viatique

viatique

nom, masculin, /vjatikə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Chez les religieux, l'argent qu'on leur donne pour leur dépense en allant d'un lieu à un autre. Par extension, argent donné pour un voyage à une personne quelconque. Fig. Moyen de parvenir.

    Charlemagne, apprenant la mort d'un évêque, demanda combien il avait légué aux pauvres en mourant : on répondit, deux livres d'argent ; un jeune clerc s'écria : C'est un bien petit viatique pour un aussi long voyage ; le prince, très content de cette réflexion, dit au clerc : Soyez son successeur, mais n'oubliez jamais ce mot — D'Alembert (1717-1783)

    Je l'aurais gardée très volontiers pendant six mois, et je lui aurais donné un petit viatique pour Paris — Voltaire (1694-1778)

  2. Fig. Sacrement de l'eucharistie administré aux malades en danger de mort, afin de les disposer à passer de cette vie à l'autre. Il a communié en viatique, sans avoir besoin d'être à jeun.

    Elle [la reine] reçut hier au soir Notre-Seigneur comme viatique ; ce fut la plus magnifique et la plus triste chose du monde — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Le saint viatique était excepté [lors de l'excommunication de Philippe Auguste], comme le baptême des enfants, de cette privation des choses saintes — Voltaire (1694-1778)

  3. Viatique est souvent confondu, mal à propos, avec l'extrême-onction.

    On entra à sept heures, et on le [M. Le Tourneux] trouva comme mort ; on ne put que lui donner l'extrême-onction, ne lui jugeant pas assez de connaissance pour le viatique — Sainte-Beuve (1804-1869)

Étymologie : Lat. viaticum, provision de voyage, et aussi viatique (voy. Quicherat, Addenda), de via, voie, chemin. On a là l'exemple de la différence entre un mot calqué sur le latin et un mot remanié à l'origine par la bouche française : viatique et voyage ont exactement la même étymologie.

Historique : XVe s. Chascun qui puet prant, hape et pique, Pour avoir grant estat et aise ; C'est un perilleux viatique : Tout se pert, le monde et l'eglise

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Provision d’argent ou de nourriture qu’on donne à quelqu’un pour un voyage. On lui a donné mille francs pour tout viatique.

  2. Il désigne, figurément et absolument, le Sacrement de l’Eucharistie administré aux malades en péril de mort. On lui a donné le viatique. Porter le viatique à un malade. Ce malade a reçu le saint viatique. Il a reçu Notre-Seigneur en viatique.

  3. Communier en viatique, Sans obligation d’être à jeun.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • viatiques — pluriel — /vjatikə/
  • viatique — singulier — /vjatikə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée viatique#64236.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.