violent

violent

adjectif, /vjolɑ̃/ ou /vjɔlɑ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui agit avec force. Vent violent. Qui se fait sentir avec force. Une douleur violente. Une fièvre violente. Un violent mal de dents.

    L'orage est violent.... — Thomas Corneille (1625-1709)

    Pouvons.... craindre.... un plus cruel rabat-joie que la douleur sensible de songer à se séparer.... cette pensée est violente — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Qui épuise les forces.

    Cet exercice [être berné] est un peu violent, pour un homme aussi faible que je suis — Voiture (1597-1648)

    Je vous vois dans une dépense si violente.... — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Qui se livre à des violences, en parlant des personnes. Il se dit des choses au même sens. Substantivement. En style de spiritualité, les violents, ceux qui sont épris d'une extrême ardeur de dévotion.

    Je sais quel est Pyrrhus, violent mais sincère — Jean Racine (1639-1699)

    Chez ces nations violentes, rendre la justice n'était autre chose qu'accorder à celui qui avait fait une offense sa protection contre la vengeance de celui qui l'avait reçue — Montesquieu (1689-1755)

  4. Où l'on emploie la violence. Mort violente, mort causée par force, par accident, et non par une cause naturelle.

    Les grâces pudiques de la reine Esther eurent un effet aussi salutaire, mais moins violent [que l'action de Judith] — Bossuet (1627-1704)

    Les moyens violents ne conviennent point à la cause juste — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  5. Fig. Il exprime l'intensité, la force. On a de violents soupçons contre lui. Il se dit des personnes en un sens analogue.

    Que n'ose et que ne peut l'amitié violente ! — La Fontaine (1621-1695)

    Il faut que la force du proverbe soit bien violente, s'il est bien vrai que vous ne soyez pas prophète en votre pays — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Qui ne garde pas la mesure, en parlant du style.

    Celui [style] de Rousseau [Jean-Baptiste] me paraît inégal, recherché, plus violent que vif, et teint, si j'ose m'exprimer ainsi, de la bile qui le dévore — Voltaire (1694-1778)

  7. Qui fait violence à un texte.

    Que de violents correctifs ne faut-il point apporter à ses propositions [de Rusbroc, mystique] pour les rendre supportables ? — Bossuet (1627-1704)

  8. Fig. et familièrement. Qui sort de la mesure ; qui ne se peut tolérer. La proposition est violente.

    Allons, des siéges ; holà ! laquais, laquais, laquais ! en vérité, voilà qui est violent, de ne pouvoir pas avoir un laquais pour donner des siéges — Molière (1622-1673)

    Le parallèle de monsieur le Prince et de M. de Turenne est un peu violent ; mais il [Bossuet] s'en excuse en niant que ce soit un parallèle — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Wallon, violain ; provenç. violent ; espagn. et ital. violento ; du lat. violentus, de même radical que violare, violer.

Historique : XIVe s. Medecines corrosives et violentes XVe s. Pou dure chose violente Bon vin, fai moi raison d'une soif violente, Dont je suis au gosier très ardemment espris XVIe s. Mort violente Si la douleur est violente, elle est courte J'ois impatiemment gemir un lievre soubs les dents de mes chiens, quoyque ce soit un plaisir violent que la chasse Homme violent, cruel et insatiable de guerre

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est impétueux, qui agit avec impétuosité, avec une force non contenue. Vent violent. Tempête violente. Choc violent. Mouvement violent. Douleur violente.

  2. Mort violente, Mort causée par force ou par quelque accident, et non par une cause naturelle et ordinaire. Il est mort de mort violente.

  3. VIOLENT se dit également des Personnes, des sentiments et des actions. Un homme violent. Une humeur violente. Une action violente. Un discours violent. Une passion violente. Un caractère violent. Gouvernement violent et tyrannique. Violente persécution. On a de violents soupçons contre lui.

  4. Fam., Cela est violent, est trop violent se dit lorsqu’il s’agit de quelque chose d’oppressif d’injuste, qui passe toute mesure. Il demande mille francs, cela est violent, trop violent.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • violentes — pluriel féminin — /vjɔlɑ̃tə/ ou /vjolɑ̃tə/
  • violents — pluriel masculin — /vjɔlɑ̃/ ou /vjolɑ̃/
  • violente — singulier féminin — /vjɔlɑ̃tə/ ou /vjolɑ̃tə/
  • violent — singulier masculin — /vjɔlɑ̃/ ou /vjolɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée violent#64452.

violent

nom, masculin

Voir aussi : forme féminine violente

Grammaire et formes (2)
  • violents — pluriel
  • violent — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée violent#101294.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.