterie, vendre ses meubles pour subsister. Vivre au jour le jour, au jour la journée, vivre avec ce qu'on gagne chaque jour. Fig. Vivre au jour le jour, vivre sans prévoyance, sans s'inquiéter du lendemain. Fig. Il vit de la grâce de Dieu, se dit d'un homme à qui on ne connaît aucune ressource pour subsister. Il se dit aussi d'un homme qui mange très peu, et à peine assez pour se soutenir. Fig. Vivre d'espérance, vivre dans l'attente de quelque bien, et se soutenir par cette attente.

    Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute — La Fontaine (1621-1695)

    Il est juste que ceux qui servent à l'autel vivent de l'autel — Pascal (1623-1662)

  11. Terme d'administration militaire. Se procurer les aliments nécessaires à une armée. Vivre à discrétion, se dit des soldats qui se font traiter à leur gré par les habitants du pays envahi.

    Il [le marquis de Resnel] prétend qu'on n'a pas de quoi vivre une campagne, si l'on n'a en divers magasins de quoi en vivre deux — Pellisson (1624-1693)

    Ce jour-là même, il [Napoléon] interpella hautement un administrateur par ces mots remarquables : Pour vous, monsieur, songez à nous faire vivre ici [Vitepsk] ; car, ajouta-t-il à haute voix, nous ne ferons pas la folie de Charles XII — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

  12. Se dit par rapport à la dépense que l'on fait, à l'état que l'on tient. Vivre splendidement, honorablement, noblement, grandement, largement. Vivre en prince, en grand seigneur. Vivre misérablement, mesquinement, petitement. Vivre noblement, vivre d'une façon qui ne déroge en rien à la noblesse (locution qui vieillit). Vivre noblement, vivre en gentilhomme, vivre sans rien faire.

    Je sais que la vengeance Est un morceau de roi ; car vous vivez en dieux — La Fontaine (1621-1695)

    Que dites-vous tous les jours vous-mêmes de ceux qui lui ressemblent ? un tel vit noblement ; il mange son bien avec honneur — Massillon (1663-1742)

  13. Mener une certaine existence, un genre de vie quelconque. Vivre dans le célibat, dans le mariage. Vivre dans la joie, dans la tristesse. Il vit content. Vivre paix et aise, passer sa vie tranquillement dans l'abondance (locution vieillie). Il faut laisser chacun vivre à sa mode, que chacun règle sa vie comme il l'entend. On dit de même : Chacun vit à sa mode.

    Les prêtres et les religieux, zélés et infatigables pasteurs de ce troupeau affligé, qui vivaient en Angleterre pauvres, errants, travestis — Bossuet (1627-1704)

    Si je n'ai pas vécu la compagne d'Achille — Jean Racine (1639-1699)

  14. Être en contact, en commerce habituel. Vivre avec les vivants, se conformer aux mœurs, aux usages. Vivre avec soi-même, vivre dans la retraite, sans communication avec le monde. Vivre bien, vivre mal avec quelqu'un, être en bonne, en mauvaise intelligence avec lui. Vivre bien avec quelqu'un, signifie aussi se comporter à son égard convenablement, décemment, ne pas manquer aux égards de convenance. On dit dans le sens contraire : vivre mal avec quelqu'un. Ce jeune homme vit mal avec ses parents. Cet homme est aisé, commode à vivre, il est d'un commerce facile, on vit facilement avec lui. Dans le sens contraire : C'est un homme difficile à vivre. On ne saurait vivre avec cet homme, il est d'une humeur à laquelle on ne saurait s'accommoder.

    Ah ! mon enfant, qu'il est aisé de vivre avec moi ! — Mme de Sévigné (1626-1696)

    La condition des comédiens était infâme chez les Romains, et honorable chez les Grecs ; qu'est-elle chez nous ? on pense d'eux comme les Romains, et on vit avec eux comme les Grecs — La Bruyère (1645-1696)

  15. Se conduire d'une certaine manière par rapport aux mœurs, à la religion. Vivre saintement. Vivre mal.

    Ma fille, c'est ainsi que l'on vit à Paris — Mathurin Régnier (1573-1613)

    On les voit [les vrais dévots], pour tous soins, se mêler de bien vivre — Molière (1622-1673)

  16. Se conformer aux usages du monde. Apprendre à vivre, enseigner comment il faut se conformer aux usages du monde. Familièrement. Je lui apprendrai à vivre, je lui apprendrai à agir plus convenablement ; je le corrigerai, je le punirai de sa faute. Apprendre à vivre, acquérir la connaissance des usages du monde. Le savoir-vivre, voy. SAVOIR-VIVRE.

    Ils [les faux dévots] sont trop politiques pour cela, et savent trop bien vivre pour découvrir le fond de leur âme — Molière (1622-1673)

    Nous fûmes ensuite chez Mme Colbert, qui est extrêmement civile, et sait très bien vivre — Mme de Sévigné (1626-1696)

  17. Fig. Avoir une seconde vie, demeurer dans le souvenir, dans l'affection, en parlant des personnes. Il se dit des choses dans le même sens. Cet ouvrage vivra, il passera à la postérité. Les mauvais ouvrages ne vivent pas longtemps, ils tombent bientôt dans l'oubli.

    ....oui, j'aime mieux, n'en déplaise à la gloire, Vivre au monde deux jours que mille ans dans l'histoire — Molière (1622-1673)

    Il [Alexandre] vit dans la bouche de tous les hommes, sans que sa gloire soit effacée ou diminuée depuis tant de siècles — Bossuet (1627-1704)

  18. Vive, vivent, expression qu'on emploie pour indiquer qu'on souhaite longue vie et prospérité à quelqu'un. Par extension. Vive le roi, cri de ralliement des royalistes. On dit de même : Vivent les braves ! Il se dit familièrement pour marquer qu'on estime quelqu'un, qu'on fait grand cas de quelque chose. Substantivement. Un vive-la-joie, un homme joyeux, sans souci. Vive Dieu ! sorte d'affirmation tirée de l'Écriture sainte.

    Vive le roi ! Il s'élève un grand bruit, et mille cris confus Ne laissent discerner que Vive Héraclius ! — Pierre Corneille (1606-1684)

    Le temps vient, dit le Seigneur, qu'on ne dira plus à l'avenir : Vive le Seigneur, qui a tiré les enfants d'Israël de l'Égypte ; mais Vive le Seigneur, qui a tiré les enfants d'Israël de la terre d'aquilon — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  19. Qui vive ? voy. QUI-VIVE. Vivre se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

  20. Il s'emploie quelquefois activement, avec le mot vie ou un nom de temps pour régime.

    Cette distance infinie que vos crimes avaient mise entre le Seigneur et vous, et que des siècles de pénitence, quand vous les auriez vécus, n'auraient pu remplir eux-mêmes — Massillon (1663-1742)

    Beaucoup n'auront vécu leur vie chétive.... — É. LITTRÉ

Étymologie : Prov. viure, vieure ; catal. viurer ; esp. vivir ; portug. viver ; ital. vivere ; du latin vivere ; comparez le grec βίος, vie ; le gaél. beo, vivant ; kimry, byw, vivant ; sanscr. jiv, vivre. Le wallon dit viké ; au XIIe siècle on trouve une forme viscat.

Historique : XIe s. E s'il ne volt [veut], ou s'il ne vist.... Quant tu es mors, dolur est que je vif XIIe s. Se Deu plaist et je vif, je vous metrai à mal Bien [je] cuidai vivre sans amour Dès ore en pais tout mon aé [âge] Puis fu morte la dame, ne vesqui que six ans Gardez bien ces messages [ces messagers] ; car lor vivres ert cors [sera court] Li bieneurous Job viscat entre les felons XIIIe s. Ne vivoit que de pain et d'eve au samedi Tout aussi com d'un enfant qui, quant on le trouve de bon engien, si dist on que il ne vivra mie long tans Ce est par une tel nature que tozjors li maindres [le moindre] es…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

v. intr.

  1. être doué de vie, être en vie. Tous les hommes et tous les animaux qui vivent. Si nous vivons dans ce temps-là. Saint Louis vivait au treizième siècle. Cesser de vivre. être las de vivre. Les poissons vivent dans l’eau. Les chênes vivent fort longtemps. Il se construit elliptiquement avec certains noms de temps, comme s’ils lui servaient de complément direct, en sous-entendant les mots Pendant, durant. Il a vécu quatre-vingts ans. Il vécut seulement quelques jours.

  2. Dans le style élevé, Il a vécu, Il est mort.

  3. Ne vivre que pour soi, Ne songer qu’à soi, ne s’occuper que de ses intérêts. On dit dans des sens analogues. Ne vivre que pour servir Dieu, que pour étudier, que pour le bonheur des autres, que pour les autres.

  4. Prov., Qui vivra verra, On saura cela avec le temps.

  5. Prov., On ne sait qui vit ni qui meurt se dit pour exprimer l’Incertitude où l’on est sur la durée de la vie et sur le moment de la mort. Je vais vous donner une reconnaissance de l’argent que vous m’avez prêté, car on ne sait qui vit ni qui meurt.

  6. Dans le langage théologique, Dieu vit de toute éternité, vit dans les siècles des siècles, vit par lui-même, L’existence de Dieu est éternelle et indépendante. Les bienheureux vivront éternellement avec Dieu dans la gloire, Ils jouiront de la vue de Dieu pendant l’éternité.

  7. VIVRE signifie, figurément, Employer utilement sa vie, jouir de la vie. On cesse souvent de vivre avant d’être mort. Combien d’hommes oublient de vivre, combien d’hommes meurent sans avoir vécu!

  8. Fig., Ne pas vivre se dit, par exagération, d’une Vie diminuée, troublée, en proie à l’inquiétude. Il est toujours malade, il est dans des transes continuelles, ce n’est pas vivre. Il ne vit pas, il ne fait que languir.

  9. VIVRE signifie figurément Durer, subsister; il s’emploie surtout dans le style soutenu. Un si grand prince vivra éternellement dans l’histoire. La mémoire de ce conquérant, son nom, sa gloire vivra jusque dans la postérité la plus reculée.

  10. Cet ouvrage vivra, Il passera à la postérité. Les mauvais ouvrages ne vivent que peu de temps.

  11. VIVRE se dit, en termes de Dévotion, de la Vie spirituelle. Un pêcheur converti vit de la vie de la grâce, vit d’une vie nouvelle. Dans l’écriture sainte, il est dit : Le juste vit de la foi.

  12. VIVRE signifie aussi Se nourrir, soutenir sa vie par le moyen des aliments. Donner à quelqu’un pour vivre, le faire vivre. Il n’a pas de quoi vivre. Il n’a pas les moyens de vivre. Il ne vit que de racines, que de légumes. Cet homme-là vit de peu, vit sobrement. Il vit aux dépens d’autrui, sur son revenu. Les oiseaux qui vivent de grains, de proie.

  13. Vivre de régime, Observer strictement une règle dans sa nourriture, pour rétablir ou pour conserver sa santé.

  14. Fam., Cet homme vit de rien, Il mange très peu, il dépense très peu pour sa nourriture.

  15. Fig. et fam., Il vit de l’air du temps se dit d’un Homme qui mange très peu, et à peine autant qu’il faut pour se soutenir. On dit aussi : On ne peut pas vivre de l’air du temps, On ne peut pas vivre sans ressources.

  16. Prov., Il faut que tout le monde vive, Il faut laisser ou fournir à chacun les moyens de pourvoir à son existence.

  17. VIVRE se dit également en parlant de Tout ce qui fournit les moyens de subsister, de se soutenir. Vivre de son bien, de ses rentes. Vivre de son travail, de son métier. Vivre de privations. Vivre d’aumônes. Vivre d’expédients. Vivre de rapine.

  18. Fig., Vivre de sa réputation, vivre sur sa réputation, Garder son crédit, l’estime publique, par le souvenir de ce que l’on a fait et non par ce que l’on fait actuellement.

  19. Fig., Vivre d’espérance, Vivre dans l’attente de quelque avantage être soutenu par cette attente.

  20. Vivre au jour la journée, au jour le jour, N’avoir pour subsister que ce qu’on gagne chaque jour par son travail. Il signifie aussi S’inquiéter peu du lendemain, être sans prévoyance.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (51)
  • vivrions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /vivʁijɔ̃/
  • vivrais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /vivʁɛ/
  • vivriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /vivʁije/
  • vivrais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /vivʁɛ/
  • vivraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /vivʁɛ/
  • vivrait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /vivʁɛ/
  • vivons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /vivɔ̃/
  • vivez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /vive/
  • vis — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /vi/
  • vivrons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /vivʁɔ̃/
  • vivrai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /vivʁe/
  • vivrez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /vivʁe/
  • vivras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /vivʁa/
  • vivront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /vivʁɔ̃/
  • vivra — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /vivʁa/
  • vivions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /vivjɔ̃/
  • vivais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /vivɛ/
  • viviez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /vivje/
  • vivais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /vivɛ/
  • vivaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /vivɛ/
  • vivait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /vivɛ/
  • vécûmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /vekymə/ ou /vɛkymə/
  • vécus — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /veky/ ou /vɛky/
  • vécûtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /vekytə/ ou /vɛkytə/
  • vécus — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /veky/ ou /vɛky/
  • vécurent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /vekyʁə/ ou /vɛkyʁə/
  • vécut — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /veky/ ou /vɛky/
  • vivons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /vivɔ̃/
  • vis — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /vi/
  • vivez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /vive/
  • vis — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /vi/
  • vivent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /vivə/
  • vit — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /vi/
  • vivre — infinitif — /vivʁə/
  • vécues — participe passé pluriel féminin
  • vécus — participe passé pluriel masculin
  • vécue — participe passé singulier féminin
  • vécu — participe passé singulier masculin — /veky/ ou /vɛky/
  • vivant — participe présent — /vivɑ̃/
  • vécussions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /vekysjɔ̃/ ou /vɛkysjɔ̃/
  • vécusse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /vekysə/ ou /vɛkysə/
  • vécussiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /vekysje/ ou /vɛkysje/
  • vécusses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /vekysə/ ou /vɛkysə/
  • vécussent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /vekysə/ ou /vɛkysə/
  • vécût — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /veky/ ou /vɛky/
  • vivions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /vivjɔ̃/
  • vive — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /vivə/
  • viviez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /vivje/
  • vives — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /vivə/
  • vivent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /vivə/
  • vive — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /vivə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vivre#64676.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.