vasé · vase

vasé

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Terme rural. Couvert de vase, de terre. Foin vasé, celui qui reste couvert de vase, de limon à la suite d'un débordement qui a submergé une prairie.

Étymologie : Vase 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée VASÉ, ÉE.

vase

nom, /vazə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) · 1873 (8 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Limon déposé au fond des étangs, des fossés, des rivières, de la mer.

    La mer transporte aujourd'hui ses vases avec les dépouilles des coquillages actuellement vivants, comme elle a autrefois transporté ces mêmes vases avec les dépouilles des coquillages alors existants — Buffon (1707-1788)

    Cette espèce de mugissement que poussent les butors en enfonçant leur bec dans la vase des marais — Buffon (1707-1788)

  2. En termes de mer, fond de vase, fond où l'ancre s'arrête difficilement.

    Nous mouillâmes dans la baie de Montevideo par quatre brasses d'eau, fond de vase molle et noire — BOUGAINV.

    Là, échoués sur une vase molle, les navires peuvent se livrer sans inquiétude à toutes les réparations dont ils ont besoin — Raynal (1713-1796)

Étymologie : Norm. gaze ; portug. vasa ; du néerland. wase ; anglo-sax. vase, boue.

Historique : XVIe s. Lanoue avec ses gens de cheval fit une charge de 300 pas dans les vases de la mer retirée La seche.... estant cachée dans le sable ou dans la vase

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Sorte de vaisseau destiné à contenir des liqueurs, des fruits, des fleurs, des parfums. Vase d'or, d'argent, de cristal, d'argile, de porcelaine. Vase étrusque, se dit de certains vases de terre, colorés de rouge, de noir et quelquefois de jaune et de blanc que l'on trouve en Italie dans des tombeaux. On dit plutôt aujourd'hui vases grecs, parce qu'ils ne sont pour la plupart que des imitations de modèles grecs, ou vases peints, parce qu'ils portent des sujets peints en noir ou rouge sur fond jaune, ou en rouge ou jaune sur fond noir. Il se dit aussi de certains vaisseaux de forme élégante qui servent d'ornement dans les jardins, dans les palais, etc. Des vases de porphyre. Terme d'architecture. Vases d'amortissement, ceux qui terminent la décoration des façades.

    L'emploi des vases avec lesquels les anciens construisaient des voûtes cent fois plus légères que les nôtres et aussi durables — Antoine Mongez (1747-1835)

    L'usage où furent les Grecs de placer des vases résonnants dans leur théâtre, usage dont Vitruve est le seul témoin — Antoine Mongez (1747-1835)

  2. Vases sacrés, voy. SACRÉ. Vase de sang, petit vase plein d'une matière rougeâtre qu'on trouve près de certaines tombes chrétiennes dans les catacombes de Rome, qu'on a cru être la marque de la tombe d'un martyr, et qui paraît n'être qu'une relique mise comme telle auprès d'un tombeau quelconque de chrétien.

  3. Terme de physique. Principe des vases communiquants, principe d'hydrostatique : lorsqu'un liquide pesant est en équilibre dans deux vases qui communiquent, la pression sur une même couche horizontale est la même dans les deux vases. Vase de Mariotte, appareil employé pour obtenir au moyen de la pression atmosphérique un écoulement constant.

  4. Terme de jardinage. Forme donnée à certains arbres ; le vase a une tige très courte de 0m, 15 à 0m,20 au plus, d'où partent plusieurs ramifications qui sont dirigées circulairement. La forme de vase est donnée aussi aux arbres à haute tige ; alors la forme en vase commence environ à 2 mètres du sol. Il s'est dit aussi de la corolle de certaines fleurs.

    Aussi est-elle [une tulipe] nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées ; elle a un beau vase ou un beau calice : il la contemple, il l'admire — La Bruyère (1645-1696)

  5. Fig. Terme de dévotion. Vase d'élection, vase d'élite, celui qui est choisi de Dieu. Vase de miséricorde, de pureté, celui qui est rempli de miséricorde, de pureté ; vase de colère, celui sur qui s'appesantit la colère de Dieu.

    C'est l'humilité qui nous rend capables de posséder Dieu, d'être des vases d'élection propres à contenir les dons de Dieu — Bourdaloue (1632-1704)

    Ce furent là les premières bénédictions dont le ciel prévint notre vase d'élite [notre saint] — Massillon (1663-1742)

  6. Terme d'architecture. Vase de chapiteau, la masse du chapiteau corinthien qu'on orne de feuillages et de volutes. Terme de serrurerie. Ornement en cuivre ou en fer que l'on rapporte par le haut d'un pilastre de rampe. Partie en forme de poire faite ou rapportée au bout d'un croissant de cheminée. Petit profil en forme de vase qu'on fait au haut et au bas d'une fiche.

  7. Vase jacqueline, vase à puiser, coquille univalve.

  8. Petite constellation méridionale qu'on appelle plus souvent la Coupe.

Étymologie : Génev. vas, tonneau, vaisseau d'une église ; provenç. vas ; espagn. et ital. vaso ; du latin vas, qui se rapporte au sanscr. vas, habiter, vêtir ; le sanscr. vasanam signifie habitation et vase. Au XIVe siècle, la vase s'est dit pour l'épée, à cause que le latin vasa avait pris le sens d'armes.

Historique : XVIe s. Comme l'eau que l'on transvase, qui toujours coule, et s'accomode à la façon et figure des vases et lieux qui la reçoivent Nous diviserons le potager par piancnes, couches, quarreaux, vazes, diversement nommés, pour, commodement et sans confusion, y loger la potagerie, selon leurs especes Au vase estroit maintenant je ressemble, Qui, tout plain d'eau, goute à goute la rend

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Bourbe, limon qui se dépose au fond de la mer, des fleuves, des étangs, etc. Il y a dans cet endroit beaucoup de vase. Ce navire, ce bateau s’est enfoncé dans la vase. L’ancre s’arrête difficilement sur un fond de vase.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • vases — pluriel — /vazə/
  • vase — singulier — /vazə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vase#63809.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.