usure

usure

nom, féminin, /yzyʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Proprement, toute espèce d'intérêt que produit l'argent.

    Vous ne prêterez à usure à votre frère ni de l'argent, ni du grain, ni quelque autre chose que ce soit, mais seulement aux étrangers — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Socin et les autres disent que l'usure n'est pas un péché selon les lois chrétiennes ; en quoi il faut avouer qu'ils ne dégénèrent pas de la doctrine commune des protestants — Bossuet (1627-1704)

  2. Par extension, profit qu'on retire d'un prêt au-dessus du taux légal ou habituel. Fig. Avec usure, en rendant plus qu'on n'a reçu.

    Vous savez que la plus grande peine que l'on ait avec eux [les gens d'affaires] est de les détourner de l'usure — Pascal (1623-1662)

    La pauvreté et l'incertitude des fortunes dans les États despotiques y naturalisent l'usure — Montesquieu (1689-1755)

  3. Détérioration par suite d'un long usage. L'usure des habits. Se dit en hippiatrie. Usure des dents, des fers.

  4. Terme de pathologie. Atrophie, avec résorption complète, de la substance des dents, des cartilages ou des os pressés par certaines tumeurs, ou usés par le frottement.

Étymologie : Provenç. espagn. et ital. usura, du lat. usura, de usum, supin de uti, se servir.

Historique : XIIIe s. Si comme s'il emprunte à uzures por le [la] defaute de paiement Usure si est quant aucuns preste denier por autres à termes ou à semaines.... XIVe s. Laquelle debte se estoit multipliée par usures Se lesdiz habitans ou aucun d'eulz devoient aucunes autres rentes, usures ou droitures... XVIe s. Quiconque donne aux poures preste à Dieu à usure En vain seroient-ils [les prêtres] en office, s'ils ne s'en acquitoient au benefice de ceux qui doyvent recevoir d'eux l'usure des talens spirituels que Dieu leur a communiqués, c'est à dire saine doctrine

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Intérêt, profit qu’on exige d’un argent ou d’une marchandise prêtée, au-dessus du taux fixé par la loi ou établi par l’usage en matière de commerce. Prêter à usure. Emprunter à usure. Exercer l’usure. Se livrer habituellement à l’usure. Tirer usure de ce qu’on prête.

  2. Fig., Rendre avec usure, payer avec usure, Rendre, en bien ou en mal, au-delà de ce qu’on a reçu. Dieu rend avec usure ce que l’on a fait pour lui. Il vous a fait du mal, mais vous l’en avez payé avec usure.

  3. USURE se dit aussi du Dépérissement, de la détérioration des habits, des meubles, des organes, etc., par suite du long usage qu’on en fait. Son habit est percé; ce n’est pas accident, c’est usure. L’usure des dents. L’usure du coeur, du foie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • usures — pluriel — /yzyʁə/
  • usure — singulier — /yzyʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée usure#63496.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.