tyrannie

tyrannie

nom, féminin, /tiʁani/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Domination usurpée et illégale, bien ou mal exercée (sens ancien).

    Nous savons que ce prince magnanime [Charles II] eût pu hâter ses affaires, en se servant de la main de ceux qui s'offraient à détruire la tyrannie [Cromwell] par un seul coup — Bossuet (1627-1704)

    Je l'avoue franchement, la tyrannie ne me donnait aucun plaisir — Fénelon (1651-1715)

  2. Gouvernement injuste et cruel, légitime ou non.

    Toujours la tyrannie a d'heureuses prémices — Jean Racine (1639-1699)

    Il ne faut ni art ni science pour exercer la tyrannie — La Bruyère (1645-1696)

  3. Toute sorte d'oppressions et de violences. Il se dit aussi de l'abus de l'empire sur les animaux.

    Six cents soldats qui avaient été les instruments de leurs tyrannies [de quelques gouverneurs] — Vaugelas (1585-1650)

    Tu [Assuérus] ne m'as prodigué tes perfides bienfaits Que pour me faire mieux sentir ta tyrannie — Jean Racine (1639-1699)

  4. Humeur, conduite impérieuse et violente dans les rapports de famille ou de société.

    On a souvent besoin de force et de prudence pour les opposer à la tyrannie de la plupart de nos amis, qui se font un droit sur notre confiance et qui veulent tout savoir de nous — LAROCHEFOUC.

    La tyrannie consiste au désir de domination universelle et hors de son ordre — Pascal (1623-1662)

  5. Fig. Pouvoir que certaines choses ont d'ordinaire sur les hommes. La tyrannie de la beauté. La tyrannie des bienséances.

    Pour les plus belles vies L'orgueil de la naissance a bien des tyrannies — Pierre Corneille (1606-1684)

    Elle sent son âme sous la tyrannie d'un démon invisible — Massillon (1663-1742)

Étymologie : Prov. tirannia ; esp. tirania ; ital. tirannia ; du grec τυραννία, qui vient de τύραννος.

Historique : XIIIe s. Maintenant que li rois se porchace de faire son profit et laisse le bien dou pueple, il devient tirans, et sa tirannie n'est pas autre chose que corruption de sa signorie XIVe s. Justice sans misericorde est tirannie XVe s. Glacidas, qui estoit de haut courage, plein de toute tyrannie et orgueil XVIe s. Nous serons exempts de leurs tyrannies, et exactions.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Domination usurpée et illégale. Il veut opprimer la république, il aspire à la tyrannie. Le joug de la tyrannie.

  2. Il se dit aussi d’un Gouvernement légitime, mais injuste et cruel. User de tyrannie. Le pouvoir qui se met au-dessus des lois dégénère en tyrannie. Gémir sous la tyrannie. S’affranchir de la tyrannie. Horrible, cruelle tyrannie. Des actes de tyrannie.

  3. Il se dit encore de Toute sorte d’oppressions et de violences. L’ennemi commettait les pires exactions sur le pays occupé, c’était une odieuse tyrannie. C’est une véritable tyrannie, une insupportable tyrannie.

  4. Il se dit figurément du Pouvoir que certaines choses ont ordinairement sur les hommes. L’éloquence exerce une sorte de tyrannie sur les foules. La tyrannie de la coutume, de l’usage, de la mode. La tyrannie des passions.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • tyrannies — pluriel — /tiʁani/
  • tyrannie — singulier — /tiʁani/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée tyrannie#63000.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.