verdeur
nom, féminin, /vɛʁdœʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Humeur, séve du bois qui n'est pas mort ou qui n'est pas encore sec. Fig.
La verdeur et autres défectuosités du bois [de charpente et de menuiserie] — Mme de Genlis (1746-1830)
Ma tige a refleuri de séve et de verdeur ; Seigneur, je vous bénis ! — Victor Hugo (1802-1885)
Ce qu'il y a de rude dans les fruits verts et le vin nouveau. Fig.
Le plomb uni aux acides fait un sel fort doux qui corrige au goût la verdeur du vin, mais qui est un poison pour ceux qui le boivent — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Aussi voit-on dans ses premiers écrits [de J. J. Rousseau] une plénitude étonnante, une virilité parfaite ; et dans les miens, tout se ressent de la verdeur ou de la faiblesse d'un talent que l'étude et la réflexion n'ont pas assez longtemps mûri — Marmontel (1723-1799)
Par extension, force du vin.
Villandri priserait sa séve et sa verdeur [d'un vin] — Boileau (1636-1711)
Fig. Jeunesse, vigueur chez les hommes.
Le but que j'avais tant de peine à trouver dans la verdeur de mon âge — La Mothe Le Vayer (1588-1672)
Je regardai ce trait d'ambition [du duc de Noailles] comme une verdeur de jeunesse gâtée par tout ce qui peut flatter le plus à tout âge — ST.-SIM.
Fig. âpreté de paroles. La verdeur d'une réponse.
Étymologie : Vert ou verd ; provenç. et espagn. verdor ; ital. verdore.
Historique : XIIIe s. La dame est jà par la verdour [verdure] En un verger cueillant la flour Et quand l'un [arbre] en sa verdor dure, Les plusors i sunt sans verdure XIVe s. Bouli en un petit pot en eaue clere pour oster la premiere verdeur XVe s. À jeunes gens qui sont en leur verdeur XVIe s. Je vous fais un present de ceste sempervive ; Elle vit longuement en sa jeune verdeur La couleur se changeant en verdeur, noirceur, lividité Ils esperoient que cette armée en sa verdeur lui donneroit moyen de s'estendre et s'asseurer La maturité a ses defaults, comme la verdeur, et pires J'ay passé une bonne partie …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Caractère de ce qui est encore vert. Il se dit spécialement de l’état du bois qui n’est pas mort ou qui n’est pas encore sec. Ce bois a encore de la verdeur.
Il se dit aussi de l’Acidité du vin. Ce vin a encore trop de verdeur, il faut attendre pour le boire.
Il se dit, figurément, de la Jeunesse, de la vigueur des hommes. Dans la verdeur de l’âge, de son âge. Il était alors dans sa verdeur.
Il se dit aussi figurément de la Rudesse des paroles. La verdeur de sa réponse fit taire les critiques.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- verdeurs — pluriel — /vɛʁdœʁ/
- verdeur — singulier — /vɛʁdœʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée verdeur#64017.