vaste
adjectif, /vastə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui est d'une fort grande étendue. Un vaste horizon. Une vaste campagne. Par exagération et plaisanterie.
Les Romains avaient fait de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique un vaste empire — Montesquieu (1689-1755)
Ce qui est compris aujourd'hui sous le nom de Russie ou des Russies est plus vaste que tout le reste de l'Europe et que ne le fut jamais l'empire romain ou celui de Darius conquis par Alexandre — Voltaire (1694-1778)
Par extension, qui s'étend, règne sur une grande étendue.
Assez et trop longtemps une funeste guerre Par ses vastes horreurs désola cette terre — Jean Mairet (1604-1686)
Je perdrai mes États et garderai mon rang ; Et ces vastes malheurs où mon orgueil me jette Me feront votre esclave et non votre sujette — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. Se dit des choses morales, des conceptions de l'esprit, etc. Un vaste plan. Une vaste entreprise. Cet homme a l'esprit vaste, c'est un esprit vaste, un vaste génie, il a un esprit d'une étendue extraordinaire, embrassant toute sorte de connaissances, capable des plus grandes affaires. On dit de même : homme d'une vaste érudition.
Ne songez [vieillard] désormais qu'à vos erreurs passées, Quittez le long espoir et les vastes pensées — La Fontaine (1621-1695)
Je refuse d'un cœur la vaste complaisance Qui ne fait du mérite aucune différence — Molière (1622-1673)
Terme d'anatomie. Muscles vaste externe et vaste interne, ou, substantivement, le vaste externe, le vaste interne, gros muscles qui occupent le côté interne et le côté externe de la cuisse.
Étymologie : Lat. vastus, vaste et aussi désert, seul sens que l'ancienne langue connaisse, et qui se rattache aussi au germanique ; anc. haut-allem. wuosti, désert ; moy. haut-allem. wasten, ravager. Ce mot, usité dans le XIIe siècle au sens de désert, ne paraît plus dans les siècles suivants ; le Dict. français-latin de R. Estienne ne l'a pas. Il a été refait du latin au commencement du XVIIe siècle.
Historique : XIIIe s. En une waste [déserte] regiun Le meinent hors de la maisun, Dunt la terre ert [était] neire e obscure
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est d’une grande étendue. Vaste campagne. Vastes déserts. Vaste mer.
Il se dit figurément des Choses morales, des conceptions de l’esprit, etc. C’est un homme d’une vaste ambition. Il a de vastes desseins, de vastes projets. Une vaste entreprise. C’est un homme d’une vaste érudition.
C’est un esprit vaste, un vaste génie, C’est un esprit d’une étendue extraordinaire, qui embrasse plusieurs sortes de sciences, de connaissances, ou qui est capable de grandes affaires, de grandes entreprises.
VASTE s’emploie aussi comme nom masculin, en termes d’Anatomie. Vaste interne, vaste externe, Faisceaux musculaires qui concourent à former le triceps de la cuisse.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- vastes — pluriel — /vastə/
- vaste — singulier — /vastə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vaste#63829.