fiel

fiel

nom, masculin, /fjɛl/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. La bile des animaux, humeur jaune contenue dans une petite vessie adhérente au foie. On ne dit guère le fiel de l'homme ; cependant on dit, chez l'homme comme chez les animaux, vésicule du fiel pour désigner le réservoir de la bile. Fiel de bœuf, extrait de fiel, qui sert à enlever les taches de graisse.

    Frottez-lui [à Tobie] les yeux avec ce fiel de poisson que vous portez avec vous ; car assurez-vous qu'en même temps les yeux de votre père s'ouvriront, et il verra la lumière du ciel — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Fig. Amertumes, chagrins, peine.

    Que tout seul, s'il se peut, je boive tout le fiel Que répandrait sur vous la colère du ciel — Jean Mairet (1604-1686)

    Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée — Jean Racine (1639-1699)

  3. Haine, animosité, humeur caustique. Plume trempée dans le fiel, manière d'écrire pleine d'amertume et de méchanceté. On dit dans un sens analogue : langue trempée dans le fiel. Être sans fiel, n'avoir point de fiel, n'avoir ni méchanceté ni rancune. Se nourrir de fiel, s'abreuver de fiel, vivre dans le mécontentement, la jalousie, la haine.

    Ils déchargent tout leur fiel sur l'homme — Bossuet (1627-1704)

    Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots ! — Boileau (1636-1711)

  4. Fiel de verre, écume qui se forme sur les creusets pendant la fusion.

    Le fiel du verre qui s'élève au-dessus du verre fondu, n'est qu'un mélange de ces impuretés et des sels — Buffon (1707-1788)

  5. Terme de botanique. Fiel de terre, la fumeterre et la petite centaurée.

Étymologie : Provenç. fel ; espagn. hiel ; ital. fele ; du lat. fel ; comp. le grec χόλος, bile ; allem. Galle, bile.

Historique : XIIe s. C'est deable qu'ore ne fine, Qui es humains cuers met hayne, Fiel, descordance e amertors, Tant qu'il en a fait traïtors XIIIe s. Et cil donerent en la moie viande fiel, et en la moie soif m'abuvrerent d'aisil [vinaigre] En moi n'a ne venin ne fiel ; Il ne me remaint rien souz ciel ; Tout va sa voie Car au chief [bout] de neuf jours, les cors de nos gens que il avoient tuez vindrent au desus de l'yaue, et dit l'en que c'estoit pource que les fielz en estoient pourriz

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Nom que l’on donne quelquefois à la bile de l’homme ou des animaux, et plus ordinairement à celle du boeuf. La vésicule du fiel. Amer comme fiel.

  2. Il signifie, au figuré, Haine, animosité, amertume. Un homme plein de fiel. Un discours plein de fiel.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • fiels — pluriel — /fjɛl/
  • fiel — singulier — /fjɛl/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée fiel#27236.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.