vénal
adjectif, /vɛnal/ ou /venal/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui se vend, qui peut se vendre, en parlant de charges, d'offices. Les charges de notaire, d'avoué, de commissaire-priseur, etc. sont vénales. Les offices vénaux étaient ceux de justice et de finance, les offices non vénaux étaient ceux de la couronne. Fig. Valeur vénale, la valeur actuelle d'une chose dans le commerce.
On ne voit, je crois, dans l'antiquité aucune trace qui marque que les dignités soit de l'État, soit de la judicature, y aient jamais été vénales — Rollin (1661-1741)
Je vous avoue que je bats des mains, quand je vois que la justice n'est plus vénale — Voltaire (1694-1778)
Fig. Qui n'agit que par intérêt, que pour de l'argent. On dit aussi : éloquence vénale, langue vénale. C'est une plume vénale, c'est un auteur qui soutient toutes les opinions, pourvu qu'on le paye.
Mais, puisque tu te vends, va chercher qui t'achète, Perfide, et porte ailleurs cette vénale foi Qu'obtiendrait ma rivale à même prix que moi — Pierre Corneille (1606-1684)
Un délateur vénal et formidable [sous Néron]... Suilius... — Diderot (1713-1784)
Étymologie : Provenc. venal, venau ; espagn. venal ; ital. venale ; du lat. venalis, de venum, vendre ; comparez ὦνος, prix, ὦνη, achat ; sanscr. vasna, prix de vente.
Historique : XIIIe s. Amours tousjors est tournée es mauvès ; Communaus est à ceuls qui ont monnoie ; D'amours venaus por rien bien ne diroie Prions.... Après pour tous les cardonaus, Qui tous sont devenus venaus XVIe s. Qu'ils pardonnoient aux barbares, s'ilz estimoient toutes choses venales à prix d'or et d'argent.... Il vouloit rendre venal le souverain magistrat N'en va il pas comme en matiere de livres, qui se rendent d'autant plus venaulx et publicques, de ce qu'ils sont supprimez ?
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui se vend, qui peut se vendre; il ne se dit au propre que des Charges et des emplois qui s’achètent à prix d’argent. Offices vénaux. Charge vénale. Dans ce pays où les plus grandes dignités de l’état étaient vénales.
Valeur vénale, Valeur actuelle d’une chose dans le commerce, son prix marchand.
VÉNAL se dit figurément de Celui qui vend sa conscience, qui ne fait rien que par un intérêt illicite, que pour de l’argent. Son égoïsme l’a rendu vénal. C’est un homme vénal. Un orateur vénal. C’est une âme vénale.
Il se dit aussi des Choses et signifie Qui se vend pour un intérêt illicite. Une éloquence vénale.
C’est une plume vénale, C’est un auteur qui écrit pour de l’argent, ou pour quelque autre intérêt, suivant la passion de ceux qui le paient.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- vénales — pluriel féminin — /venalə/ ou /vɛnalə/
- vénaux — pluriel masculin — /veno/ ou /vɛno/
- vénale — singulier féminin — /venalə/ ou /vɛnalə/
- vénal — singulier masculin — /venal/ ou /vɛnal/
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