viandé · viande

viandé

adjectif, /vjɑ̃de/

Grammaire et formes (1)
  • viandé — singulier masculin — /vjɑ̃de/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée viandé#95124.

viande

nom, féminin, /vjɑ̃də/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Toute espèce d'aliment, tout ce qui est propre à soutenir la vie (sens primitif dont il reste plusieurs traces dans la langue). Fig. Viande de carême, le poisson salé, la morue, le hareng, le saumon, etc. et aussi les fruits secs, les figues, les raisins, etc. Chez le roi, la viande est servie, se disait les jours maigres comme les jours gras. On y disait aussi : aller à la viande, aller chercher les plats qu'on devait servir sur table. Viande creuse, mets, repas peu nourrissant. Il se dit aussi des divertissements qu'on propose à une personne qui a besoin de manger. Fig. Viande creuse, chose qui n'a point de résultat, qui ne satisfait point. Fig. Se repaître de viandes creuses, se remplir d'imaginations chimériques. Fig. Ce n'est pas là ma viande, ce n'est pas là ce que j'aime, ce que je désire. Fig. Ce n'est pas viande pour ses oiseaux, se dit d'une chose à laquelle un homme ne peut prétendre. Fig. Ce n'est pas viande prête, se dit d'une chose qu'on désire, mais qu'on ne peut espérer d'obtenir de longtemps. C'est un mangeur de viandes apprêtées, se dit d'un homme fainéant qui aime à faire bonne chère.

    Qui nous a donné cette diversité de viandes qui se succèdent l'une à l'autre selon les saisons, en telle quantité que ceux mêmes qui ne veulent rien faire trouvent de quoi vivre en ce que la terre produit fortuitement ? — Malherbe (1555-1628)

    Celui n'est délaissé qui a Dieu pour son père ; Il ouvre à tous la main, il nourrit les corbeaux, Il donne la viande aux petits passereaux — NÉRÉE

  2. Particulièrement. En général, toutes les chairs, soit des animaux terrestres et des oiseaux, soit des poissons qui servent à la nourriture. Le saumon n'est pas une viande de malade.

  3. Plus particulièrement encore, la chair des animaux dont on se nourrit, la portion rouge des muscles qui est la partie la plus nutritive de tous les tissus animaux. Viande de boucherie. De bonne viande. La viande est chère. Viande neuve, viande qui est servie pour la première fois. Ce hachis est de viande neuve. Viande blanche, viande de volaille, de lapin, de veau, etc. Viande noire, viande de lièvre, de bécasse, de sanglier, etc. Grosse viande, viande de boucherie et aussi viande des gros animaux que l'on tue à la chasse. Menue viande, la volaille, le gibier. Viande faisandée, hasardée, viande de gibier qui est près de se gâter.

    Il se réjouissait à l'odeur de la viande Mise en menus morceaux et qu'il croyait friande — La Fontaine (1621-1695)

    Samedi 9 février 1686 : le roi dîna et soupa chez lui en particulier, parce qu'il mange de la viande et qu'il n'en veut pas manger en public, quoique malade — Dangeau (1638-1720)

  4. Populairement et grossièrement, montrer sa viande, se décolleter.

  5. Fig. En termes de dévotion, l'eucharistie.

    L'eucharistie était son amour ; toujours affamée de cette viande céleste, et toujours tremblante en la recevant — Bossuet (1627-1704)

    Voilà pourquoi, dit saint Augustin, il nous a donné ce sacrement comme une viande — Bourdaloue (1632-1704)

  6. Terme d'alchimie. Viande du cœur, le mercure philosophal. Viande des morts, le mercure hermétique.

Étymologie : Provenç. vivenda, nourriture ; ital. vivanda ; du bas-lat. vivenda, ce qui sert à vivre, de vivere (voy. VIVRE).

Historique : XIIe s. Dunc comença sun cors durement à grever, E les grasses [grossières] viandes, chous e nes [navets] à user XIIIe s. Tuit cil qui deveurent mon pueple ausi comme viande de pain Nulle viande ne nous peut venir de la mer que les Sarrazins ne nous tollissent, qui estoient plus forts que nous n'estions Moult est en enfermeté grande Homs qui abosme sa viande [a en dégoût sa nourriture] XIVe s. Toutes viandes seches sont bonnes à tout homme Des amis qui sont pour delettacion, peu en souffisent en la maniere que es viandes souffist un peu de salse Le pain, qui est le principal et la plus noble v…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Chair des animaux et des oiseaux dont on se nourrit. Viande grossière, indigeste, lourde, nourrissante, délicate, savoureuse. Viande mortifiée. Viande fraîche, fraîche tuée. Viande trop faite. Viande gâtée. Viande frigorifiée. Viande bouillie, rôtie, grillée, chaude, froide. Viande piquée, lardée, bardée. Un plat de viande. Laisser dessécher, laisser brûler de la viande. Acheter de la viande. De la viande de boeuf, de mouton, de porc.

  2. Viande blanche, Viande de volaille, de lapin, de veau, etc. Viande noire, Viande de lièvre, de chevreuil, de sanglier, etc. Grosse viande ou Viande de boucherie, Viande de boeuf, de mouton, de porc.

  3. Fig. et fam., Viande creuse, Mets peu nourrissant. Il ne s’emploie plus qu’au figuré. Se repaître de viandes creuses, Se remplir d’imaginations chimériques et d’espérances mal fondées.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • viandes — pluriel — /vjɑ̃də/
  • viande — singulier — /vjɑ̃də/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée viande#64232.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.