vertige
nom, masculin, /vɛʁtiʒə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
État dans lequel il semble que tous les objets tournent et que l'on tourne soi-même. Fig. Vertige ténébreux, vertige, dit aussi scotomie, dans lequel au tournoiement des objets se joint un obscurcissement tel de la vue que le malade a peine à conserver l'équilibre. Vertige rhumatismal, nom donné à des accidents vertigineux qui surviennent chez les individus sujets aux douleurs rhumatismales articulaires ou musculaires. Vertige des maladies de l'oreille, vertige qui survient dans quelques maladies de l'oreille, et qui paraît tenir à une lésion des canaux demi-circulaires. En vétérinaire, vertige essentiel, encéphalite chez le cheval. Vertige abdominal, symptomatique, maladie due généralement à une irritation du tube intestinal.
Elle ne voyait plus sa route ; un vertige la lui cachait, et lui faisait apparaître mille lumières, plus vives encore que celle même du jour — Mme de Staël (1766-1817)
Ce vertige de la nature [les tremblements de terre] — Raynal (1713-1796)
Fig. Égarement des sens, folie momentanée. Terme de l'Écriture. Esprit de vertige, esprit d'erreur, de folie, d'égarement. Esprit de vertige a passé dans le langage général.
L'assassinat commis par Jean Châtel [sur Henri IV] est celui de tous qui démontre le plus quel esprit de vertige régnait alors — Voltaire (1694-1778)
Bientôt, hélas ! trop agrandi, Le vainqueur sur son trône même Chancelle, le front étourdi Des vertiges du diadème — Pierre Lebrun (1785-1873)
Étymologie : Provenç. vertige, vertitge, vertige, et aussi vis ; ital. vertigine ; du lat. vertiginem, de vertere, tourner, et le suffixe igin, qui vient de agere, agir, faire.
Historique : XVIe s. .... qu'il eust esblouissement des yeux ou vertigine, c'est à dire, qu'il luy semblast que tout tournast dessus dessous
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Tournoiement de tête, indisposition dans laquelle il semble que tout tourne. Quand on regarde du haut de cette tour en bas, on éprouve des vertiges. Il a le vertige. Il est sujet à des vertiges. être pris de vertige.
Il s’emploie aussi au sens moral et signifie égarement, trouble d’esprit. On ne passe point tout à coup d’une condition si humble à un rang si élevé sans éprouver quelque vertige. Une sorte de vertige s’empara de tous les esprits.
Esprit de vertige, Esprit d’erreur, de folie, d’égarement. Il régnait alors un esprit de vertige.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- vertiges — pluriel — /vɛʁtiʒə/
- vertige — singulier — /vɛʁtiʒə/
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