vent
nom, masculin, /vɑ̃/
Définitions
Déplacement naturel de l'air atmosphérique, de vitesse et de direction variables.
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Mouvement d'opinion ou influence qui se répand dans un groupe ou une époque.
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Gaz intestinal expulsé par l'anus.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (19 sens) — Académie 1935 (47 sens)
Littré (1873)
s. m.
Courants d'air plus ou moins rapides occasionnés par les changements qui surviennent dans la pesanteur spécifique et le ressort du fluide atmosphérique. Vent blanc, sorte de vent du midi ou de l'est, suivant les localités, qui souffle sans couvrir le ciel de nuages. Les vents reçoivent des qualifications différentes suivant leur vitesse ; les principaux sont : vent frais, qui parcourt 6 mètres à la seconde ; vent bon frais, qui parcourt 8 mètres à la seconde ; vent impétueux, qui parcourt 15 mètres. Vent coulis, vent qui passe par de petites ouvertures. Moulin à vent, voy. MOULIN. Il ne fait ni vent ni haleine, il y a un grand calme. Le vent tourne, la direction du vent change. Fig. Le vent tourne, la disposition des choses, des esprits change. Au vent, au gré du vent, se dit de ce que le souffle du vent agite. Ses cheveux flottent au gré du vent. Ce vaisseau flotte au gré du vent, à la merci du vent, il n'est plus gouverné. Aller comme le vent, plus vite que le vent, aller extrêmement vite. Jeter la plume, la paille au vent, locution prise de l'action de jeter une plume au vent pour voir d'où il souffle, et qui signifie se laisser conduire par le hasard. Mettre la plume au vent, hasarder quelque chose. Regarder de quel côté vient le vent, examiner de quel côté le vent souffle. Fig. Regarder de quel côté vient le vent, s'amuser à regarder dehors sans aucun dessein et en homme oisif. Fig. Regarder de quel côté vient le vent, signifie aussi observer le cours des événements pour y subordonner sa conduite. Autant en emporte le vent, se dit des choses légères que le vent enlève facilement. Fig. Autant en emporte le vent, c'est-à-dire tout ce que vous dites ou faites, le vent l'emporte ; il n'en reste rien. Fig. C'est une girouette qui tourne à tout vent, au moindre vent, il tourne à tout vent, se dit d'un esprit léger, inconstant. Fig. À tout vent, suivant toutes les impulsions. Fig. Humer le vent, être gobe-mouche, croire niaisement. Fig. Avoir le visage au vent, être malheureux. Fig. Lier le vent, tenter une chose impossible.
On entendit devant le Seigneur un vent violent et impétueux, capable de renverser les montagnes et de briser les rochers — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Le vent redouble ses efforts, Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts — La Fontaine (1621-1695)
Coup de vent, vent violent qui s'élève tout d'un coup. Coiffé en coup de vent, se dit d'une personne dont les cheveux sont en désordre comme si le vent les avait dérangés. Terme de marine. Coups de vent, vents très forts dont la direction varie peu.
Le temps fut très beau jusqu'au 28, que nous eûmes un coup de vent très violent de la partie de l'est — LAPÉROUSE
Vents souterrains, vents qui se forment dans les concavités de la terre.
Les vents souterrains, produits par ces agitations, soufflent et s'élancent avec violence.... — Buffon (1707-1788)
Il signifie quelquefois simplement l'air, les airs. Fendre le vent, s'en aller, faire banqueroute. Envoyer au vent, envoyer promener. Mettre flamberge au vent, tirer l'épée, dégainer. Fig. En plein vent, en plein air. Une boutique en plein vent. Terme de jardinage. Un arbre planté en plein vent, un arbre en plein vent, un arbre de plein vent, ou de haut vent, et, elliptiquement, un plein vent, un arbre qui n'a aucun abri contre le vent, qui n'est pas en espalier. Mi-vent, ou demi-vent, arbre fruitier à tige peu élevée abandonné à lui-même.
Par mes soupirs, au vent sans profit dispersés — Mathurin Régnier (1573-1613)
[Guerriers morts].... dont les troncs pourris exhalent dans les vents De quoi faire la guerre au reste des vivants — Pierre Corneille (1606-1684)
Les quatre vents, les quatre points cardinaux. Être logé aux quatre vents, être logé dans un lieu mal fermé.
Un sixième qui était un cabinet ouvert aux quatre vents — Montesquieu (1689-1755)
Les vents, personnages mythologiques, qui avaient pour fonction de souffler suivant le commandement d'Éole, leur roi. Acteurs qui, sur les théâtres et surtout à l'Opéra, représentent les vents. Têtes de vents, bouches de vents, têtes, bouches peintes ou sculptées, aux joues tendues, représentant les vents.
Mais un jour que les vents, retenant leur haleine, Laissaient paisiblement aborder les vaisseaux — La Fontaine (1621-1695)
.... au printemps, quand Flore dans les plaines Faisait taire des vents les bruyantes haleines — Boileau (1636-1711)
Dans les contrées maritimes, vent de terre ou brise de terre, vent qui vient de la terre. Vent de mer, ou brise de mer, vent qui vient de la mer.
Terme de marine. Les trente-deux vents ou la rose des vents, la division du compas. Le vent considéré dans son action sur un bâtiment. Pincer le vent, rallier le vent ou au vent, serrer le vent, tenir le vent, et aller au plus près du vent, ou, elliptiquement, aller au plus près, disposer les voiles de manière que le bâtiment aille le plus près qu'il est possible de la ligne sur laquelle le vent souffle, en remontant vers le côté d'où il souffle. Avoir le vent sur un navire, être au vent d'un navire, avoir le dessus du vent, gagner le vent, le dessus du vent à un navire, se mettre entre le lieu d'où le vent souffle et le navire dont il s'agit. Fig. Gagner le vent, l'emporter. Quand un objet se trouve plus près de l'origine du vent que la perpendiculaire à la direction de l'aire de vent qui passe par un autre objet, le premier de ces objets est au vent de l'autre ; s'il est plus loin de l'origine du vent par rapport à cette perpendiculaire, il est sous le vent de l'autre objet. Cette île était au vent à nous, elle était entre le lieu d'où soufflait le vent et nous. Cette île nous restait sous le vent, nous étions entre cette île et l'endroit d'où le vent soufflait. Sous le vent, du côté opposé à celui d'où vient le vent. Fig. Avoir le dessus du vent, avoir l'avantage sur quelqu'un. Fig. Il est au-dessus du vent, se dit d'un homme en fortune, en position de ne rien craindre ; locution qui n'est pas usitée au propre dans la marine. Disputer le vent, se dit de vaisseaux qui font leurs efforts pour gagner le dessus du vent l'un par rapport à l'autre. Chicaner le vent, lutter le plus possible contre la direction du vent. Le vent est juste quand il force à tenir le plus près pour gouverner à l'aire de vent prescrite. Vent fait, vent qui ne varie plus, qui paraît devoir durer. Vents alizés, voy. ALIZÉ. Vent frais, voy. FRAIS 1, n° 2. Vent forcé, vent violent et plus fort qu'il ne faut. Avoir vent arrière, se dit de l'allure sous laquelle navigue un bâtiment, lorsque le vent le frappe dans la direction de sa poupe, et qu'il marche dans le même sens que le vent avec ses voiles déployées en conséquence. Dans un sens opposé, avoir vent debout, vent contraire, un vent opposé à la route qu'on veut tenir. Être vent devant, se dit d'un navire qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant. Avoir le vent en poupe, être favorisé par le vent ; ne se dit pas souvent au propre dans la marine. Fig. Avoir le vent en poupe, être favorisé par les circonstances, avoir l'avantage sur quelqu'un. Vent largue, voy. LARGUE. Vent du large, vent soufflant de la haute mer. Avoir vent et marée, se dit d'un navire qui est poussé à la fois par le vent et par la marée montante. Fig. Avoir vent et marée, avoir toutes choses favorables pour réussir dans ses desseins. Aller contre vent et marée, avoir le vent et la marée contraires. Fig. Aller contre vent et marée, poursuivre obstinément un projet malgré les obstacles. Aller selon le vent, régler sa navigation selon le vent, et fig. s'accommoder au temps. Aller tout d'un vent, d'un même vent, faire un trajet direct pour lequel un seul et même vent est nécessaire. Proverbialement. On va d'un même vent à deux endroits opposés, et aussi : On va de tout vent à un même endroit. Fig. Quel bon vent vous amène ? se dit à une personne qui arrive, pour lui demander le sujet de sa venue.
Je ne laisserai pas de vous pouvoir montrer quelque jour des poulets [billets d'amour] en portugais.... mais j'espère que le vent [un navire poussé par le vent] emportera bientôt toutes ces affections et me mettra en lieu où j'en ai de plus solides — Voiture (1597-1648)
Dans deux jours il [un navire] sera achevé de charger, et partira au premier vent — Voiture (1597-1648)
Terme de chasse. Chasser au vent, aller dans le vent, aller contre la direction du vent. Fig. On dit aussi prendre le vent, aller à bon vent. Tirer au vent, c'est lorsque, en prenant les devants d'un animal, le chien a le vent. Porter le nez au vent, ou, elliptiquement, porter au vent, se dit des animaux et surtout des chevaux, quand ils portent la tête haute. Fig. Il se dit d'un homme qui a l'air fier et dédaigneux. Fig. Le nez au vent, en flairant les événements. Le nez au vent, se dit aussi pour indiquer un air étourdi, évaporé. Terme de fauconnerie. Bander au vent, se dit d'un faucon qui se tient sur les chiens en fuyant la crécerelle. Tenir le bec au vent, se dit du faucon qui résiste sans tourner la queue. Prendre le haut du vent, voler au-dessus du vent. Aller à vau-le-vent, avoir la queue au vent. Aller contre le vent, avoir le bec au vent. Aller l'aile au vent, voler à côté du vent.
[ Ce qui fait au poëte] Porter la tête basse et l'esprit dans le vent — Mathurin Régnier (1573-1613)
Le dirai-je ? ils portent au vent, attelés tous deux au char de la fortune, et tous deux fort éloignés de s'y voir assis — La Bruyère (1645-1696)
Fig. Influence qui favorise ou qui nuit, comme un souffle favorable ou malfaisant. Le vent des prospérités. Le vent de la faveur.
M. le Tellier se voit élevé aux plus grandes places, non par ses propres efforts, mais par la douce impulsion d'un vent favorable — Bossuet (1627-1704)
Je le plains, je le tiens échoué ; ce rigide censeur, il s'égare et il est hors de route ; ce n'est pas ainsi que l'on prend le vent et que l'on arrive au délicieux port de la fortune — La Bruyère (1645-1696)
L'air agité par quelque moyen particulier. Faire du vent avec un soufflet, avec un éventail. Instruments à vent, instruments de musique dans lesquels le son est formé par l'air qu'on y introduit. Fusil à vent, voy. FUSIL.
L'organe de la voix n'est pas simplement un instrument à vent ; il est à la fois un instrument à vent et un instrument à cordes, et beaucoup plus à cordes qu'à vent — Charles Bonnet (1720-1793)
Le vent d'un boulet, l'air agité par le passage d'un boulet de canon. Presque tous les chirurgiens de notre époque s'accordent à considérer l'action des projectiles de gros calibre, passant à proximité du corps vivant, comme impuissante à produire les contusions vulgairement attribuées au vent du boulet ; et, quand un homme tombe mort sans présenter de lésion apparente, on reconnaît qu'à la vérité la peau est intacte, le projectile ayant frappé obliquement, mais que les os sont brisés et les organes intérieurs écrasés.
Terme d'artillerie. Différence qui existe entre le diamètre d'un projectile et celui de l'âme d'une bouche à feu. On nomme spécialement ainsi la différence du diamètre de l'âme d'une bouche à feu au diamètre de la grande lunette de réception du projectile ; et on nomme vent effectif moyen la différence entre le diamètre de l'âme et la moyenne des diamètres des deux lunettes.
La théorie et l'expérience sont bien d'accord sur l'effet ordinaire de ce que l'on nomme le vent ou l'espace que l'on est obligé de laisser entre le boulet et les parois de la pièce pour pouvoir l'y introduire facilement — GUYTON
Populairement, respiration, souffle. Prendre, retenir son vent. Terme de manége. Avoir du vent, se dit d'un cheval qui commence à être poussif. Donner vent au vin, faire une petite ouverture à un tonneau plein ; sans quoi on ne pourrait en rien tirer. Donner vent à un tonneau, y faire une petite ouverture, pour en laisser sortir l'air pendant que le vin travaille. Fig. Donner vent, laisser un libre cours. Donner vent à sa colère, à son indignation.
L'un des deux compagnons grimpe au faîte d'un arbre ; L'autre, plus froid que n'est un marbre, Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent — La Fontaine (1621-1695)
Je vous conseille auparavant De reprendre un peu votre vent — La Fontaine (1621-1695)
Les gaz qui sont dans le corps de l'homme et des animaux.
Enfin vous ne l'entendez pas [le mot d'une énigme] ? - Non, qu'est-ce ? - C'est un vent échappé par en bas — Boursault (1638-1701)
La fille de Dangeau passe pour très riche, mais aussi pour ne pas retenir ses vents, dont on fit force plaisanterie — Saint-Simon (1675-1755)
Terme de vénerie. Odeur qu'une bête laisse sur son passage. Avoir le vent d'une bête. Le cerf est de plus grand vent que le lièvre. Il se dit aussi des émanations qui proviennent d'un corps quelconque. Le sanglier a eu le vent du gland, les corbeaux ont eu le vent d'une bête morte, l'odeur en est parvenue jusqu'à eux. Fig. et familièrement. Avoir vent de quelque chose, avoir vent que quelque chose se passe, en recevoir quelque avis. On dit dans le même sens : n'avoir ni vent ni nouvelle, ni vent ni voie de quelqu'un ou de quelque chose. Fig. Le vent du bureau, ce qu'on connaît ou ce qu'on présume des dispositions où sont ceux de qui dépend la décision d'une affaire.
Lorsqu'il [le loup] veut sortir du bois, il ne manque jamais de prendre le vent — Buffon (1707-1788)
J'eus quelque vent, dans le temps même, du dessein de Touteville — Cardinal de Retz (1613-1679)
Fig. Chose vaine et vide. Sur la pointe des vents, sur des choses de peu d'importance, sur des bagatelles.
Il n'y faut plus songer ; c'est se paître de vent — Mathurin Régnier (1573-1613)
Marchand des plus rusés, et qui le plus souvent Payait ses créanciers de promesse et de vent — Mathurin Régnier (1573-1613)
Vanité.
[ Lesdiguières ] avec moins de vent et plus de réflexion, c'eût été un homme en tout temps dans un royaume — Saint-Simon (1675-1755)
Nom de petits globules qui se forment entre les couches de blanc de dorure.
Étymologie : Wallon, vain ; provenç. vent, ven ; catal. vent ; espagn. viento ; ital. vento ; du lat. ventus ; comparez le goth. wajan, allem. wehen, venter, sanscr. vata, vent, vā, souffler.
Historique : XIe s. Orez [orage] i ad de tuneire e de vent XIIe s. Toutes enseignes contre venz baloians Si com fait nes [nef] que vens guie [guide] Et gesir mainte nuit al vent et à l'orage Li segrestain unt mis par fiance erramment, Qu'al premier flot irad ariere, s'il a vent XIIIe s. Si laissierent lor voiles aler au vent Et li vens est cheüs, et li tens s'asseüre À Montfaucon [gibet] le firent sus al vent encrouer Li muables se torne à chascun vent S'essiliez ere [j'étais] de la terre, Ou se ge ere mis au vent [pendu] Atant est remese la chace, Que nus [nul] n'en sot [sut] ne vent ne voie .... C'est to…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Mouvement plus ou moins rapide de l’air, suivant une direction déterminée. Le vent du nord, le vent d’est, le vent d’ouest. Vents périodiques, journaliers. Vents irréguliers, variables. Vent impétueux, modéré, faible. Vent froid, piquant, frais, doux, chaud, humide, pluvieux. Il fait grand vent. Le vent souffle du nord, de l’est. Le vent se lève. Le vent change. Le vent tourne. Le vent cesse, est tombé. être exposé au vent, à tous les vents, à tout vent. être à l’abri du vent. La force, la vitesse, la violence, l’impétuosité du vent. Il vient bien du vent par cette porte, par cette fenêtre. Cet arbre a été abattu d’un coup de vent.
Vent coulis, Léger courant d’air.
En termes de Jardinage, Arbres en plein vent, de plein vent, Arbres fruitiers de haute tige, qui ne sont point plantés en espalier et qui sont exposés au vent de tous côtés. On dit en un sens analogue, dans le langage ordinaire : Une boutique, un étalage en plein vent.
Par exagération, Il va comme le vent, il va plus vite que le vent se dit d’un Homme, d’un cheval etc., qui est très rapide à la course.
Voler au vent, être soutenu dans l’air par le vent. Une feuille, un papier qui vole au vent.
Ce vaisseau flotte au gré du vent, à la merci du vent, Il n’est point gouverné. Ses cheveux flottent au gré du vent, Ils flottent en l’air, agités par le souffle du vent.
Fig., Jeter aux vents, Disperser. Ses cendres furent jetées aux vents.
Fig., Autant en emporte le vent se dit en parlant de Promesses auxquelles on n’ajoute point de foi, ou de Menaces dont on ne craint point les effets.
Fig. et fam., C’est une girouette qui tourne à tout vent, au moindre vent; il tourne à tout vent, à tous les vents se dit d’un Homme dont l’esprit est léger, inconstant.
Fig. et fam., Regarder de quel côté vient le vent, Observer le cours des affaires et les diverses conjonctures pour régler sa conduite suivant ce que l’on découvre. Il se prend le plus souvent en mauvaise part. On dit encore en ce sens : Prendre le vent.
Fam. et par plaisanterie, Mettre flamberge au vent, Tirer l’épée.
Moulin à vent, Moulin que le vent fait mouvoir.
Prov., Petite pluie abat grand vent, Une petite pluie fait ordinairement cesser un grand vent. Il signifie aussi, figurément, Un peu de douceur apaise souvent un grand emportement, ou Une cause légère, un petit incident fait cesser quelquefois de grands troubles, de grandes querelles.
Prov. et fig., à brebis tondue Dieu mesure le vent, La Providence proportionne nos épreuves à nos forces.
En termes de Marine, Aire du vent, Direction suivant laquelle souffle le vent.
Rose des vents, Figure portée sur le cadran du compas et où sont marquées trente-deux divisions destinées à indiquer l’aire du vent.
Vent de terre ou Brise de terre, Vent qui vient de la terre et qui souffle la nuit. Vent de mer ou Brise de mer, Vent qui vient de la mer et qui souffle pendant le jour.
Avoir vent arrière, avoir bon vent, Avoir un vent qui porte directement le navire vers le point où l’on veut aller. Avoir vent debout, vent contraire, Avoir un vent directement opposé à la route que l’on veut faire. être vent devant se dit d’un Navire qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant.
Avoir le vent en poupe ne se dit plus guère au propre en termes de Marine, mais il se dit figurément pour signifier être secondé, favorisé par les circonstances.
Fig., Un bon vent, un mauvais vent, Des circonstances heureuses, malheureuses. Quel bon vent vous amène? Dans le style soutenu, Le vent de l’adversité, La mauvaise fortune. On dit de même : Le vent de la faveur, L’avantage du crédit, de la faveur. On dit aussi : Le vent tourne, Le cours des choses change, devient favorable, ou cesse de l’être.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- vents — pluriel — /vɑ̃/
- vent — singulier — /vɑ̃/
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