vipère
nom, féminin, /vipɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme de zoologie. Genre de reptiles ophidiens, dont les espèces sont non pas vivipares, mais ovo-vivipares. On y distingue la vipère commune, dite vulgairement vipère, appelée aspic dans plusieurs cantons de la France, et dont une variété est la vipère grise. La vipère chersée, dite aussi petite vipère, vipère rouge en Suisse, et qui porte le nom d'aesping en Suède ; c'est une variété de cette espèce qu'on appelle vipère noire. La vipère céraste, nommée vulgairement céraste et aussi serpent cornu. Elle est appelée en égyptien aeg.
Fontana, de Florence, prouve que la liqueur vénéneuse des vipères sort du trou de deux dents — Jean Senebier (1742-1809)
Pour la morsure de la vipère on en prend [de l'alcali volatil] depuis cinq jusqu'à dix gouttes, dans un peu de vin, d'heure en heure, pour exciter une sueur abondante — Mme de Genlis (1746-1830)
L'ancienne pharmacie avait diverses préparations de vipère.
Mme de la Fayette prend des bouillons de vipères, qui lui redonnent une âme et lui donnent des forces à vue d'œil — Mme de Sévigné (1626-1696)
On prétend qu'on a vu une lettre de vous à l'impératrice de Russie, dans laquelle vous disiez : La France ressemble à une vipère, tout en est bon hors la tête — Voltaire (1694-1778)
Fig. Personne méchante, aussi dangereuse que l'est une vipère. Langue de vipère, ou, simplement, vipère, personne fort médisante.
Dans toutes les fureurs des siècles de tes pères, Les monstres les plus noirs firent-ils jamais rien, Que l'inhumanité de ces cœurs de vipères Ne renouvelle au tien ? — Malherbe (1555-1628)
Serpent couvert de fleurs, dangereuse vipère, Jeune fille.... — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Vipère fer de lance, un trigonocéphale.
Vipère marine, plusieurs poissons.
Étymologie : Provenç. vibra, vipera ; espagn. vibora ; ital. vipera ; du lat. vipĕra, de vivus, vif, vivant, et parere, enfanter. L'accent étant sur vi, la forme régulière est vipre ou guivre (voy. ce mot) ; vipère a été refait sur le latin.
Historique : XIIIe s. Vipre est une maniere de serpent.... XIVe s. Philotecles qui avoit esté mors d'un serpent appellé vipere XVIe s. Ainsi qu'aspicz et venimeux visperes, De vos gueulles vomissez improperes Il y entra de la chair de vipere, qui est un serpent venimeux
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Espèce de serpent venimeux et vivipare. Vipère commune. Vipère noire. Il a été mordu par une vipère.
Fig., Langue de vipère, Personne fort médisante.
VIPÈRE se dit figurément d’une Personne malfaisante. Dans le style de l’évangile, en parlant des Pharisiens, Race de vipères.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- vipères — pluriel — /vipɛʁə/
- vipère — singulier — /vipɛʁə/
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