université
nom, féminin, /ynivɛʁsite/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Autrefois, corps de maîtres, établi par autorité publique, jouissant de grands priviléges et ayant pour objet l'enseignement de la théologie, du droit, de la médecine et des sept arts qui sont la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie. Les universités d'Oxford, de Pise, de Coimbre, de Salamanque. Particulièrement, l'université de Paris, ou, simplement, l'université, celle qui siégeait à Paris et qui était fort renommée. L'université avait été nommée le concile perpétuel des Gaules.
Aujourd'hui que tout est plein de colléges, d'universités, d'académies, de maîtres particuliers, de livres qui sont des maîtres encore plus sûrs, quel besoin a-t-on de sortir de sa patrie pour étudier en quelque genre que ce soit ? — Fontenelle (1657-1757)
L'université de Paris, la mère de toutes les autres, et si digne par son antiquité, par sa réputation.... d'être favorisée particulièrement par les princes et par les grands seigneurs — Rollin (1661-1741)
Au moyen âge, l'université, le quartier des écoles.
Au quinzième siècle.... l'université couvrait la rive gauche de la Seine, depuis la Tournelle jusqu'à la tour de Nesle — Victor Hugo (1802-1885)
L'université, les élèves de l'université, les étudiants.
En général, les universités, les écoles.
Ô le beau compliment à charmer une dame, De lui dire d'abord : j'apporte à vos bontés Un cœur nouveau venu des universités ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Aujourd'hui, corps enseignant, unique pour toute la France, placé sous la direction du ministre de l'instruction publique. L'université a été fondée par un décret de Napoléon Ier, du 17 mars 1808 ; elle porta d'abord le nom d'université impériale, puis celui d'université de France ; elle comprend : 1° les facultés ; 2° les lycées ou colléges de l'État ; 3° les colléges communaux ; 4° les écoles primaires ; et tout cela sous la direction d'une administration centrale. Grand-maître de l'université.
Étymologie : Provenç. universitat ; espagn. universidad ; ital. università ; du latin universitatem, de universus (voy. UNIVERS). Universitas, au sens de corporation légale ; c'est de là que vient le nom d'université aux corps enseignants du moyen âge.
Historique : XIIIe s. Li clerc de Paris la citei, Je di de l'universitei S'il [un prédicateur] n'avoit en sa verité L'accort de l'université Et du peuple communement, Qui ooient son preschement XIVe s. Et autres malefices que les universitez [communes], gens et habitans des villes de Thoulouze, Carcassonne, ont commis XVe s. [Le roi Charles] manda et le recteur et les maistres et docteurs de l'université de Paris À tous les roys, à l'université De tous princes, à toute creature....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Centre d’enseignement supérieur, établi par l’autorité publique, divisé en groupes appelés Facultés, dont chacune délivre des grades au nom de l’état. L’Université de Paris, de Strasbourg, de Bologne.
L’Université de France ou absolument L’Université se dit, en vertu d’une organisation qui date de 1808, de l’Ensemble des écoles publiques de tout ordre, écoles primaires, lycées et collèges, Facultés, où l’enseignement se donne au nom de l’état, sous la direction du ministre de l’éducation nationale, dit Grand Maître de l’Université.
UNIVERSITÉ s’emploie aussi, dans le langage courant, pour désigner Divers instituts français de haut enseignement qui ne dépendent pas de l’état et qui ne peuvent conférer des grades que l’état reconnaisse. L’Université libre de Lyon. L’Université catholique de Paris.
Il se dit aussi, en plusieurs pays étrangers, d’établissements semblables, mais qui sont d’institution privée et à qui l’état reconnaît pourtant, par privilège, le droit de conférer des grades. L’Université d’Oxford. L’Université Harvard aux états-Unis. Cambridge est ville d’Université.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- universités — pluriel — /ynivɛʁsite/
- université — singulier — /ynivɛʁsite/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée université#63382.