vernis

vernis

nom, masculin, /vɛʁni/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Nom commun des solutions de résine et de gommes-résines dans l'alcool, les essences, la benzine, etc. dont on couvre la surface de certaines choses pour les rendre lisses et brillantes, ou pour les préserver de l'action de l'air ou de l'humidité. Fig.

    Les vernis ont plusieurs mauvais effets ; ils jaunissent, ils s'écaillent, ils altèrent les couleurs — Diderot (1713-1784)

    Les vernis sont des espèces de liquides qu'on applique en couche mince sur les corps pour les préserver de l'action des agents extérieurs — THÉNARD

  2. Enduit composé de substances vitrifiables, dont on couvre la poterie et la porcelaine. Terme de potier. Vernis en carton, sulfure de plomb parfaitement nettoyé. Vernis sec, sulfure de plomb qui renferme des parties étrangères.

    Il est dangereux d'employer des vases enduits de vernis pour renfermer les substances acides ou fermentées ; car elles peuvent dissoudre les sels de plomb qui entrent dans les vernis — Benjamin Legoarant (1792-1863)

  3. Fig. Ce qui donne aux actions, aux manières, une apparence comparée à celle des objets vernis.

    On a toutes les peines du monde à lui remettre un bon vernis sur la réputation — Dancourt (1661-1725)

    C'était un scélérat qui avait le vernis de l'esprit ; le vernis s'en est allé, et le coquin est demeuré — Voltaire (1694-1778)

  4. Sumac au vernis ou vernis du Japon, noms sous lesquels on a confondu le sumac vénéneux (térébinthacées) et le sumac vernicifère (rhus vernicifera, D. C.). L'ailante glanduleux (térébinthacées), qui est originaire de la Chine et des Moluques, a été appelée aussi vernis du Japon, bien que ce ne soit pas l'arbre dont on extrait le vernis. Vernis du Canada ou arbre au vernis, le badamier.

Étymologie : Wallon, vierni ; prov. vernis, vernitz ; cat. barnis ; esp. barniz ; port. verniz ; ital. vernice ; allem. Firniss ; angl. varnish ; bas-lat. vernicium, fernisium ; d'après Ménage, approuvé par Diez, d'un verbe fictif vitrinire, de vitrinus, qui a le caractère du verre, dérivé de vitrum, verre.

Historique : XIIe s. Et fiert [il frappe] Aliaume en l'escu de chantel, Fust et vernis li trancha et la pel XIIIe s. Nulz vers ne la puet pertuisier, Ne son vernis amenuisier XIVe s. Roches sont moult agues.... Car li ors croist desous et argens et vernis, Qœuvres [cuivre], metaus, estains, tout croist en ce pourpris XVe s. Une boeste d'argent doré, pour mettre vernis à getter sur escripture Il ne doibt mectre nulle coulleurs qui se gastent au vernis.... XVIe s. Au lieu du vernis, dont l'on se sert en plusieurs vases de terre, les anciens se servoient de la poix mixtionnée

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sorte d’enduit liquide dont on couvre la surface d’une chose pour la rendre lisse et luisante, ou pour la préserver de l’action de l’air, de l’humidité, etc. Vernis à l’essence. Vernis à l’alcool. Vernis gras. Mettre une couche de vernis. Passer un vernis sur un tableau, sur un meuble.

  2. Il se dit, par extension, d’un Enduit composé de substances vitrifiables, dont on recouvre des vases de terre, de la porcelaine, etc.

  3. Il se dit figurément de Ce qui donne une apparence brillante. Il couvre ses vices d’un vernis d’élégance.

  4. En termes de Botanique, il se dit de Divers végétaux qui produisent des sucs résineux servant à la fabrication du vernis. Vernis du Japon.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • vernis — forme de base — /vɛʁni/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vernis#64101.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.