Littré (1873)
s. m. et f.
Celui, celle qui relève d'un seigneur à cause d'un fief. Vassal direct, celui qui tenait immédiatement son fief du seigneur de la terre. II était opposé à arrière-vassal ou vavasseur. Grands vassaux, ceux qui relevaient du roi. Fig.
L'obligation de tout vassal envers son seigneur fut de porter les armes et de juger ses pairs dans sa cour — Montesquieu (1689-1755)
Dans un capitulaire de Louis le Débonnaire, le roi distingue trois sortes de vassaux, ceux du roi, ceux des évêques, ceux du comte — Montesquieu (1689-1755)
On étend quelquefois, mais par abus, le nom de vassaux à tous ceux qui tenaient les terres de quelques seigneurs ou qui habitaient sur leurs domaines.
Des vassaux tremblants qui n'osent délivrer leurs moissons du sanglier qui les dévore — Voltaire (1694-1778)
Tes vassaux languissants qui pleuraient d'être nés — Voltaire (1694-1778)
Fig. Il se dit pour sujet, subordonné. Fig. Tandis que le vassal dort, le seigneur veille, et au contraire quand le seigneur dort, le vassal veille, c'est-à-dire pendant que le vassal néglige de rendre foi et hommage, le seigneur saisit le fief et fait les fruits siens, et au contraire, le vassal fait les fruits siens pendant que le seigneur néglige de faire saisir le fief.
.... Sur tant de vassaux je n'ai d'autorité Qu'autant que votre zèle a de fidélité — Pierre Corneille (1606-1684)
[Il] ne les associe à des emplois si hauts Que pour voir des Césars au rang de ses vassaux — Rotrou (1609-1650)
Étymologie : Provenç. vassal, vassau ; catal. vassal ; espagn. vasallo ; ital. vassallo ; du bas-latin vassus, domestique du prince, dans la loi des Allemands. Vassus vient du celtique : bas-bret. gwaz, homme serviteur ; Cornouailles, was, garçon, serviteur ; kimry, gwas, jeune, serviteur ; irland. uais et wasal, noble, de haute naissance. Vassal a eu le sens de serviteur, de vassal, de brave, de vaillant ; il a été aussi une injure, quand on a voulu surtout indiquer l'infériorité. Les deux sens essentiels dérivent du celtique.
Historique : XIe s. Dient Françeis : icist reis est vassals XIIe s. Dist Olivers : moult sunt Franc bon vassal Moult fust vasaus qui n'i fust esbaïs Vasaus doit estre qui de vasaus est nez Et dist à Pinabel : je vous desfi, vasal Barun e chevalier e sergant e vassal, Qui n'unt rien de nului fors fié anceisural, Se conbatent sovent pur lur seignur mortal Li quens Ernaus fu chevalier gentis, Et por ces armes vasals et de grant pris XIIIe s. Quant la dame s'oït si ramposner [malmener en paroles], Vergogne en ot, si dit par felonie : Par Dieu, vassal, jel di pour vous gaber XVe s. Par l'une entre, par l'autre …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).