un

un

déterminant, /œ̃/

Grammaire et formes (5)
  • unes — pluriel féminin — /ynə/
  • uns — pluriel masculin — /œ̃/
  • des — pluriel — /de/ ou /dɛ/
  • une — singulier féminin — /ynə/
  • un — singulier masculin — /œ̃/

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un

nom, masculin

Grammaire et formes (1)
  • un — forme de base

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un

numéral, /œ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (22 sens) — Académie 1935 (25 sens)

Littré (1873)

  1. Adj. numéral. Le premier de tous les nombres. Un, deux, trois. Une, deux, trois. Un et un font deux. Un entre mille. Une entre mille. Il n'en est resté qu'un. De un à..., depuis le nombre un jusqu'à.... Des enfants de un à douze ans. Substantivement, au masculin. Le chiffre qui marque un. Trois un de suite (111) font cent onze. Ajoutez un un.

    Mais, en faisant refus de répondre à nos vœux, Au lieu d'une [nymphe], Myrtil, vous en outragez deux — Molière (1622-1673)

    On peut parier 15162 contre 2378 ou 6 8/23 contre 1, qu'un enfant d'un an vivra un an de plus — Buffon (1707-1788)

  2. Simple, qui n'admet point de pluralité. La religion est une. La foi est une. La vérité est toujours une, elle n'est jamais contraire à elle-même. Terme de philosophie. L'un ou un, l'unité absolue, infinie.

    Chaque particulier n'est pas assez de n'être qu'un, s'il n'essaye de se multiplier en quelque sorte par le secours de plusieurs — Guez de Balzac (1597-1654)

    Notre Dieu est un, infini, parfait, seul digne de venger les crimes et de couronner la vertu — Bossuet (1627-1704)

  3. Où règne l'unité. La France est une. Substantivement. En un, dans l'unité.

    Au théâtre, l'action la plus une a plusieurs parties qui se passent dans des lieux différents — Houdar de La Motte (1672-1731)

    La nature est une, et se présente toujours la même à ceux qui la savent observer — Buffon (1707-1788)

  4. N'être qu'un, ne faire qu'un, se dit de plusieurs personnes ou choses qui ne sont plus considérées que comme uniques. En termes de pratique, on disait : Les époux seront uns et communs en bien, pour exprimer qu'il y aurait communauté entre eux.

    Il n'y a plus maintenant ni de Juif, ni de gentil, ni d'esclave, ni de libre, ni d'homme, ni de femme ; mais vous n'êtes tous qu'un en Jésus-Christ — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Père saint, dit-il à son Père, gardez ceux que vous m'avez donnés.... gardez-les, dit-il, afin qu'ils soient un — Bossuet (1627-1704)

  5. C'est un, ce n'est qu'un, il n'y a point de différence, d'intervalle entre.... et entre.... C'est tout un, il n'y a aucune différence. C'est tout un, il n'importe, cela est égal. Qu'il m'approuve ou me blâme, ce m'est tout un. C'est bien tout un, mais ce n'est pas de même.

    Loin de mon front soient ces palmes communes, Où tout le monde peut aspirer ; Loin les vulgaires fortunes, Où ce n'est qu'un, jouir et désirer ! — Malherbe (1555-1628)

    La fortune a, dit-on, des temples à Surate ; Allons là ; ce fut un de dire et s'embarquer — La Fontaine (1621-1695)

  6. Un de, une de..., l'un de, l'une de..., quelqu'un, quelqu'une parmi. L'un de ces jours, un jour très prochain.

    Voilà l'un des péchés où mon âme est encline — Mathurin Régnier (1573-1613)

    J'ai vu les lettres que vous débitez contre celles que j'ai écrites à un de mes amis sur le sujet de votre morale, où l'un des principaux points de votre défense est que.... — Pascal (1623-1662)

  7. Un, une, quelqu'un, quelqu'une.

    Un qui doit présuppose un qui a prêté — Malherbe (1555-1628)

    J'allais doublant le pas comme un qui fend le vent — Mathurin Régnier (1573-1613)

  8. De deux l'un, de trois l'un, etc. un sur deux, un sur trois. De deux jours l'un, se dit d'une chose que l'on ne fait qu'une fois en deux jours. De deux choses l'une, il n'y a pas de milieu.

    Soyons bien buvants, bien mangeants, Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans — La Fontaine (1621-1695)

    Comme il était défendu par la loi d'élire le même homme capitaine général plusieurs années de suite, au moins on l'élisait de deux années l'une — Rollin (1661-1741)

  9. Un, une s'emploie pour représenter une personne, une chose dont il vient d'être parlé. On manquait de porteurs ; il s'en présenta un. Vingt pour un, se dit pour exprimer quelque chose qui arrive fréquemment. Familièrement et elliptiquement. Et d'un, et d'une, première personne, première circonstance, premier fait. Et d'une ! cela commence bien. Ne faire ni une ni deux, voy. DEUX, n° 1. Il peut bien la compter pour une, la prochaine fois je ne lui pardonnerai pas. Fig. et familièrement. Il m'en a donné d'une, il m'a attrapé, il m'a dit un mensonge, il m'a fait une fourberie.

    Vos invincibles mains Ont de monstres sans nombre affranchi les humains ; Mais tout n'est pas détruit, et vous en laissez vivre Un.... votre fils, seigneur, me défend de poursuivre — Jean Racine (1639-1699)

    Sans la Phèdre de M. Racine, on ignorerait aujourd'hui que Pradon en a composé une — Voltaire (1694-1778)

  10. Familièrement et abusivement. Sur les une heure, à une heure environ (on prononce sur l'ê une heure). Entre une et deux, entre une heure et deux heures.

    Enfin les nefs si bien voguèrent, Qu'entre une et deux, après midi.... — Scarron (1610-1660)

  11. Un, une s'emploient très souvent, non pas pour désigner spécialement le nombre, mais pour signifier un objet dont il n'a pas encore été question, et dont on ne nous fait rien connaître, sinon qu'on n'en suppose pas plusieurs ; la plupart des grammairiens le nomment en cet emploi article indéfini. Quand un, une a plus d'un adjectif entre lui et le substantif, on ne le répète pas. Un bon et illustre personnage. Cependant on trouve quelques exemples où un est répété. Un, une se met quelquefois sous une forme exclamative pour exprimer grandeur, excès.

    Un paon muait, un geai prit son plumage — La Fontaine (1621-1695)

    Un songe, un rien, tout lui fait peur, Quand il s'agit de ce qu'il aime — La Fontaine (1621-1695)

  12. Un, une.... suivi d'un superlatif relatif.

    Voilà une belle merveille de faire bonne chère avec bien de l'argent ! c'est une chose la plus aisée du monde — Molière (1622-1673)

    Je suis un pauvre pâtre ; et ce m'est trop de gloire Que deux nymphes d'un rang le plus haut du pays Disputent à se faire un époux de mon fils — Molière (1622-1673)

  13. Un, une se met quelquefois devant un nom propre, pour ôter à ce nom propre son sens particulier et en faire une sorte de nom général. Il se met aussi devant un nom propre pour exprimer une assimilation avec le personnage qu'on nomme. C'est une Lucrèce, elle est aussi chaste que Lucrèce. C'est un Cicéron, il est aussi éloquent que Cicéron. S'emploie aussi dans un sens simplement emphatique, pour relever le nom du personnage. Il se dit enfin avec une nuance de mépris.

    Un Pamphile est plein de lui-même, ne se perd pas de vue, ne sort point de l'idée de la grandeur de ses alliances, de sa charge, de sa dignité — La Bruyère (1645-1696)

    Je sors de Zaïre ; des comédiens de province m'ont fait fondre en larmes ; nous avions un Lusignan qui est fort au-dessus de Brizard [acteur des Français], et un Orosmane qui a égalé Lekain en quelques endroits — Voltaire (1694-1778)

  14. Un se met quelquefois pour tout et pour quiconque. Un chrétien doit faire cela, tout chrétien, quiconque est chrétien doit faire cela. Un homme peut-il s'exprimer de la sorte ? Quiconque est homme peut-il ?....

  15. L'un et l'autre, l'un ou l'autre, expression pronominale indiquant la pluralité, la division. Être l'un et l'autre, être les deux personnages, les deux choses dont on vient de parler. Il y a une faute dans cette phrase de Voltaire : On va juger l'affaire [du jésuite Janssens, qui niait un dépôt] ; il faut ou le pendre ou le canoniser ; et peut-être sera-t-il l'un et l'autre ; adieu, mon ami, ne soyons ni l'un ni l'autre, Lett. d'Argens, 15 juill. 1739. L'un et l'autre ne peut se rapporter à deux infinitifs. La phrase deviendrait correcte, si l'on mettait : Il devra être pendu ou canonisé. Dire d'un, puis d'un autre, varier dans son langage.

    Je vois, sans me troubler, l'une et l'autre fortune — Mathurin Régnier (1573-1613)

    À demeurer chez soi l'une et l'autre s'obstine — La Fontaine (1621-1695)

  16. Familièrement. Les uns et les autres, tout le monde sans distinction. Il dit aux uns et aux autres toutes ses affaires.

  17. Ni l'un, ni l'autre. On met toujours le pluriel, si ni l'un ni l'autre est placé après le verbe. Ils ne sont venus ni l'un ni l'autre. On dit aussi : L'un ni l'autre.

    Ni l'un ni l'autre ne viendra, ni l'un ni l'autre ne viendront

    La postérité jugera qui vaut le mieux des deux [Corneille et Racine] ; car je suis persuadé que les écrits de l'un et de l'autre passeront aux siècles suivants ; mais jusque-là ni l'un ni l'autre ne doit être mis en parallèle avec Euripide et avec Sophocle, puisque leurs ouvrages n'ont point encore le sceau qu'ont les ouvrages d'Euripide et de Sophocle, je veux dire l'approbation de plusieurs siècles — Boileau (1636-1711)

  18. L'un l'autre, l'une l'autre, les uns les autres, les unes les autres, expressions pronominales qui indiquent réciprocité. L'un portant l'autre, l'une portant l'autre, en compensant ce qui est moindre dans l'un avec ce qui est plus considérable dans l'autre. Ces volumes m'ont coûté deux francs, l'un portant l'autre. L'un dans l'autre, l'une dans l'autre, même sens. La livre était vendue l'une dans l'autre six livres dix sous.

    En ce monde il se faut l'un l'autre secourir — La Fontaine (1621-1695)

    Entre nous autres auteurs, nous devons parler des ouvrages les uns des autres avec beaucoup de circonspection — Molière (1622-1673)

  19. Pas un.... pas une..., soit avec ne avant ou après, soit avec sans, aucun, aucune. Pas un se dit avec la même signification sans ne. Qui sert en commun ne sert à pas un, chaque particulier ne prend guère d'intérêt au bien public.

    Et qu'en faveur du sexe ou de la qualité On ne fasse à pas une aucune indignité — Jean Mairet (1604-1686)

    Tous regardent l'empire ainsi qu'un bien commun, Que chacun veut pour soi, tant qu'il n'est à pas un — Pierre Corneille (1606-1684)

  20. Plus d'un, terme collectif partitif, qui signifie proprement : une plus grande quantité que un (plus d'un est pour plus qu'un, voy. DE, n° 24). Comme on voit, plus d'un régit le verbe qui le suit au singulier. Il faut excepter le cas où le verbe serait réciproque. On exceptera aussi le cas où plus d'un est répété. Plus d'un fils désolé, plus d'une jeune fille en deuil viendront.... On trouve dans Voltaire un exemple de plus d'un avec le pluriel ; mais cela est contraire à l'usage et aussi à la règle, car plus ne représente pas un pluriel. V. M. sait que plus d'un homme considérable pensent qu'il faut une balance, et que la politique contraire est une politique détestable, Lett. au roi de P. 13 nov. 1757. En savoir plus d'un, savoir plus d'un tour, être adroit, rusé. En avoir vu plus d'une, avoir de l'expérience.

    Plus d'un guéret s'engraissa Du sang de plus d'une bande — La Fontaine (1621-1695)

    Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Laïs, Plus d'une Pénélope honora son pays — Boileau (1636-1711)

Étymologie : Génev. quel jour sommes-nous ? nous sommes le un ; Berry, ieun, ieune ; picard, ein ; bourg. ein, eun, et, devant une voyelle, ène ; wallon, on, et onk quand aucun mot ne suit ; provenç. uns, us, un, u, una ; espagn. un, uno ; port. um ; ital. uno ; du lat. unus ; anc. lat. oinus ; ombrien, enom ; allem. ein ; goth. ains ; angl. one ; sanscr, enas.

Historique : Xe s. Ad une spede [épée] li roveret tolir lo chief Un edre [un lierre] Dunc si rogavit Deus ad un verme, que il percussit cel edre XIe s. L'un fut Basan et li altres Basile Fierent li un, li altre se defendent Par uns et uns [les chevaliers morts] les a pris li barun À l'une main [d'une main] il a sun piz batut Paien recleiment un lur deu Tervagant Li empereres en est l'uns [des deux], ço m'est vis XIIe s. Et de lor gent plus de l'une moitié Dix mile sunt, tuit d'une compagnie Uns escuiers vint pognant la ferrée [la route ferrée, pavée] Des vingt mil homes n'en tourna uns en France Quant l'un…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. numéral cardinal

  1. Premier de tous les nombres, qui marque qu’une personne, qu’une chose est seule, unique en son espèce. Un homme. Un mètre. Une tonne. Un centième. Il est une heure. Elliptiquement, Il n’en est resté qu’un. Un entre mille.

  2. N’être qu’un, ne faire qu’un se dit pour exprimer une étroite, une intime union entre deux ou même plusieurs personnes. Ces deux amis ne font qu’un.

  3. UN s’emploie familièrement pour indiquer Un très petit nombre indéterminé. J’ai un mot à vous dire. J’en ai pour une minute.

  4. UN s’emploie aussi comme adjectif numéral ordinal pour Premier. Chapitre un. Livre un.

  5. UN s’emploie encore comme nom masculin. Un et un font deux.

  6. Le un de telle rue, La maison qui porte le numéro un.

  7. Fam., Ne faire ni une ni deux, Ne pas hésiter, agir immédiatement.

  8. UN, nom masculin, désigne également le Chiffre qui sert à désigner l’Unité. Onze s’écrit avec deux un.

  9. UN est aussi article indéfini et sert à désigner une personne, une chose d’une manière indéterminée; il fait des au pluriel. J’ai vu hier une personne qui m’a parlé de vous. Je cherche un livre sur tel sujet. Il était une fois un roi et une reine.

  10. C’est un César, un Cicéron, etc., C’est un homme aussi intrépide que César, aussi éloquent que Cicéron, etc.

  11. Un de, l’un de, Quelqu’un ou quelque chose parmi d’autres. Un de vous. C’est là une des plus belles oeuvres de ce peintre.

  12. UN se dit encore pour Tout. Un chrétien doit faire cela. Un honnête homme n’a qu’une parole.

  13. UN s’emploie aussi précédé de l’ comme pronom indéfini et s’oppose à l’autre, pour distinguer deux êtres, deux choses, ou deux groupes d’êtres, de choses; il fait alors les uns au pluriel. J’ai vu l’un et l’autre. Il ne veut ni l’un ni l’autre. L’un vaut l’autre. L’une et l’autre est bonne, sont bonnes. Vis-à-vis l’un de l’autre. On a pris l’un pour l’autre. Mettez les l’un dans l’autre, l’un sur l’autre, l’un derrière l’autre. Vous passerez l’un après l’autre. Ils se sont battus l’un contre l’autre. Ils se gênent l’un l’autre. L’un est riche, et l’autre est pauvre. Les uns et les autres sont partis. Les uns sont de cet avis, les autres n’en sont pas.

  14. Fam., Les uns et les autres, Tout le monde sans distinction. Il n’est pas discret; il dit tout ce qu’il sait aux uns et aux autres.

  15. être toujours chez l’un ou chez l’autre, être souvent en visite.

  16. Fam., C’est tout l’un ou tout l’autre, Il n’y a pas de milieu, il faut prendre un parti.

  17. L’un dans l’autre, l’un portant l’autre, En compensant l’un avec l’autre, en faisant la moyenne. Ces livres me reviennent à tant l’un dans l’autre.

  18. L’un portant l’autre se dit aussi avec ironie pour Ensemble. Je les ai vus arriver avec regret l’un portant l’autre.

  19. UN est aussi adjectif qualificatif et signifie Qui est seul, unique, qui n’admet point de pluralité. Dieu est un. Le moi est un.

  20. La vérité est toujours une, Elle n’est jamais contraire à elle-même.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • une — singulier féminin — /ynə/
  • un — singulier masculin — /ynə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée un#169629.

un

pronom

Grammaire et formes (4)
  • unes — pluriel féminin
  • uns — pluriel masculin
  • une — singulier féminin
  • un — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée un#172655.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.