visière

visière

nom, féminin, /vizjɛʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Partie antérieure du casque, qui se haussait et se baissait, et au travers de laquelle l'homme d'armes voyait et respirait (seul sens que l'historique connaisse). Lever sa visière. Porter le poignard à la visière, se disait de l'homme d'armes qui, renversant son adversaire, lui portait le poignard à la visière, pour le tuer ou le forcer à se rendre. Fig. Rompre en visière, rompre sa lance dans la visière de son adversaire ; et fig. attaquer, contredire quelqu'un en face, brusquement. Rompre en visière se dit aussi des choses avec lesquelles on se brouille.

    Je vis de votre armet la visière baissée — Jean Mairet (1604-1686)

    Marolles ayant observé que de L'isle Marivaux [contre qui il se devait battre en duel] avait son habillement de tête entr'ouvert par des grilles assez larges, dit à la Chastre que sans faute il lui donnerait dans la visière ; ce qu'il exécuta et le tua — SAUVAL

  2. Partie d'un shako, d'une casquette qui abrite le front et les yeux. Par extension.

    Et se faisant une visière de sa main gauche étendue, il interrogeait l'horizon.... — Théophile Gautier (1811-1872)

  3. Ouverture qui sert de passage aux essais dans un fourneau de recuisson.

  4. Familièrement. Vue. Fig. Avoir la visière courte, avoir peu de sagesse, de pénétration. Fig. Blesser, choquer la visière, faire chagrin à voir. Fig. Donner dans la visière de quelqu'un, lui inspirer de l'amour. Cette femme lui a donné dans la visière.

    Que les gens de savoir ont la visière tendre ! — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Vous avez la visière mal nette — Thomas Corneille (1625-1709)

  5. Rainure ou petit bouton de métal au bout du canon d'un fusil, pour diriger l'œil lorsqu'on tire. Petit morceau de fer troué qu'on lève sur le bois de l'arbalête et au travers duquel on vise.

Étymologie : Dérivé de l'anc. franç. vis, visage (voy. VIS-À-VIS) ; picard, voisière, fenêtre ; génev. j'ai rompu en visière avec lui, ce qui est une faute ; il faut : je lui ai rompu en visière.

Historique : XIIIe s. Escuiers pot avoir, quand il se combat, capel de fer à visiere et les autres armes que noz avons dites XIVe s. Et Bertran, qui l'oy, raficha sa visiere, Et feri un Anglois XVe s. Et [les deux champions] avoient avalé [baissé] leurs bassinets et clos leurs visieres L'abit de chiefs [des têtes des femmes] en estrange maniere Fait un auvent com ceulx qui font verriere, Qui leur cuevre leurs visaiges devant Piet et demi, et semble à leur visiere Qu'elles ayent le chief d'un cahuant

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Pièce du casque qui se haussait et qui se baissait, et au travers de laquelle l’homme d’armes voyait et respirait. Baisser la visière. Lever la visière. Il reçut un coup de lance dans la visière.

  2. Rompre en visière se disait autrefois au propre quand un homme d’armes rompait sa lance dans la visière de celui contre qui il courait. Il signifie, figurément, et familièrement, Attaquer, contredire quelqu’un en face, brusquement et violemment. Il lui rompit en visière.

  3. VISIÈRE se dit, par analogie, d’une Pièce de cuir, de coton, de toile, etc., formant la partie antérieure d’une casquette, d’un képi, etc., et destinée à abriter le front et les yeux. La visière d’une casquette.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • visières — pluriel — /vizjɛʁə/
  • visière — singulier — /vizjɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée visière#64574.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.