victimé · victime

victimé

adjectif, /viktime/

Grammaire et formes (4)
  • victimées — pluriel féminin — /viktime/
  • victimés — pluriel masculin — /viktime/
  • victimée — singulier féminin — /viktime/
  • victimé — singulier masculin — /viktime/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée victimé#64293.

victime

adjectif

Grammaire et formes (2)
  • victimes — pluriel
  • victime — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée victime#101198.

victime

nom, féminin, /viktimə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Chez les païens et les peuplades sauvages, créature vivante offerte à la divinité. Fig.

    Demain au Capitole il fait un sacrifice ; Qu'il en soit la victime ! — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je saurai, s'il le faut, victime obéissante, Tendre au fer de Calchas une tête innocente — Jean Racine (1639-1699)

  2. Chez les Juifs, animaux qu'on immolait en sacrifice. Victime propitiatoire. Victime d'expiation. Fig.

    Ils immolèrent des victimes pacifiques au Seigneur, savoir des veaux — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    La justice divine s'élève, il [le pécheur] prend son parti contre soi-même, il confesse qu'il mérite d'être sa victime — Bossuet (1627-1704)

  3. Terme de théologie. La victime offerte pour le salut des hommes, Jésus-Christ.

    Souvenez-vous, ô sacré pontife, quand vous tiendrez en vos mains la sainte victime qui ôte les péchés du monde... — Bossuet (1627-1704)

  4. Fig. Celui qui est frappé de quelque coup, comme l'était la victime des anciens.

    Lui, qui de tous les miens fit autant de victimes — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sous des formes différentes, je vis une affliction sans mesure ; mais je vis aussi des deux côtés [chez Louis XIV et Marie-Thérèse] la foi également victorieuse, et deux victimes royales immoler d'un commun accord leur propre cœur — Bossuet (1627-1704)

  5. Fig. Celui qui est sacrifié aux intérêts, aux passions d'autrui. Il fut la victime de la calomnie. Celui à qui ses propres passions sont funestes, ou à qui sa propre vertu devient fatale. Il a péri victime de ses excès. Victime de son dévouement.

    De ses propres forfaits serai-je la victime ? — Jean Racine (1639-1699)

    Je fus la victime d'une négociation amoureuse et d'un traité que les soupirs avaient fait — Montesquieu (1689-1755)

  6. S'est dit, absolument, des personnes qui périrent condamnées par les tribunaux révolutionnaires. Cheveux, costume à la victime, coiffure, habillement qui rappelait la toilette des condamnés montant à l'échafaud et qui devint à la mode dans quelques salons, lors de la réaction dont le 9 thermidor fut suivi. Bal des victimes, bal où l'on n'était admis qu'en prouvant qu'on avait une victime dans sa famille.

  7. Familièrement, une victime, un souffre-douleur, une personne objet de plaisanteries (voy. VICTIMER).

  8. Terme de cuisine. Côtelette à la victime, celle qui est cuite entre deux autres côtelettes qu'on sacrifie en les posant sur la braise, de sorte que tout le jus des deux côtelettes victimes passe dans celle du milieu.

Étymologie : Lat. victima. Les étymologistes latins varient : les uns le tirent de vincire, lier, parce qu'on liait la victime ; les autres, de vincere, parce que la victima était sacrifiée au retour de la victoire, tandis que l'hostia l'était en allant à l'ennemi ; d'autres enfin, de vigere, être fort, parce que la victima était une grosse bête, tandis que l'hostia était une petite bête. Corssen (Ausspr. 2° éd. t. I, p. 509) est favorable à cette dernière opinion.

Historique : XVIe s. Que je sois ta victime, o celeste beauté, Blanche fille du ciel, flambeau d'eternité [la Vérité]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Créature vivante offerte en sacrifice à la divinité. Victime propitiatoire. Victime expiatoire. Immoler des victimes. Gélon, ayant vaincu les Carthaginois, exigea qu’ils ne sacrifieraient plus de victimes humaines.

  2. La victime offerte pour le salut des hommes, Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST.

  3. VICTIME se dit figurément de Celui qui se sacrifie pour une cause supérieure, spécialement d’ordre religieux. Il s’est offert en victime. Les victimes du devoir.

  4. Il se dit, par extension, de Celui qui est sacrifié aux intérêts, aux passions d’autrui ou à qui ses propres passions, ses défauts ou même ses qualités sont funestes. Il fut la victime du ressentiment de cet homme puissant. Il est la victime de la calomnie. Cet enfant est une victime que son père a sacrifiée à son ambition. Il a péri victime de son imprudence, de son inexpérience. Il a été victime d’une escroquerie. Il est victime de sa bonne foi, de sa générosité.

  5. Il se dit encore de Celui qui a été tué ou blessé dans un accident, dans un crime, etc. Il a été victime d’un accident. Cet attentat a fait plusieurs victimes. Les victimes de la guerre.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • victimes — pluriel — /viktimə/
  • victime — singulier — /viktimə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée victime#64291.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.