vide · vidé

vide

adjectif, /vidə/

Définitions

  1. Qui ne contient rien ou ne renferme que de l'air.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Qui n'est pas occupé, en parlant d'un lieu, d'un siège ou d'un logement.

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  3. Qui manque de substance, d'intérêt ou de sens.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (21 sens) — Académie 1935 (21 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui ne contient rien, ou qui n'est rempli que d'air. Sa bourse est vide. Il a l'estomac vide. Avoir le cerveau vide, se dit de la faiblesse de tête qu'on éprouve par le défaut de nourriture. Jument vide, jument qui ne porte pas, qui n'est pas pleine. Un habit brodé tant plein que vide, un habit où les parties brodées occupent autant d'espace que les parties vides de broderie. En architecture, tant plein que vide, voy. PLEIN 1, n° 16. Vide se dit en parlant des massifs de maçonnerie dans lesquels on a pratiqué des cavités ou des chambrettes.

    La cruche au large ventre est vide en un instant — Boileau (1636-1711)

    Bradley a découvert que la lumière qui vient de Sirius à nous n'est pas plus retardée dans son cours que celle du soleil ; si cela ne prouve pas un espace vide, je ne sais ce qui le prouvera — Voltaire (1694-1778)

  2. Par extension, qui n'est pas occupé. Théâtre vide. Place vide. Fig. Laisser la place vide à, laisser liberté de. En parlant des pièces dramatiques, le théâtre, la scène est vide, reste vide, se dit quand les acteurs d'une scène sortent, avant qu'aucun de ceux de la scène suivante soit entré. Terme de jeux. Faire vide, se dit quand un joueur blouse toutes les billes qui sont sur le tapis, ou les fait sauter hors du billard. Les mains vides, les mains dégarnies, ne portant rien. Mains vides, mains dégarnies d'argent, en parlant de celui qu'on laisse aller sans lui rien donner. Mains vides, mains dégarnies d'argent à donner, de présent à faire, quand il s'agit de solliciter ou d'obtenir quelque chose. Il ne vient jamais les mains vides. Fig. Fig. Les mains vides signifie aussi sans faire de profits illicites ou non. C'est un honnête homme, il est sorti de hautes fonctions les mains vides.

    On nous place près de la porte sur un banc qui se trouva vide — Mme de Genlis (1746-1830)

    Heureux père et mari, ma fuite et leur tombeau Laissent la place vide à ton hymen nouveau — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Dépourvu de. Un autel vide d'offrandes.

    L'un meurt vide de sang, l'autre plein de séné — Boileau (1636-1711)

    Que dis-je ? en quel état croyez-vous la surprendre [Rome] ? Vide de légions qui la puissent défendre — Jean Racine (1639-1699)

  4. Fig. Où il n'y a point d'occupation, d'affaires, d'événements. Un temps vide, un temps libre d'occupations.

    Tout ce qui est vide dans les temps de faction et d'intrigue, passe pour mystérieux à tous ceux qui ne sont pas accoutumés aux grandes affaires — Cardinal de Retz (1613-1679)

    Qu'importe à l'histoire de diminuer ou de multiplier des siècles vides, où aussi bien l'on n'a rien à raconter ? — Bossuet (1627-1704)

  5. Fig. Qui manque de, au moral, en parlant des personnes. Vide de soi-même, exempt d'amour-propre. Absolument. Qui manque des vrais biens. Avoir la tête vide, avoir peu d'idées. Avoir le cœur vide, manquer d'affections et de sentiments.

    Je ne pense qu'à vous ; si par un miracle.... vous étiez hors de ma pensée, il me semble que je serais vide de tout — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Jusque - là mon cœur, plein de vains désirs et vide de biens solides, sera toujours dans l'agitation et dans le trouble — Bourdaloue (1632-1704)

  6. Fig. Qui manque de certaines conditions intellectuelles ou morales, en parlant des choses. Scène vide, acte vide, scène, acte sans événement, sans action, sans incident.

    Quand je vous ai dit que la grandeur et la gloire n'étaient parmi nous que des noms pompeux, vides de sens et de choses — Bossuet (1627-1704)

    Que pouvons-nous entendre par ces mots : voir tout en Dieu ? ou ce sont des paroles vides de sens, ou elles signifient que Dieu nous donne toutes nos idées — Voltaire (1694-1778)

  7. Fig. Qui offre des lacunes.

    Rien n'est vide, tout se touche, tout se tient dans la nature ; il n'y a que nos méthodes et nos systèmes qui soient incohérents — Buffon (1707-1788)

  8. Fig. Sans vertu, sans efficacité.

    Ce ne sont plus ici des temples vides, semblables à celui de Jérusalem, où tout se passait en ombre et en figure — Massillon (1663-1742)

    Il [Dieu] ouvrira vos cœurs à nos instructions, et sa parole ne retournera pas à lui vide — Massillon (1663-1742)

  9. S. m. Espace vide. Il est défendu de laisser du vide dans la minute d'un acte. Le vent a abattu des arbres et fait des vides dans vos allées.

    Il [un homme riche devenu gêné] emprunte de tous côtés pour se cacher à lui-même sa misère, il remplit par ce moyen en quelque façon le vide de sa maison — Bossuet (1627-1704)

    Comme vous n'avez pas tous les jours des livres nouveaux qui méritent votre examen, ces petits morceaux de littérature rempliront très bien les vides de votre journal — Voltaire (1694-1778)

  10. En architecture, toute ouverture ou baie dans un mur, tout espace entre les poteaux d'une cloison ou les solives d'un plancher. Les pleins et les vides, voy. PLEIN 1, n° 16. Ce mur pousse au vide, il perd son aplomb.

  11. Terme de métallurgie. Vide d'un fourneau, la cuve.

  12. L'espace vide qui est entre les corps célestes.

    Comment percer des airs la campagne profonde ? Percer Mars, le soleil et des vides sans fin ? — La Fontaine (1621-1695)

    La constance du mouvement des astres, qui subsiste depuis des millions d'années sans altération, a persuadé à Newton que ces grands corps nagent dans le vide — Jean Sylvain Bailly (1736-1793)

  13. Terme de physique. Espace qui ne contient point d'air. Vide pneumatique, ou vide de Boyle, celui qui est produit au moyen de la machine pneumatique. Vide de Torricelli, ou vide barométrique, l'espace compris entre le sommet de la colonne mercurielle et l'extrémité close du tube. Vide absolu, ou, simplement, vide, espace supposé vide de toute matière.

    Sur le sujet du vide, ils [les anciens] avaient droit de dire que la nature n'en souffrait point, parce que toutes leurs expériences leur avaient toujours fait remarquer qu'elle l'abhorrait et ne le pouvait souffrir ; mais, si les nouvelles expériences leur avaient été connues, peut-être auraient-ils trouvé sujet d'affirmer ce qu'ils ont eu sujet de nier par là que le vide n'avait point encore paru — Pascal (1623-1662)

    Qu'y a-t-il de plus absurde que de dire.... que des corps inanimés ont des passions, des craintes, des horreurs ?... de plus, que l'objet de cette horreur fût le vide ? qu'y a-t-il dans le vide qui puisse leur faire peur ? — Pascal (1623-1662)

  14. Action d'écarter les personnes. Cet homme est méprisé, on fait le vide autour de lui. Faire le vide dans une contrée, en emmener les habitants, les bestiaux, les provisions. En 1812, l'armée russe fit le vide devant les Français.

  15. Fig. Absence, interruption dans ce qui occupe ou charme.

    Ces quinze livres quatre sous ne le mèneront pas fort loin, à moins que son industrie ou quelque commerce particulier ne remplisse les vides du temps qu'il ne travaillera pas — Vauban (1633-1707)

    Pour ne laisser aucun vide dans les plaisirs — Antoine Hamilton (1646-1720)

  16. Fig. Lacune.

    Il n'y a point de vide qu'on ne doive regretter dans une vie dont les moindres particularités ont eu quelque chose de divertissant — Antoine Hamilton (1646-1720)

    N'y a-t-il pas visiblement un vide entre le singe et l'homme ? — Voltaire (1694-1778)

  17. Fig. Il se dit par rapport aux choses ou aux personnes dont on vient d'être privé.

    La pauvre Mme de la Fayette ne sait plus que faire d'elle-même ; la perte de M. de Larochefoucauld fait un si terrible vide dans sa vie, qu'elle en comprend mieux le prix d'un si agréable commerce — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Vous trouverez un grand vide dans la maison — Bossuet (1627-1704)

  18. Fig. État d'une âme sans attache.

    Le secret d'entretenir toujours une passion, c'est de ne pas laisser naître aucun vide dans l'esprit en l'obligeant de s'appliquer sans cesse à ce qui le touche si agréablement — Pascal (1623-1662)

    Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos.... il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide — Pascal (1623-1662)

  19. Fig. Vide de, manque de.

    Ne doit-il pas [le mauvais prêtre] en chercher la cause [du peu de succès de son ministère] plus dans sa tiédeur, dans le relâchement de sa piété, dans le vide de l'esprit de Dieu, qu'il a laissé éteindre en lui... que dans l'endurcissement de son peuple ? — Massillon (1663-1742)

    Ce vide d'idées et ce vain bruit de paroles, si ordinaire dans les ouvrages de cette espèce — D'Alembert (1717-1783)

  20. Vanité, nullité, néant. Se dit avec le même sens en parlant de personnes.

    Moins vous êtes heureux dans votre élévation, plus vous devez sentir le vide de tout ce qui fait l'agitation et l'empressement des autres hommes — Massillon (1663-1742)

    Elle [l'âme] voit ce qu'elle n'avait jamais vu, ses devoirs, ses espérances.... le vide de toutes les créatures, l'abus de tous les plaisirs — Massillon (1663-1742)

Étymologie : Wallon, vûd ; bourguig. veude ; picard, uide ; génev. vuide ; provenç. voig, vuei, vuech, voh ; catal. vuyd ; du lat. viduus, qui veut dire veuf. Ajoutez : La dérivation de vide par viduus a été attaquée par MM. Schuchardt et Thomsen (Romania, avril 1875, p. 256 et 257). Il est certain que viduus a donné régulièrement vedve dans le français ancien, veuf dans le français moderne, et qu'il est difficile d'en tirer vuide ou voide (angl. void), qui sont les anciennes formes. En conséquence MM. Schuchardt et Thomsen, indépendamment l'un de l'autre, ont eu recours à un mot du latin populaire vocitus

Historique : XIe s. Que mort [il] l'abat en une voide place XIIe s. Fait Robert : la terre est voide del traïtur Qui voleit la corune tolir à sun seignur XIIIe s. Le chief ai vuit et estoné Du duel [deuil], et de l'ire et del pens Dont tot est devoiez mon sens Et por ce est il bon à le [la] dame, se ele met les teres wides d'une part et les plaines d'autre, que ele face retenue que li oir ou li executeur prennent les terres plaines Ou li manniers [meunier] par malvese garde lait courre son molin à wit.... Mais s'il le sentent vuit de science et de mors [mœurs] Cele foi est vuide qui est sans oevre Cil qui …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui ne contient rien. Place, espace vide. Tonneau vide. La bouteille est à moitié vide. Il a le ventre vide, l’estomac vide. Il n’y a plus rien dans la maison, elle est vide. Sa bourse est entièrement vide.

  2. Fig., Avoir la tête vide, le cerveau vide, éprouver la faiblesse de tête que produisent le manque de nourriture, la fatigue, etc.

  3. Fig., Le coeur vide se dit pour exprimer le Manque d’affection et de sentiments. Ces discours amusent l’oreille et laissent le coeur vide.

  4. Fig., Les mains vides, Les mains dégarnies, ne contenant rien. Il ne vient jamais les mains vides, Sans apporter quelque présent. Il croyait s’enrichir dans cette affaire; mais à la fin il est resté les mains vides, Sans avoir rien gagné.

  5. Fam., Moment vide, Moment libre d’occupation. Il y a des moments vides dans la journée, qu’on ferait bien de remplir par quelque occupation.

  6. Existence vide, Existence qui n’est pas occupée.

  7. époque vide, époque qui n’a été signalée par aucun événement remarquable.

  8. Un discours, un ouvrage vide de sens, de raison, Où il n’y a ni sens ni raison, où il n’y a rien de solide.

  9. En parlant des Pièces dramatiques, Le théâtre, la scène est vide, reste vide se dit lorsque, dans le courant d’un acte, il ne reste aucun acteur sur la scène. Une scène vide, un acte vide se dit d’une Scène, d’un acte sans événement, sans action, sans incident.

  10. VIDE s’emploie aussi comme nom masculin et signifie Espace vide. Il est mort dans cette allée beaucoup d’arbres, cela fait un grand vide. Il est interdit aux notaires de laisser du vide dans la minute de leurs actes.

  11. En termes d’Architecture, il se dit de Toute ouverture ou baie dans un mur, de tout espace qui n’est pas occupé par une construction. La façade du Palais des Doges présente cette particularité que les pleins sont au-dessus des vides.

  12. Ce mur pousse au vide, Il perd son aplomb, Il déverse ou fait ventre.

  13. VIDE, en termes de Physique, se dit d’un Espace qui ne contient point d’air. Faire le vide au moyen de la machine pneumatique.

  14. Il signifie figurément Sentiment de manque, par rapport aux personnes ou aux occupations dont on vient d’être privé. La mort de ce prince fit un grand vide à la cour. Il s’est démis de son emploi, cela fait un grand vide dans sa vie.

  15. Faire le vide autour de quelqu’un, L’isoler. On dit dans un sens analogue : Cet orateur fait le vide dans la salle où il parle, Il décourage, il fait fuir les auditeurs.

  16. VIDE se dit encore au figuré pour Vanité, néant. Il connut le vide des grandeurs humaines.

  17. à VIDE

  18. loc. adv.

  19. , Sans rien contenir. La voiture est partie à vide.

  20. Il signifie aussi Sans produire aucun effet. Le moteur, l’hélice tourne à vide.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • vides — pluriel — /vidə/
  • vide — singulier — /vidə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vide#64309.

vidé

adjectif, /vide/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Rendu vide. Tonneau vidé. En parlant d'un cheval, jarrets vidés, jarrets qui ne sont pas pleins, qui ne sont pas gras. On dit plutôt maintenant jarrets secs. Terme de blason. Se dit d'une pièce principale dont la partie intérieure est vide, et dont il ne reste plus que les bords pour en faire connaître la forme. Se dit aussi des croix et autres pièces ouvertes, au travers desquelles on voit le champ de l'écu.

  2. Fig. Réglé, terminé.

    Ah ! si vous aviez vu comme elle m'a grondée ! Elle me va chasser, l'affaire en est vidée — Pierre Corneille (1606-1684)

    Et les affaires non plaidées Sans avocats étaient vidées — Scarron (1610-1660)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • vidées — pluriel féminin — /vide/
  • vidés — pluriel masculin — /vide/
  • vidée — singulier féminin — /vide/
  • vidé — singulier masculin — /vide/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vidé#64320.

vide

nom, masculin, /vidə/

Grammaire et formes (2)
  • vides — pluriel — /vidə/
  • vide — singulier — /vidə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vide#64308.

vidé

nom, masculin, /vide/

Grammaire et formes (2)
  • vidés — pluriel — /vide/
  • vidé — singulier — /vide/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vidé#64319.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.