vallée

vallée

nom, féminin, /vale/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Espace entre deux ou plusieurs montagnes. À la vallée, en descendant. Vallée attire le boulet, dicton des anciens artilleurs, qui prétendaient avoir remarqué que les portées sont moins grandes quand les bouches à feu tirent au-dessus d'un vallon ou d'un ravin que quand elles tirent sur un sol à peu près horizontal. Fig. En termes de dévotion, la vallée de larmes, la vallée de misère, la vie présente par opposition au bonheur de la vie future. Vallée de Josaphat, lieu où les morts ressusciteront, selon l'Écriture. Nous ne nous reverrons qu'à la vallée de Josaphat, se dit à propos d'une séparation qu'on croit éternelle.

    Ces humbles vallées qui ramassent les eaux célestes et en deviennent fécondes — Bossuet (1627-1704)

    On peut considérer une grande vallée comme un tronc qui jette des branches par d'autres vallées, lesquelles jettent des rameaux par d'autres petits vallons qui s'étendent et remontent jusqu'au sommet — Buffon (1707-1788)

  2. Terme de géologie. Vallées d'érosion, longs sillons flexueux creusés dans le sol géologique par les cours d'eau. Vallées sèches, vallées d'érosion dont le fond n'est plus occupé par un cours d'eau.

    Cette plaine forme ce que l'on nomme la vallée de Montmorency, espèce de grande vallée sans col, sans rivière dans son milieu, enfin très différente des vraies vallées des pays de montagnes — CUVIER et BRONGNIART

  3. Nom donné à des pays fort vastes. L'Égypte est la vallée du Nil. La vallée d'Auge, contrée de Normandie.

  4. À Paris, la Vallée, lieu près du Pont-Neuf où l'on vendait de la volaille et du gibier. La Vallée a été démolie en 1870.

  5. La vallée d'Angoulême, terme populaire, le gosier et par suite l'appétit. Ce dicton est fondé sur la ressemblance de ces mots avec avaler et engouler.

    D'abord buvons, ça nous ouvrira la vallée d'Angoulême — GUILLEMAIN

  6. Poire de Vallée, sorte de poire.

Étymologie : Val ; bourguig. vaulée ; provenç. vallada, valeya ; ital. vallata.

Historique : XIe s. Paien chevalchent par ces graignurs [plus grandes] valées XIIe s. Je departirai Sicimant, e la valede des tabernacles mesurerai Les valedes abunderunt de frument XVe s. Pauvre clergeon en parlement Qui ne tient ne mont ne vallée Haultesse n'est point sans baisseur, comme on scet dire ; montaigne n'est point sans vallée XVIe s. Tu fis descendre aux vallées les eaux Que aucuns ne tendent harnas à vallées [le long] de prairies ne de marets Après grande vallée rude montée

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Espace resserré entre deux ou plusieurs montagnes. Descendre dans la vallée. Un torrent qui tombe dans une vallée. Une vallée fertile.

  2. En termes de l’écriture, La vallée de Josaphat, Lieu où les morts ressusciteront.

  3. En termes de Dévotion, Vallée de larmes, Séjour d’ici-bas, la vie terrestre et ses souffrances, par opposition au Ciel, au bonheur de la vie future.

  4. VALLÉE se dit aussi du Bassin d’un cours d’eau. L’égypte est la vallée du Nil. La vallée de la Loire est très fertile.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • vallées — pluriel — /vale/
  • vallée — singulier — /vale/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée vallée#63674.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.