usé
adjectif · /yze/
Usage : d'usage courant (9.79 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui a été détérioré, affaibli par l'usage ou le frottement : des vêtements usés.
Il porte toujours le même pull usé aux coudes.
« De quel éclat brillaient dans la bataille Ces habits bleus par la victoire usés ! »Béranger (1780-1857)
« Elle sacrifia sa santé, toute faible et toute usée qu'elle était, à l'honneur d'être auprès d'une grande reine »Fléchier (1632-1710)
Fig., qui a perdu son effet à force d'être employé : une plaisanterie usée, une expression usée.
Ce refrain usé ne fait plus rire personne.
« Ils sont la plupart usés sur tous les plaisirs, par cela même qu'ils ne leur coûtent aucunes peines »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
« Un grand défaut des images fabuleuses, qui viendra, si l'on veut, de leur excellence, c'est d'être extrêmement usées »Fontenelle (1657-1757)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (4)
- usées : pluriel féminin · /yze/
- usés : pluriel masculin · /yze/
- usée : singulier féminin · /yze/
- usé : singulier masculin · /yze/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
part. passé
Qui a subi détérioration, diminution par l'usage, par le frottement. S. m. L'usé, la partie usée d'une chose.
Sur cette pierre usée un lugubre flambeau Semble de son feu pâle éclairer un tombeau,Marie-Joseph Chénier (1764-1811)
De quel éclat brillaient dans la bataille Ces habits bleus par la victoire usés !Béranger (1780-1857)
Terre usée, terre devenue stérile, parce qu'on lui a fait trop produire, ou produire toujours la même chose.
Fig. Très affaibli par le travail, les maladies ou les excès, en parlant des personnes. Cervelle usée, esprit affaibli. On dit de même : santé usée. Ce cheval est usé, a les jambes usées, ses jambes ne valent plus rien.
Mme de Guerchi n'est morte que pour avoir le corps usé à force d'accoucherMme de Sévigné (1626-1696)
[Marius] usé de fatigues, affaibli par l'âge et devenu très pesantRollin (1661-1741)
Fig. Il se dit des gens, des sentiments, qui, par excès, par abus, se sont éteints. Une passion usée, un amour refroidi, diminué par le temps. Avoir le goût usé, avoir le goût émoussé par les ragoûts épicés, les liqueurs fortes. Il se dit des personnes en un sens analogue.
Qu'eût fait sainte Thérèse, si elle n'eût plus eu à donner à Dieu qu'un cœur usé et des restes d'une vie scandaleuse ?Fléchier (1632-1710)
Le fanatisme usé des siècles héroïques Se conserve, il est vrai, dans des âmes stoïquesVoltaire (1694-1778)
Fig. Il se dit des idées, des expressions qu'un très fréquent usage a rendues communes, banales. On dit de même : Ce sujet est usé, ces moyens sont usés.
Cette folie [plaisanterie au sujet de Mme de Grignan] n'est point encore usée, et nous a fait rire deux ou trois foisMme de Sévigné (1626-1696)
Un grand défaut des images fabuleuses, qui viendra, si l'on veut, de leur excellence, c'est d'être extrêmement uséesFontenelle (1657-1757)
Fig. Il se dit des choses qui cessent de faire impression sur nous.
Tout est déjà usé pour eux à l'entrée même de la vie ; et leurs premières années éprouvent déjà les dégoûts et l'insipidité que la lassitude et le long usage de tout semble attacher à la vieillesseMassillon (1663-1742)
Le monde usé pour moi n'a plus rien qui me toucheGresset (1709-1777)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
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