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râpé

Sur cette page : râpé · râpe

râpé

adjectif · /ʁape/

Usage : d'usage courant (2.00 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Réduit en petits morceaux à l'aide d'une râpe : du fromage râpé.

    Saupoudrez le gratin d'emmental râpé avant de l'enfourner.

  2. Familier. Familièrement, usé jusqu'à la corde, en parlant d'un vêtement.

    Son vieux pull râpé aux coudes lui servait de tenue de maison.

    Synonymes : élimé, usé.

    « Au lieu d'habits râpés et superbes comme en Italie, on voit ici des habits plus simples et toujours frais »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • râpées : pluriel féminin · /ʁape/
  • râpés : pluriel masculin · /ʁape/
  • râpée : singulier féminin · /ʁape/
  • râpé : singulier masculin · /ʁape/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 1 sens

part. passé

  1. Usé par la râpe. Fig. et familièrement. Des vêtements râpés, vêtements usés jusqu'à la corde. Se dit populairement d'une personne qui porte des habits vieux et usés, qui a l'air fort misérable. Il est bien râpé.

    Le freux a le bec moins gros, moins fort et comme râpéBuffon (1707-1788)

    J'ai du bon tabac dans ma tabatière ; J'en ai du fin et du râpéLATTAIGNANT

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée râpé#54539.

râpe

nom, féminin · /ʁapə/

Usage : d'usage courant (1.40 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Ustensile de cuisine formé d'une plaque percée de trous à bords tranchants, qui sert à réduire un aliment en fins morceaux ou en poudre.

    Passe le parmesan à la râpe avant de servir.

    « Un de ces feux sans lumière que je ne concevais point d'autre nature que celui qui fait bouillir les vins nouveaux lorsqu'on les laisse cuver sur la râpe »Descartes (1596-1650)

  2. Outil à surface rugueuse, proche d'une lime à grosses entailles, utilisé pour dégrossir le bois, la pierre ou le métal.

    Il a dégrossi le manche de l'outil avec une râpe à bois.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • râpes : pluriel · /ʁapə/
  • râpe : singulier · /ʁapə/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 1 sens

s. f.

  1. Grappe de raisin dont tous les grains sont ôtés. En général, partie de la tige des épis et des grappes qui soutient les graines. On dit aussi rafle.

    Un de ces feux sans lumière que je ne concevais point d'autre nature que celui qui fait bouillir les vins nouveaux lorsqu'on les laisse cuver sur la râpeDescartes (1596-1650)

Étymologie : All. Rappe, grappe (voy. RAFLE 1). Cependant remarquez le prov. raspa, ital. raspo, qui paraissent indiquer une comparaison avec raspa, la râpe à râper.

Historique : XVIe s. Les rapes de leurs raisins bruslent et calcinent les lamines d'airain, et les reduisent en vert de gris

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 1 · 7 sens

s. f.

  1. Ustensile de ménage, fait d'une plaque de métal hérissée d'aspérités, qui sert à mettre en poudre du sucre, de la croûte de pain, etc. Fig. Donner de la râpe douce, flatter un peu.

  2. Râpe à tabac, râpe plate dont on se sert pour râper le tabac.

  3. Sorte de lime dont les sculpteurs et certains ouvriers se servent. Après quoi il prend la râpe, espèce de lime qui met l'ouvrage en état d'être poli, Dict. des arts et mét. Sculpteur.

  4. Terme de métallurgie. Outil dont on se sert pour ôter le sable attaché ou brasé aux objets soudés en métal.

  5. Terme de maçonnerie. Morceau de tôle ou de fer plat piqué que l'on passe sur la pierre après qu'elle est taillée.

  6. Petite râpe, espèce du genre agaric.

  7. Terme de médecine. Bruit de râpe, en auscultation, bruit ressemblant au frottement d'une râpe sur du bois ; on l'entend dans quelques rétrécissements des orifices du cœur.

Étymologie : Voy. RÂPER.

Historique : XVIe s. Une rape à raper du formage On dit mesme qu'elle [Cléopatre] avoit du poison caché dedans une petite rape ou estrille creuse qu'elle portoit entre ses cheveux

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens

n. f.

  1. Ustensile de ménage, fait d’une plaque de métal hérissée d’aspérités, et qui sert à réduire en poudre du sucre, du fromage, etc. Une râpe de fer-blanc.

  2. Râpe à tabac, Râpe plate dont on se sert pour mettre en poudre du tabac.

  3. RÂPE se dit aussi d’une Sorte de lime à grosses entailles dont les sculpteurs et certains ouvriers se servent. Cette figure est en tel état qu’on y peut passer la râpe. Râpe de cordonnier, de tourneur, de tabletier, de plombier. Une râpe à bois.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée râpe#54530.

râpé

nom, masculin · /ʁape/

Usage : peu fréquent (0.23 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Vieilli. Boisson obtenue en faisant passer de l'eau sur le marc de raisin déjà pressé, sorte de piquette peu appréciée à laquelle on donnait le nom de vin sans en avoir la qualité.

    On servait aux ouvriers du râpé, une piquette sans valeur.

  2. Vieilli. Raisin nouveau, ou parfois copeaux de bois, qu'on ajoutait autrefois dans un tonneau pour raviver un vin qui commençait à s'altérer.

    Le tonnelier ajoutait du râpé dans le fût pour redonner de l'éclat au vin.

    « Chamillart vendit sa charge de grand trésorier de l'ordre en conservant le cordon ; Desmarets en eut le râpé »Saint-Simon (1675-1755)

    « À la mort de M. Louvois, Boucherat eut le râpé de chancelier de l'ordre, dont M. de Barbésieux eut la charge »Saint-Simon (1675-1755)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • râpés : pluriel · /ʁape/
  • râpé : singulier · /ʁape/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 6 sens

s. m.

  1. Boisson obtenue avec de l'eau jetée sur le marc, sur la râpe. Faire un râpé. Boire du râpé. Fig. Usage qu'on fait d'une chose après qu'un autre en a eu les prémices. Boire sur le râpé.

  2. Raisin nouveau qu'on met dans un tonneau pour raccommoder le vin quand il se gâte. Râpé de raisin, râpé-raisin, vin ainsi raccommodé.

  3. Râpé de copeaux, certaine quantité de copeaux, que l'on met dans un tonneau pour éclaircir le vin.

    .... Défende.... aux cabaretiers avoir d'un muid de vin râpé-raisin, s'ils n'ont 40 muids de vin dans leurs caves.... les râpés ont toujours été étroitement défendus à cause de leur faculté d'éclaircir les vins.... l'article IX.... interdit l'usage de ceux de copeaux, de paille et tous autres, ledit article x tolère seulement ceux de raisin comme moins dangereux, afin de faciliter la vente des baissières du vin,

  4. Autre vin qu'on fait en mettant des sarments ou des branches de chêne sous le pressoir, entre les lits de raisin.

    Il y a des marchands de vin qui, au lieu de copeaux de bois de chêne, emploient des grappes de raisin séchées.... le vin qui a subi l'une ou l'autre de ces opérations se nomme vin râpé,

  5. On nomme aussi râpé, dans les cabarets, un mélange des restes de toutes sortes de vins, qu'on rassemble dans un tonneau, pour ne rien perdre.

  6. Nom donné sous l'ancienne monarchie à l'état d'officiers des ordres du roi qui gardaient leurs charges peu de temps, puis les revendaient, en conservant le droit de se parer de l'ordre et de se faire appeler commandeurs des ordres du roi ; ainsi dits, d'après Saint-Simon, du râpé de vin.

    À la mort de M. Louvois, Boucherat eut le râpé de chancelier de l'ordre, dont M. de Barbésieux eut la chargeSaint-Simon (1675-1755)

    Chamillart vendit sa charge de grand trésorier de l'ordre en conservant le cordon ; Desmarets en eut le râpéSaint-Simon (1675-1755)

Étymologie : Râpe 2.

Historique : XIVe s. Saulce rappée : eschauder trois ou quatre grappes de vert jus.... XVIe s. Aucuns font ce vin qu'on appelle rappé [fait avec les raisins égrumés], dans des tonneaux defoncés d'un costé. Ajouster à ce vin-rappé la vingtiesme partie de ses raisins, du bois vert de fousteau....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens

n. m.

  1. Boisson que l’on obtient en faisant passer de l’eau sur le marc de raisin. Ce n’est pas du vin, c’est du râpé. Il ne nous a donné à boire que du râpé.

  2. Il se dit aussi du Raisin nouveau qu’on met dans un tonneau pour améliorer le vin quand il va se gâter, et du Vin ainsi traité. Passer du vin par le râpé, sur le râpé.

  3. Râpé de copeaux, Une certaine quantité de copeaux qu’on met dans un tonneau pour éclaircir le vin.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée râpé#54538.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.