s. f.
Absence de sommeil pendant le temps destiné au sommeil. Il a souffert une longue veille cette nuit. Une veille prolongée. Il s'emploie plus ordinairement au pluriel. Lit de veille, lit portatif qu'on établit le soir dans la chambre d'une personne qui veut avoir quelqu'un auprès d'elle pendant la nuit. Chandelle de veille, chandelle assez longue pour durer toute la nuit. Bougie de veille, très petite bougie, qui néanmoins dure toute la nuit au moyen d'une mèche très fine. Mortier de veille, gros morceau de cire avec une mèche allumée au milieu pour éclairer une chambre pendant toute la nuit. Ces dénominations ont vieilli.
Sa vie à son déclin, s'est éteinte, pareille Au flambeau, compagnon de la savante veille, Lorsque, toute la nuit en silence allumé, Aux feux du jour naissant il s'éteint consumé — Pierre Lebrun (1785-1873)
J'ai su lui préparer des craintes et des veilles — Jean Racine (1639-1699)
État de l'économie animale dans lequel les impressions venues soit du dehors, soit du dedans, sont perçues et contrôlées par les sens et par la pensée, et où il est possible d'agir volontairement. On dit dans le même sens : état de veille. Être entre la veille et le sommeil, n'être ni tout à fait éveillé, ni tout à fait endormi. Veille des plantes, temps pendant lequel les fleurs, les feuilles qui présentent le phénomène du sommeil, restent ouvertes ou étalées.
Il est très ordinaire que dans ses rêves on voie des morts.... si on les a vus pendant le sommeil, pourquoi ne les verra-t-on pendant la veille ? — Voltaire (1694-1778)
Tranquille je m'endors, Et tranquille je veille ; et ma veille aux remords Ni mon sommeil ne sont en proie — André Chénier (1762-1794)
Garde qui se fait pendant la nuit. La veille des armes, nuit que celui qui allait être fait chevalier passait auprès de ses armes dans une chapelle.
Les veilles cesseront au sommet de nos tours — Malherbe (1555-1628)
Les chars, les royales merveilles, Des gardes les nocturnes veilles, Tout a fui — André Chénier (1762-1794)
Partie de la nuit selon la division qu'en faisaient les anciens Romains. La nuit était divisée en quatre veilles.
Vers la quatrième veille de la nuit, il [Jésus] vint à eux, marchant sur la mer — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Il se dit quelquefois pour veillée.
Avec raison vous méprisez nos veilles, Nos vieux récits et nos chants si grossiers — Béranger (1780-1857)
Au plur. Fig. Longue et forte application à l'étude, aux productions de l'esprit, aux affaires.
....Tant de rares esprits Qui t'ont choisi pour but de leurs savantes veilles — CHAPELAIN
Aristote a consacré des veilles au théâtre — Molière (1622-1673)
Le jour qui précède celui dont il est question (ainsi dit probablement, parce que la veille des fêtes, dans l'ancienne Église, était employée on veilles et prières). Fig. Se faire poissonnier la veille de Pâques, voy. PÂQUES, n° 2. Fig. À la veille de, sur le point de.
Où j'étais résolu, faisant autant que trois, De boire et de manger comme aux veilles des Rois — Mathurin Régnier (1573-1613)
Elle [une petite fille] nous vient d'assurer que le lendemain de la veille de Pâques était un mardi, puis elle s'est reprise et a dit : c'est un lundi — CH. DE SÉV.
Terme de marine. Ancre de veille ou en veille, ancre préparée afin de la pouvoir lancer à la mer en cas de besoin. Câble de veille, celui qui est étalingué à l'ancre de veille. En veille ou à la veille, se dit en parlant d'un objet qui paraît hors de l'eau ou qui surnage.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).