veillé · veille

veillé

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Auprès de qui on a fait la veille. Un malade veillé par sa femme.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée VEILLÉ, ÉE.

veille

nom, féminin, /vɛjə/

Définitions

  1. Jour qui précède immédiatement celui dont il est question.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. État d'une personne éveillée, par opposition au sommeil.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Action de rester éveillé volontairement, notamment pour surveiller quelque chose.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Surveillance attentive et continue d'un domaine ou d'une situation.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Absence de sommeil pendant le temps destiné au sommeil. Il a souffert une longue veille cette nuit. Une veille prolongée. Il s'emploie plus ordinairement au pluriel. Lit de veille, lit portatif qu'on établit le soir dans la chambre d'une personne qui veut avoir quelqu'un auprès d'elle pendant la nuit. Chandelle de veille, chandelle assez longue pour durer toute la nuit. Bougie de veille, très petite bougie, qui néanmoins dure toute la nuit au moyen d'une mèche très fine. Mortier de veille, gros morceau de cire avec une mèche allumée au milieu pour éclairer une chambre pendant toute la nuit. Ces dénominations ont vieilli.

    Sa vie à son déclin, s'est éteinte, pareille Au flambeau, compagnon de la savante veille, Lorsque, toute la nuit en silence allumé, Aux feux du jour naissant il s'éteint consumé — Pierre Lebrun (1785-1873)

    J'ai su lui préparer des craintes et des veilles — Jean Racine (1639-1699)

  2. État de l'économie animale dans lequel les impressions venues soit du dehors, soit du dedans, sont perçues et contrôlées par les sens et par la pensée, et où il est possible d'agir volontairement. On dit dans le même sens : état de veille. Être entre la veille et le sommeil, n'être ni tout à fait éveillé, ni tout à fait endormi. Veille des plantes, temps pendant lequel les fleurs, les feuilles qui présentent le phénomène du sommeil, restent ouvertes ou étalées.

    Il est très ordinaire que dans ses rêves on voie des morts.... si on les a vus pendant le sommeil, pourquoi ne les verra-t-on pendant la veille ? — Voltaire (1694-1778)

    Tranquille je m'endors, Et tranquille je veille ; et ma veille aux remords Ni mon sommeil ne sont en proie — André Chénier (1762-1794)

  3. Garde qui se fait pendant la nuit. La veille des armes, nuit que celui qui allait être fait chevalier passait auprès de ses armes dans une chapelle.

    Les veilles cesseront au sommet de nos tours — Malherbe (1555-1628)

    Les chars, les royales merveilles, Des gardes les nocturnes veilles, Tout a fui — André Chénier (1762-1794)

  4. Partie de la nuit selon la division qu'en faisaient les anciens Romains. La nuit était divisée en quatre veilles.

    Vers la quatrième veille de la nuit, il [Jésus] vint à eux, marchant sur la mer — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  5. Il se dit quelquefois pour veillée.

    Avec raison vous méprisez nos veilles, Nos vieux récits et nos chants si grossiers — Béranger (1780-1857)

  6. Au plur. Fig. Longue et forte application à l'étude, aux productions de l'esprit, aux affaires.

    ....Tant de rares esprits Qui t'ont choisi pour but de leurs savantes veilles — CHAPELAIN

    Aristote a consacré des veilles au théâtre — Molière (1622-1673)

  7. Le jour qui précède celui dont il est question (ainsi dit probablement, parce que la veille des fêtes, dans l'ancienne Église, était employée on veilles et prières). Fig. Se faire poissonnier la veille de Pâques, voy. PÂQUES, n° 2. Fig. À la veille de, sur le point de.

    Où j'étais résolu, faisant autant que trois, De boire et de manger comme aux veilles des Rois — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Elle [une petite fille] nous vient d'assurer que le lendemain de la veille de Pâques était un mardi, puis elle s'est reprise et a dit : c'est un lundi — CH. DE SÉV.

  8. Terme de marine. Ancre de veille ou en veille, ancre préparée afin de la pouvoir lancer à la mer en cas de besoin. Câble de veille, celui qui est étalingué à l'ancre de veille. En veille ou à la veille, se dit en parlant d'un objet qui paraît hors de l'eau ou qui surnage.

Étymologie : Provenç. velha ; catal. veilla ; espagn. vela ; portug. vigia ; ital. veglia ; d'une forme viglia, contractée de vigilia (voy. VEILLER).

Historique : XIIe s. Li jurs del noel fu cel an par vendresdi ; Et li jurs de la veille refu par un juesdi Les mesfaiz e la perte des mesfaiz amender, En veilles e en plur e en mult jeüner XIIIe s. La veille de la feste Saint Martin vindrent devant Jadres en Esclavoine L'en se saine [signe] parmi la vile De mes merveilles ; On les doit bien conter aux veilles ; Il n'y a nulles lor pareilles, Ce n'est pas doute M'a mis mout en veille, Por m'amie mout sospir XIVe s. La ville de Saint Crist, où l'en a accoustumé faire veilles de sainte Juille entre aucuns varlez.... XVIe s. Les veilles, les jeusnes, les haire…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. état du corps de l’homme ou de l’animal, dans lequel les sens sont en action, par opposition à Sommeil. état de veille. Certains actes accomplis dans le sommeil ne peuvent pas se reproduire pendant la veille.

  2. être entre la veille et le sommeil, N’être ni tout à fait éveillé ni tout à fait endormi.

  3. VEILLE signifie aussi Action de veiller volontairement dans le temps habituellement consacré au sommeil. Une veille prolongée bien avant dans la nuit. Les longues veilles continuelles l’ont abattu. Les veilles fréquentes altèrent la santé.

  4. La veille des armes, Ancienne cérémonie qui consistait, pour celui qui devait être armé chevalier, à passer la nuit à veiller dans une chapelle où étaient les armes dont il devait être revêtu le jour suivant. Faire la veille des armes. On dit plutôt aujourd’hui Veillée des armes.

  5. VEILLE se dit particulièrement d’une Garde qui se fait pendant la nuit. C’est votre tour de veille.

  6. VEILLES, au pluriel, se dit figurément de la Grande et longue application qu’on donne à l’étude, aux productions de l’esprit ou aux grandes affaires, le plus souvent au détriment du sommeil. Doctes, savantes veilles. Consacrer ses veilles à un ouvrage. C’est le fruit de ses veilles.

  7. VEILLE désigne aussi Une certaine partie de la nuit, dans la division qu’en faisaient les anciens. Les Romains distribuaient la nuit en quatre veilles. La première, la seconde veille.

  8. Il désigne encore le Jour qui précède un jour déterminé. La veille de Pâques, de Noël, des Rois. J’arrivai la veille de son départ. Il écrivit cette lettre la veille de sa mort. Le jour étant pris, on commença dès la veille à se préparer.

  9. Il désigne, par extension, l’époque immédiatement antérieure. à la veille de la Révolution. Un républicain de la veille.

  10. être à la veille de, être sur le point de. Nous sommes à la veille de voir de grandes choses. Il est à la veille de sa ruine.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • veilles — pluriel — /vɛjə/
  • veille — singulier — /vɛjə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée veille#63869.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.