vanité

vanité

nom, féminin, /vanite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Caractère de ce qui est vain, vide, sans solidité, sans durée. Au plur.

    Tous les hommes qui n'ont pas la connaissance de Dieu ne sont que vanité — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Qu'une chose aussi visible qu'est la vanité du monde soit si peu connue.... — Pascal (1623-1662)

  2. Désir d'approbation qui se manifeste au dehors, désir de produire de l'effet. Au plur. Faire vanité, tirer vanité, prendre vanité d'une chose, s'en glorifier. Sans vanité, sans vouloir me vanter, locution dont on se sert quand, disant de soi quelque chose d'avantageux, on veut le faire passer.

    La vertu n'irait pas si loin, si la vanité ne lui tenait compagnie — La Rochefoucauld (1613-1680)

    Si la vanité ne renverse pas entièrement les vertus, du moins elle les ébranle toutes — La Rochefoucauld (1613-1680)

  3. Acte de vanité.

    Ceux que l'opinion fait plaire aux vanités Font dessus leurs tombeaux graver des qualités Dont à peine un dieu serait digne — Malherbe (1555-1628)

    Mettre des bornes à son jeu, à ses dissipations, à ses vanités, à son attachement au monde — Bourdaloue (1632-1704)

  4. Au plur. Des personnes vaines. Une once de vanité gâte un quintal de mérite.

    Facilités offertes à certaines vanités pour arriver à la conquête de titres....

Étymologie : Prov. vanitat, vanetat ; esp. vanidad ; ital. vanità ; du lat. vanitatem, de vanus, vain.

Historique : XIIe s. Pur quei amez vus vanitet e querez menceunge ? Il esperat en la multitudine de ses richeises, e miez valut en sa vanitet Laissez de cest siecle les vanitez XIIIe s. Vanitez est là où veritez ne converse Jonesce qui tout a gité [jeté] Son preterit en vanité XVe s. Et des deliz de chacier ensement, Et de voler [chasser au vol] et de tournoiement, Vanitez sunt, croy donc certainement ; Car tout desplait fors estude et science XVIe s. S'arrester aux vanitez de la divination Puisque je n'ai rien profité par mes raisonnemens de ce soir sur la vanité des esmeutes populaires

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Caractère de ce qui est vain, vide, inutile. Tout n’est que vanité dans le monde. L’écriture dit : Vanité des vanités, et tout est vanité. Mépriser les vanités du monde. Il est revenu des vanités du monde.

  2. Il signifie aussi Amour-propre frivole, désir de paraître et de se faire louer, complaisance en soi-même. Il a beaucoup de vanité. Il est plein de vanité. Il est d’une vanité insupportable. Flatter, blesser la vanité de quelqu’un. La vanité l’a perdu. Il tire vanité de sa naissance. Des vanités rivales ne se pardonnent rien.

  3. Faire vanité d’une chose, S’en glorifier, en faire gloire. Il danse bien et en fait vanité. On dit plutôt aujourd’hui Tirer vanité.

  4. SANS VANITÉ

  5. loc. adv.

  6. dont on se sert dans le langage familier, quand on dit de soi quelque chose d’avantageux et pour le faire passer. Sans vanité, j’en sais plus que lui sur ce sujet. Sans vanité, je ne crains pas mes concurrents.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • vanités — pluriel — /vanite/
  • vanité — singulier — /vanite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vanité#63721.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.