vieillesse
nom, féminin, /vjɛjɛsə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Le dernier âge de la vie, ou période de la vie humaine, dont on fixe le commencement à la soixantième année, mais qui peut être plus ou moins retardée ou avancée, suivant la constitution individuelle, le genre de vie et une foule d'autres circonstances. Verte vieillesse. Une belle vieillesse, une vieillesse où l'on se porte bien. Fig. Bâton de vieillesse, un enfant, un jeune parent qui sert à soutenir un vieux père, un vieux parent.
La vieillesse est un tyran qui défend, sous peine de la vie, tous les plaisirs de la jeunesse — La Rochefoucauld (1613-1680)
L'excès de la vieillesse est affreux et humiliant — Mme de Sévigné (1626-1696)
Chez les animaux, dernière période de la vie, pendant laquelle ils perdent graduellement leurs forces physiques et leur résistance à la fatigue. Il se dit des végétaux.
Les amandiers et les poiriers, dont la vieillesse rend les fruits meilleurs, dit Aristote
En parlant des choses, vétusté, ancienneté. Cette maison tombe de vieillesse. Fig. La vieillesse de l'année, l'hiver. État suranné.
Certes est beau dans sa vieillesse, et a encore de la force sur son déclin — La Bruyère (1645-1696)
On y voit [en Andalousie] tout d'une vue les montagnes chargées de neige et les campagnes couvertes de fruits... l'hiver et l'été y sont toujours mêlés ensemble ; et, quand la vieillesse de l'année blanchit la terre partout ailleurs, elle est ici toujours verte de lauriers, d'orangers et de myrtes — Voiture (1597-1648)
Collectivement. Les vieilles gens. Si jeunesse savait et si vieillesse pouvait, voy. JEUNESSE.
On voit par ta rigueur [de la mort] tant de blondes jeunesses, Tant de riches grandeurs, tant d'heureuses vieillesses, En fuyant le trépas au trépas arriver — Malherbe (1555-1628)
Il faut avouer que, quand la vieillesse se met l'amour en tête, elle fait cent fois plus d'extravagances que la jeunesse — Hauteroche (1617-1707)
Étymologie : Vieil ; wallon, vîless, vyess ; provenç. velheza ; cat. vellesa ; ital. vecchiezza. L'ancienne langue disait aussi viellune et viellume.
Historique : XIIIe s. Mes dous fils ieres [tu étais] et majoie, Et mes solas et ma hauteche, Et li bastons de ma vielleche Sachez, cil sont trop honni qui n'iront [à la croisade], S'il n'ont poverte ou viellesse ou malage XIVe s. Le connestable, voir, à qui Fiennes apent, Veut rendre au roi l'espée ; viellesce le surprent Combien que lors aucuns eussent congié pour leur viellesse XVIe s. Les variables accidents que la vieillesse du temps a produits dès l'origine du monde, les establissements des empires, ruines des monarchies.... Il m'a promis d'estre bien tost de retour ; et moy à luy, que, s'il vous serv…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
âge avancé. Verte vieillesse. Belle vieillesse. Heureuse, honorable vieillesse. Vieillesse décrépite. Parvenir à l’extrême vieillesse. Dans la vieillesse. Je respecte votre vieillesse. Il est mort de vieillesse. La vieillesse d’un animal.
Fig., Bâton de vieillesse. Voyez
BÂTON.
VIEILLESSE se dit aussi des Choses et signifie Vétusté, ancienneté. Cette maison, ce bâtiment tombe de vieillesse. La vieillesse de ces chênes.
Il désigne encore collectivement les Vieilles gens en général. La vieillesse est chagrine, est avare, est soupçonneuse.
Prov., Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, Si les jeunes gens avaient plus d’expérience, et les vieillards plus de forces.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- vieillesses — pluriel — /vjɛjɛsə/
- vieillesse — singulier — /vjɛjɛsə/
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