vertu
nom, féminin, /vɛʁty/
Définitions
Disposition constante à faire le bien et à éviter le mal.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Qualité morale particulière, comme le courage, la justice ou la tempérance.
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Qualité morale associée à la chasteté et à la fidélité, en particulier dans le contexte traditionnel de la condition féminine.
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Locution prépositive signifiant « en conséquence de, par application de ».
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — ébauche — en attente de relecture · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (11 sens)
Littré (1873)
s. f.
Force morale, courage (sens propre du latin virtus). N'avoir ni force ni vertu, n'avoir ni force ni courage. Il est comme le soleil de janvier qui n'a ni force ni vertu, se dit d'un homme faible.
La honte de mourir sans avoir combattu Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu — Pierre Corneille (1606-1684)
Et, bien qu'animal sans vertu, Il [l'âne couvert de la peau du lion] faisait trembler tout le monde — La Fontaine (1621-1695)
Ferme disposition de l'âme à fuir le mal et à faire le bien. Familièrement. Vous avez bien de la vertu, se dit à quelqu'un qui vient de faire un chose pour laquelle on se sent de la répugnance. Faire de nécessité vertu, faire de bonne grâce une chose obligée, mais désagréable.
Saint Augustin dit au quatrième livre de la Cité de Dieu que la plupart des anciens ne définissaient point autrement la vertu que l'art de bien vivre.... le même propose ailleurs une autre définition de la vertu, qui est plus étendue, et dont saint Thomas s'est voulu servir, la nommant une bonne qualité qui fait bien vivre celui qui la possède, de laquelle personne ne peut mal user, et que nous tenons de la main de Dieu.... d'autres, comme Cicéron, l'ont nommée une constante disposition à bien faire et à suivre la raison — La Mothe Le Vayer (1588-1672)
La vertu rend parfois les malheurs vénérables — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Il se dit aussi de telle ou telle qualité particulière. Petites vertus, qualités morales appliquées dans les petites choses. Vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité. Vertus cardinales, la prudence, la justice, la tempérance et la force.
On ne méprise pas tous ceux qui ont des vices ; mais on méprise tous ceux qui n'ont aucune vertu — La Rochefoucauld (1613-1680)
Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés — La Rochefoucauld (1613-1680)
Personne vertueuse.
La vertu la plus ferme évite les hasards — Pierre Corneille (1606-1684)
Plus l'obstacle est puissant, plus on reçoit de gloire ; Et les difficultés dont on est combattu Sont les dames d'atour qui parent la vertu — Molière (1622-1673)
Chasteté (pudicité, ne se dit guère qu'en parlant des femmes). Au milieu des tentations, cette femme a su conserver sa vertu. Familièrement. Moyenne vertu, sagesse peu farouche. Ironiquement. Les vertus des salons, les dames qui craignent de s'effaroucher facilement.
Dieux, qui la connaissez, Est-ce donc sa vertu que vous récompensez ? — Jean Racine (1639-1699)
Ta femme est une vertu : Ce soir tu seras battu — Béranger (1780-1857)
Qualité qui rend propre à produire certains effets. Faire vertu, exercer une certaine influence. Terme de scolastique. Absence de vertu, état de deux substances qui n'ont aucun effet l'une sur l'autre. Terme d'alchimie. Vertu céleste, la chaleur naturelle ou le feu interne de la matière.
Ces herbes ne sont pas d'une vertu commune ; Moi-même, en les cueillant, je fis pâlir la lune — Pierre Corneille (1606-1684)
Cet homme ne chasse les démons que par la vertu de Beelzébut, prince des démons — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Au plur. Terme de théologie. Un des ordres de la hiérarchie céleste. Les Dominations, les Vertus. On met un grand V.
En vertu de, loc. prép. En conséquence de, en raison de.
Les merveilles qu'il fit en vertu de cet art damnable — Bossuet (1627-1704)
Qu'on me dise en vertu de quoi cet homme-là s'est mis dans la tête que je ne l'aime point — Marivaux (1688-1763)
Vertu de ma vie ! sorte d'exclamation. Face d'homme porte vertu, la présence d'un homme sert bien à ses affaires.
Vertu de ma vie, comme vous débitez ! — Molière (1622-1673)
Étymologie : Bourguign. vatu ; Berry, vartu, propriété ; provenç. vertut, virtut ; espagn. virtud ; ital. virtù ; du lat. virtutem, de vir, homme ; comparez le sanscr. vīra, héros.
Historique : XIe s. Signur baron, de Deu aiez vertu [force] [Il] Nen ad vertut, trop ad perdut del sanc Pur Karlemagne fist Deus vertuz mult granz XIIe s. Vertu me done [donne-moi force] vers cele gent haïe Condui ma gent à force et à vertu En Deu ferums vertu, e il à nient demerrat [mènera] les travaillanz nus [ceux qui nous persécutent] XIIIe s. Li cuens de Champaigne Et li rois d'Espaigne Fussent vil et abattu, Et France fust en vertu Saint Bernars dist : vertus est us de la volenté selonc le jugement de raison Il n'est pas des vertus aussi comme des ars ; car qui veult estre bons en aucune art, il ne l…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Disposition ferme, constante de l’âme, qui porte à faire le bien et à fuir le mal. Vertu sublime, héroïque, rare, éminente, solide, éprouvée. Vertus naturelles, acquises. C’est un homme de grande vertu, de haute vertu. Instruire, former à la vertu. S’avancer dans le chemin de la vertu. L’amour de la vertu. Pratiquer la vertu. Exemple de vertu. Des actes de vertu. On a mis sa vertu à l’épreuve. Exercer sa vertu.
Faire de nécessité vertu, Se résoudre à faire avec courage et de bonne grâce une chose qui est désagréable, pénible, mais qu’on ne peut pas se dispenser de faire.
Fam., Vous avez bien de la vertu se dit à quelqu’un que l’on voit s’imposer une obligation que l’on n’accepterait pas volontiers soi-même.
VERTU se dit aussi des Dispositions particulières propres à telle ou telle espèce de devoirs ou de bonnes actions. Vertu chrétienne. Les quatre vertus cardinales sont la Prudence, la Justice, la Tempérance et la Force. Les trois vertus théologales sont la Foi, l’Espérance et la Charité. La vertu de chasteté, d’humilité, de continence. Les vertus royales. Vertus guerrières, civiques, domestiques.
Il signifie spécialement Chasteté, pudicité, et ne se dit guère qu’en parlant des Femmes. Au milieu d’un monde corrupteur, cette femme a su conserver sa vertu.
Il se dit, par extension, des Personnes vertueuses. Persécuter la vertu. Honorer la vertu. Récompenser la vertu.
Il se dit encore du Pouvoir de produire un certain effet. Vertu occulte, secrète. Vertu spécifique. Les vertus des plantes, des minéraux. Cette plante a une grande vertu, a la vertu de guérir telle maladie.
VERTUS, au pluriel, dans le langage religieux, désigne Un des choeurs de la hiérarchie des anges. Les Dominations, les Vertus et les Puissances.
EN VERTU DE
loc. prép.
En conséquence de, par l’effet de, à cause du Droit de. Il a saisi en vertu d’un jugement. Il exerce en vertu des pouvoirs qu’il a reçus. En vertu de telle loi, de telle ordonnance. En vertu de quoi prétendez-vous cela?
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- vertus — pluriel — /vɛʁty/
- vertu — singulier — /vɛʁty/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vertu#64168.