vis
nom, féminin, /vi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Vis de Saint-Gilles, escalier qui monte en rampe, et dont les marches semblent porter en l'air ; ainsi nommé du prieuré de Saint-Gilles en Languedoc, où est un escalier de ce genre qu'on a imité. Vis à jour, escalier tournant, suspendu, qui ne prend appui que sur le mur extérieur de la cage. Vis à noyau plein, escalier dont les marches sont engagées d'un côté dans le mur extérieur, de l'autre dans un noyau concentrique à ce mur. Dans un escalier tournant, vis, la pièce de bois du milieu, autour de laquelle les marches tournent en ligne spirale. Escalier à vis, escalier tournant en spirale autour d'un noyau qui soutient toutes les marches. On dit aussi, simplement, vis, en parlant d'un petit escalier de cette espèce. Vis de colonne, contour en ligne spirale du fût d'une colonne torse, ou escalier d'une colonne creuse. Le sens d'escalier est, comme on peut voir à l'historique, le sens primitif de vis.
Par comparaison des pas de la vis avec les marches de l'escalier, machine composée d'un noyau cylindrique autour duquel règne en hélice une saillie adhérente nommée filet, et qui entre dans un écrou dont le filet, aussi en hélice, remplit exactement les cannelures formées par le filet de la vis ; elle consiste théoriquement en un plan incliné autour d'un cylindre ; elle est apte à transformer un mouvement de rotation en un mouvement de translation, et réciproquement. Une vis de pressoir. L'écrou est quelquefois appelé vis intérieure, vis concave, ou vis femelle. La vis extérieure ou vis proprement dite s'appelle aussi vis mâle. Les vis sont classées : 1° d'après la nature de la substance qui doit leur servir d'écrou : vis à métal ou simplement vis ; vis à bois ; 2° d'après la forme de leurs filets vis à filet carré ; vis à filet triangulaire ; 3° d'après la forme de leur tête : vis noyée, quand la tête arase le trou qui la reçoit ; vis en goutte de suif, quand la tête est bombée ; vis à tête fraisée, quand le dessous de la tête est tronconique, etc. 4° d'après leur destination spéciale : vis arrêtoir ; vis de bride ; vis calante, qui sert à donner une position verticale à l'axe d'un instrument ; vis de pression, qui sert à maintenir une pièce mobile contre une pièce fixe ; vis de pointage, dans l'artillerie, placée sous la culasse d'un canon ou d'un obusier, elle sert à donner l'inclinaison à la pièce dans le pointage ; vis de rappel, qui sert à amener d'un mouvement lent à sa position définitive une pièce qui en est déjà très voisine. Vis-fraise, vis à laquelle on a donné la forme de fraise. Vis en blanc, pièce préparée pour être filetée en vis. Fig. et familièrement. Se démonter le visage à vis, changer de visage, comme si on en ôtait les vis.
La vis, l'une des six machines réputées simples, est un cône fort allongé ou un cylindre, sur la circonférence duquel on a creusé une gorge en spirale — Mathurin-Jacques Brisson (1723-1806)
Le premier président, assommé de ce dernier coup de foudre [M. le duc nommé gouverneur], se démonta le visage à vis — Saint-Simon (1675-1755)
Pas de vis, la distance d'un filet à l'autre, mesurée parallèlement à l'axe de la vis.
Fausse vis, vis qui sert à en tailler d'autres.
Vis sans fin, machine servant à élever des fardeaux ; elle consiste en une tige de métal, portant un filet de pas constant, par l'intermédiaire duquel cette tige engrène avec une roue dentée ; ce qui permet de transformer un mouvement de rotation en un autre beaucoup plus lent ; elle est dite sans fin, parce qu'on peut faire tourner la vis aussi longtemps que l'on veut.
Vis d'Archimède ou limace, machine composée d'un cylindre creux mobile autour d'un axe incliné, dans lequel est fixée une surface hélicoïdale ; elle sert à élever les eaux par un mouvement de rotation qu'on lui communique, l'extrémité inférieure étant plongée dans le liquide.
La vis d'Archimède est fort propre à élever une grande quantité d'eau avec une très petite force ; c'est pourquoi elle peut être très utile pour vider des lacs et des étangs — Mathurin-Jacques Brisson (1723-1806)
Vis hollandaise, machine élévatoire, analogue à la vis d'Archimède, mais dans laquelle le cylindre et la surface hélicoïdale sont indépendants l'un de l'autre.
S'est dit pour presse à imprimer.
Marie Boucher, veuve d'Antoine Crestin, imprimeur, demande que les vis que vous avez fait saisir chez elle pour avoir imprimé un livre intitulé Historia Pelagiana, lui soient rendues
Genre de coquilles univalves turriculées. Ce nom a encore été donné à quelques autres coquilles.
Étymologie : Wallon, viss ; génev. un vis ; provenç. vitz ; ital. vite. Le sens propre est escalier tournant, le mot vient donc du lat. vitis, vigne (de vieo, lier), dont les enroulements ont donné le nom à ce genre d'escalier ; du sens d'escalier on a passé à celui de vis.
Historique : XIIe s. Une vis par und l'um muntad à l'estage meien XIIIe s. Et avoient ainsi acordé leur besoigne [Louis IX et sa femme], que il tenoient leur parlement en une viz qui descendoit de l'une chambre en l'autre Ars [arcs] de cor, dont les coches entroient à vis dedans les ars XIVe s. Les unes [tenailles] o [avec] vis, les autres sanz vis Item le sepulcre où il faut [manque] deux vuisses XVe s. E volt l'empereur.... estre portez.... en hault devant la saincte armoire, qui, à grant peine de son corps, y pot estre portez pour cause de la vis estroicte Un petit coustel tournant à vis, prisé x sols t…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
Vis à tergo [lat. vis, force, à par, tergo, derrière], impulsion, pression, qui, par suite de l'action continue du cœur, des artères et des capillaires, introduit incessamment du nouveau sang dans les petites veines et de là dans les grosses : telle est la cause principale de la marche du sang dans les veines.
Étymologie : Lat. vis, force ; comp. ἲς, ἰνὸς, nerf, force.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Pièce cylindrique ou conique de métal, de bois, etc., cannelée en spirale, et que l’on enfonce en la faisant tourner sur elle-même. Une vis de fer, de cuivre, de bois. Le filet d’une vis. Vis à bois, à métaux. Une vis de pressoir. La vis est rompue dans l’écrou. Vis à tête plate, à tête ronde. Les vis d’une serrure.
Pas de vis, Espace compris entre deux filets d’une vis.
Vis sans fin, Tige de métal à filet en spirale, qui, étant fixe, engrène dans les dents d’une roue qu’elle fait mouvoir.
Vis d’Archimède ou Limace, Machine propre à élever les eaux, consistant en un cylindre incliné qui tourne sur deux pivots et dont l’intérieur est cloisonné en spirale.
Escalier à vis, Escalier tournant en spirale autour d’un noyau de pierre ou de bois, qui soutient toutes les marches.
Fig., Serrer la vis à quelqu’un, Réprimer certaines tendances au relâchement.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- vis — forme de base — /vi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vis#64537.