venin
nom, masculin · /vənɛ̃/
Usage : d'usage courant (3.35 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Substance toxique sécrétée par certains animaux et inoculée par piqûre ou morsure.
Le venin de cette vipère peut être mortel pour un enfant.
« Le venin de la vipère n'est pas un poison pour son espèce ; il ne tue point les sangsues, les limaces, l'escargot, l'aspic, la couleuvre, l'orvet »Fourcroy (1755-1809)
« J'ai su, par une longue et pénible industrie, Des plus mortels venins prévenir la furie »Jean Racine (1639-1699)
Propos ou sentiment empreint de méchanceté, de rancune ou de malveillance.
Elle a craché son venin contre son ancien associé dans toute la presse.
Synonyme : fiel.
« Ai je d'un style affreux Distillé sur sa vie un venin dangereux ? »Boileau (1636-1711)
« Les écrits où l'on m'avertit qu'il [Jurieu] répand sur moi tout ce qu'il a de venin »Bossuet (1627-1704)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : cracher son venin
Grammaire et formes (2)
- venins : pluriel · /vənɛ̃/
- venin : singulier · /vənɛ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
s. m.
Liquide malfaisant que sécrètent certaines espèces de glandes dites vénénifiques ou vénénipares chez quelques animaux, tels que la vipère, le scorpion, etc. qu'ils conservent dans un réservoir particulier, pour s'en servir comme de moyen d'attaque ou de défense, et qui, introduit dans le sang d'un autre animal, au moyen d'une morsure ou d'une piqûre, le tue plus ou moins promptement ou du moins le rend malade. Le venin du scorpion, de la guêpe. Venin subtil. Fig. Morte la bête, mort le venin, on n'a plus rien à craindre d'un ennemi lorsqu'il est mort. À la queue le venin, voy. QUEUE 1.
Le venin de la vipère n'est pas un poison pour son espèce ; il ne tue point les sangsues, les limaces, l'escargot, l'aspic, la couleuvre, l'orvetFourcroy (1755-1809)
Je puise dans leurs yeux un venin amoureuxMathurin Régnier (1573-1613)
Poison en général.
J'ai su, par une longue et pénible industrie, Des plus mortels venins prévenir la furieJean Racine (1639-1699)
La poudre de diamant n'est pas plus un venin que la poudre de corailVoltaire (1694-1778)
Par extension, principe et action des maladies contagieuses. Le venin de la petite vérole.
Boudin ...lui représentant [à Fagon, dans la variole du Dauphin] qu'eux médecins de la cour qui ne voyaient jamais aucune maladie de venin....Saint-Simon (1675-1755)
Fig. Ce qui est moralement comparé au venin matériel. Jeter tout son venin, dire, dans l'emportement de la colère, tout ce qu'on a sur le cœur. C'est un homme sans venin, il n'a point de malignité.
Les langues ont toujours du venin à répandre, Et rien n'est ici-bas qui s'en puisse défendreMolière (1622-1673)
Celui qui est en colère et qui le dit, est préférable au traditor qui cache son venin sous de belles et douces apparencesMme de Sévigné (1626-1696)
Fig. En langage de dévotion, ce qui est contraire à la doctrine de l'Église. En général, mauvaise doctrine.
Un petit livre qui a beaucoup de venin et de dissimulationBossuet (1627-1704)
La déclaration des défenseurs de Jansénius fut jugée captieuse, conçue en des termes pleins d'artifice, et cachant, sous l'apparence d'une soumission en paroles, tout le venin de l'hérésieJean Racine (1639-1699)
Venin de marée, dit aussi vif et virli, petit poisson de mer dont la piqûre cause une vive douleur.
Étymologie : Berry, varin ; bourguig. vairin ; norm. velin ; provenç. vere, veri ; catal. veri ; ital. veleno ; du lat. venenum.
Historique : XIIe s. Lo velin de detraction Venim e pureture grant merveille vomi, E jut mult lungement.... Jà soit ce que li venins del ancien anemi soit par toz les visces qui l'ont espandu el humain cuer XIIIe s. Du venim [poison] serai tost porveüe et pourquise Et touzjours dit on que en sarpent ne puet on donner venin, car trop en i a Cil [Jupiter] mist le venin es serpens Desloiatés.... pot semer trop de venin En moi n'a ne venim ne fiel ; Il ne me remaint rien souz ciel ; Tout va sa voie XVIe s. Un venin preparé à tout de la ciguë Venin contre venin duit, Car venin au venin nuit
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens
n. m.
Poison produit, chez certains animaux, par sécrétion, et qui, introduit dans le sang d’un autre animal ou d’un homme par une morsure ou une piqûre, amène de graves désordres et même la mort. Venin dangereux, mortel. Venin prompt, subtil. Le venin de la vipère, du scorpion, du serpent. Cet animal a jeté son venin.
Prov. et fig., Morte la bête, mort le venin, On n’a plus rien à craindre d’un ennemi mort.
VENIN signifie, au figuré, Malignité, rancune, haine cachée. Vous avez bien du venin contre lui. Il y a trop de venin dans ce qu’il dit. C’est une langue dangereuse, qui répand son venin partout. Le venin de la calomnie.
Il a jeté tout son venin, Dans l’emportement de sa colère, il a dit tout ce qu’il avait sur le coeur contre un tel.
C’est un homme sans venin, qui n’a point de venin, Il n’a pas de malignité, pas de rancune.
VENIN se dit aussi figurément, en langage de dévotion, d’une Doctrine dangereuse. Il y a du venin dans cette proposition. Le venin de l’hérésie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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